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Toutes les actualités

  • Les petits frères des Pauvres de retour de Lourdes

    Le 22/08/2017
    Comme chaque année, des bénévoles des petits frères des Pauvres ainsi que des personnes accompagnées ont participé au Pèlerinage national à Lourdes. Retour sur l’événement.

    Un lieu de rencontres

    Depuis plus de 30 ans, des centaines de personnes âgées et de bénévoles des petits frères des Pauvres se retrouvent à Lourdes au mois d’août dans le cadre du Pèlerinage National. Initiée par des demandes exprimées par des personnes accompagnées, cette action, qui ne s’inscrit pas dans le cadre des traditionnels séjours de vacances des petits frères des Pauvres, est devenue depuis, un temps fort d’accompagnement durant la période estivale.

    lourdes

    Pendant 5 jours, plus de 500 personnes accompagnées et bénévoles venus des quatre coins de la France se réunissent pour vivre des moments uniques de partage et de convivialité dans la continuité des missions et des valeurs des petits frères des Pauvres.

    Une action ouverte à tous

    Des personnes accompagnées viennent y vivre leur spiritualité, d’autres découvrir la religion catholique ou tout simplement mettre entre parenthèses durant quelques jours la solitude et l’isolement pour venir partager des relations fortes.

    Ces regards se croisent avec des bénévoles qui sont issus de tous horizons, de tout âge et de toute confession.

    Je ne suis pas pratiquante mais je suis venue à Lourdes cette année pour vivre un temps fort de fraternité. Je n’ai pas été déçue ! Et contre toute attente, j’y ai rencontré des bénévoles et des personnes accompagnées de toute confession.

    La motivation première de tous, est avant tout d’accompagner les personnes âgées et leur permettre de vivre leur pèlerinage avec bonheur et convivialité.

    Un miracle de voir cette belle jeunesse

    Parmi ceux qui ont pu se rendre à Lourdes du 11 au 16 août cette année, nous retrouvons Bernadette, partie avec les petits frères des Pauvres. « C’est très réconfortant d’être à Lourdes. C’est un miracle de voir cette belle jeunesse qui aide les personnes handicapées ».

    Sophie et ses cousines sont éreintées, mais joyeuses. « Notre but était de redonner le sourire. j’ai été heureuse de retrouver la personne malade que j’accompagne depuis 3 ans. Les personnes n’attendent que cette parenthèse. On est là pour elles ».

    Tous promettent de revenir à Lourdes !

     

  • Un ancien château accueille des personnes âgées dépendantes pour les vacances

    Le château de Gigny sur TF1 et LCI

    Le 16/08/2017
    L’association "Les petits frères des Pauvres" permet à des personnes âgées de briser leur isolement pendant l’été. Lors des congés estivaux, leurs proches sont moins présents. Alors au lieu de rester seuls, des bénévoles les accueillent au vert, en Bourgogne.

    Diffusion : TF1, journal de 13h, 11 août 2017

  • L’été aussi, les petits frères des Pauvres luttent contre l’isolement des anciens

    « La vie quand on est seul, c’est le désert. Les petits frères des Pauvres permettent de croiser une oasis sur le chemin. »

    Le 10/08/2017
    Des bénévoles proposent, durant l’été, des sorties aux personnes âgées isolées. Exemple au Loiry, à Vertou.


    Willy, 72 ans (au premier plan), est suivi par René Menet, 81 ans, ici à côté de Marie, 91 ans. 

    Rompre l’isolement le temps d’une journée. C’est ce que proposent les petits frères des Pauvres pendant l’année, mais aussi pendant la période estivale. Plusieurs journées sont ainsi organisées durant l’été. Dans le Vignoble, c’est la section Sèvre Beaulieu de l’association laïque qui s’en charge.

    21 personnes isolées, au Loiry

    « Toute l’année, on rend visite à des personnes âgées isolées. Soit parce qu’elles n’ont plus de familles, soit parce que leurs proches sont loin, ou autres », explique René Menet, bénévole vertavien de 81 ans. « Ces personnes sont dans les maisons de retraite ou des foyers de vie mais aussi pour beaucoup encore chez elles. On organise donc également des actions collectives, comme aujourd’hui, pendant les vacances d’été, à Noël, Pâques… Histoire de les couper de leur routine. »

    Au parc du Loiry, à Vertou, jeudi 3 août, ce sont 21 personnes accompagnées de 11 bénévoles qui se sont rassemblés dans un bâtiment prêté par la municipalité. Au programme : « Des promenades, pour ceux qui le souhaitent, dans le parc, des jeux de société, un repas en commun le midi. Mais ils peuvent aussi juste discuter s’ils veulent… », reprend le retraité vertavien. Avec des anciens âgés de 65 à 93 ans, « ça se passe bien, en général. Même si certains ont un caractère bien affirmé. Mais tous attendent cette sortie impatiemment. »

    « Une oasis dans le désert »

    C’est le cas de Willy. À 72 ans, cet intérimaire à la retraite vit en foyer logement à Saint-Sébastien. Sans les petits frères des Pauvres, il ne verrait pas grand monde. « Je vis seul depuis l’âge de 15 ans. Je connais bien la solitude. Mais à mon âge, ça commence à peser lourd. » Le septuagénaire vient de terminer une partie de Triomino avec une bénévole et deux autres personnes accompagnées.

    Il résume bien la situation : « La vie quand on est seul, c’est le désert. Les petits frères permettent de croiser une oasis sur le chemin. » Il reçoit la visite de René Menet, son visiteur attitré, une fois par semaine, et participe de bon cœur à toutes les sorties qu’organise l’association. « J’ai deux occupations par semaine, c’est mieux que rien. » De fait, lors des sorties collectives, il retrouve des connaissances. Qu’elles soient accompagnées ou bénévoles. « C’est devenu comme une famille », assure-t-il.

    Une famille qui a besoin de bonnes âmes. Car, avec « de plus en plus de personnes isolées, on est toujours en attente de volontaires motivés », rappelle René Menet.

    G.G.

    Source : Vignoble, l'hebdo de Sèvre et Maine


    Deux journées estivales sont encore programmées d’ici fin août au Loiry.

    Un séjour vacances est également au programme à Clisson du 10 au 21 août.

    Contact :

    Les petits frères des Pauvres,
    14, rue César Franck, à Nantes.
    Tél. 02 40 68 96 96.

  • URGENT - nous recherchons des bénévoles pour des séjours d'été

    Le 09/08/2017
    Les petits frères des Pauvres recherchent des bénévoles pour accompagner des personnes âgées en séjour de vacances

    Nous cherchons d'urgence des bénévoles pour nos maisons de vacances cet été.

    Du 5 septembre au 16 septembre

    Pour un séjour à Cabourg du mardi 5 septembre au samedi 16 septembre 2017 nous avons besoin :

    • de trois bénévoles vacances, sans compétence particulière mais avec de la bonne humeur...!

    Contact : Nathalie Bravo 
    Tél :   05 61 62 05 05 
    Mail : nathalie.bravo@petitsfreresdespauvres.fr

    Hôtel Le Grand Balcon

     

  • Quand le théâtre rencontre l'équipe de Paris Saint-Maur : ACTE 2

    Rencontre avec l'auteur et metteur en scène

    Comment s'est faite la rencontre...quel a été le rôle des personnes accompagnées...des questions posées à Samuel pour mieux découvrir son projet.

    Interview avec Samuel, l’auteur de la pièce

    Comment as-tu connu les petits frères des Pauvres ?

    J’ai d’abord fait la rencontre de Claude, bénévole de l’équipe de Paris qui s’occupe de l'atelier théâtre et culture à destination des personnes accompagnées. A l’époque je travaillais pour le théâtre de Poche qui donnait des places gratuites à l’association. Puis nous nous sommes revus 2 ans plus tard lorsque j’ai produit Merlin*, spectacle pour lequel nous avons donné des invitations au groupe de Claude. J’ai ensuite rencontré Suzanne, également bénévole auprès de Claude, je leur ai parlé de mon projet, et l’idée de mettre en place des ateliers de théâtre avec les personnes est venue. J’ai participé à plusieurs reprises avec les membres de la troupe, aux petits déjeuners de l’Etape [lieu d’animation petits frères des Pauvres] pour nous présenter puis apprendre à se connaître.

    *Merlin : spectacle de 9h représenté de 2015 à 2016 au Théâtre du Soleil, produit par Samuel et dans lequel Paul-Eloi et Alexandre jouaient déjà http://lapoursuitedubleu.fr/merlin/

    Quelle fut ta première rencontre avec les petits frères des Pauvres et quel(s) souvenir(s) gardes-tu ?

    Claude nous a invité, Paul-Eloi (le comédien principal) et moi-même, à participer à l'atelier théâtre qui a lieu le lundi après-midi rue Léchevin dans le 11ème où se retrouvent bénévoles et personnes accueillies pour échanger sur les spectacles qu’ils ont vu, donner leur avis etc… Je pensais « savoir » qui j’allais rencontrer, des personnes en grande précarité, qui ont connu la rue. Bien souvent, quand on parle de grande précarité, on s’imagine le type qui vit à la rue, déphasé ou en dehors de la société. Sauf que ce ne sont pas ces visages de la pauvreté que j’ai découverts. Nous avons été stupéfaits de rencontrer des personnes cultivées, avec un parcours de vie incroyable, des travailleurs pauvres ou déclassés. Des personnes qui avaient un travail, une vie de famille et qui ont tout perdu à cause d’une perte d’emploi, d’une maladie… Mais pour qui l’accès à la culture reste important.

    L’inversion de la courbe relate le parcours d’un jeune cadre dynamique, pris dans la spirale de la productivité et qui va se faire rattraper par le système. Pourquoi avoir choisi ce thème et pourquoi avoir choisi de parler d’un jeune trentenaire plutôt qu’un Senior ?

    Il y a d’abord la volonté de travailler sur un projet axé sur l’humain, parler d’une cause qui me touche. Avec Brice (co-metteur en scène) nous voulions orienter cette pièce sur la productivité, cette société dans laquelle il faut produire toujours plus, plus vite.

    Et puis sur le fait de ne pas voir la réalité de deux points de vue : d’abord celui des citoyens face à ces personnes en grande précarité. Comme je le disais, on ne s’imagine pas toujours que la personne qui se retrouve à la rue, surtout quand elle est jeune, avait une vie « normale » avant. Peut-être qu’elle n’a pas de famille ou qu’elle n’a plus de lien avec elle.

    Et puis nous trouvions intéressant de parler du point de vue de celui qui vit la situation, de ce dénie dont les personnes rencontrées nous ont parlé. Le « c’est pas si grave… ça va aller » …ou « la situation va s’arranger, je vais m’en sortir » …et puis la honte, le malaise d’en parler à son entourage… jusqu’au jour où tout finit par s’accumuler et qu’il est difficile de trouver de l’aide quand la situation est dépassée. Nous voulions montrer les chemins par lesquels passent les personnes, les obstacles rencontrés. Quant au choix de l’âge du personnage, c’est que si cela peut arriver à un jeune actif alors cela peut arriver à tout le monde. Et j’ai voulu que tout le monde se sente concerné.

    En quoi les personnes accompagnées que vous avez rencontrées ont aidé à l’écriture du projet ?

    Le projet de départ était de proposer des ateliers théâtre et improvisation, pas forcément sur le sujet de la pièce. Mais petit à petit, la confiance naissant, nous avons pu travailler sur le thème et parler de ces parcours de vie. La rencontre avec les bénévoles et le travail que fait l’association, ont aidé au projet également. Tous ces partages sont enrichissants et influencent aussi bien la vie professionnelle que personnelle. Je pense différemment depuis ma rencontre avec les petits frères.

    A lire également :
    Acte I - Rencontre avec la pièce et la troupe
    Acte III - Rencontre avec les personnes accompagnées


    Du 10 septembre au 3 octobre, la pièce de théâtre sera  

    au théâtre de Belleville
    94 rue du Faubourg du Temple
    75011 Paris

    La vente des billets est d'ores et déjà disponible : 
    Acheter le billet

  • Festivités en Sologne, près du château de Mont-Evray !

    Le 27/07/2017
    Réservez dès maintenant votre hébergement à l’hôtellerie du Centre de Rencontre des Générations

    C'est la saison d'été !
     
    Si vous passez vos vacances en Sologne, n'hésitez pas à réserver votre hébergement à l’hôtellerie du Centre de Rencontre des Générations, un hôtel au charme d'antan qui se situe sur le beau domaine de Mont-Evray à Nouan-le-Fuzelier. C'est le lieu idéal pour passer vos vacances dans un cadre naturel et luxuriant, mais ce n'est pas tout ! Tout au long d'été, la région s'anime.
     
    Ainsi, en plus du confort, des facilites, des services et des activités au sein de l'établissement, vous pourrez visiter les sites d'intérêt dans les environs, notamment les châteaux de la Loire, et profiter de nombreuses animations et festivités qui ont lieu dans la région, pour n'en nommer que quelques-unes :
     
    • Le Tournoi Mondial des Clubs d’équitation, au Parc équestre fédéral, c'est plus grand rassemblement équestre du monde!

    • "Artistes dans l’herbe", une randonnée insolite de 8 km, à Souvigny-en-Sologne. Un véritable atelier en plein air ! 

    • Les Nuits de Sologne - un évènement unique en région Centre. Grande fête et un spectacle original sur le site exceptionnel du Petit Neuteau.

    • "Le Meeting des Propriétaires" au Parc équestre fédéral de Lamotte. Pour découvrir les joies d’un championnat de France !

    • Le 26ème Rassemblement de vieux attelages ruraux à La Marolle en Sologne. Avec des danses, des jeux... et un grand pique-nique.

    • Spectacle équêstre : François 1er, le roi chevalier - les écuries de Chambord. Pour revivre l'histoire à l'époque romantique et chevaleresque : mise en scène de la vénerie, des duels, de l'atelier du maréchal-ferrant, visites du château en calèche...

    Bienvenue à Mont-Evray !

  • « C'est comme si on venait voir son grand-père ou sa grand-mère », témoignages de l'équipe de Nantes dans Ouest France

    Presse / Fraternité Ouest

    Le 26/07/2017
    Le quotidien Ouest France a rencontré les membres des petits frères des Pauvres de Nantes lors d'un barbecue organisé par l'équipe. Ils partagent leurs expériences : visites, vacances, moments collectifs, formations et flexibilité du bénévolat. Un article du 21 juillet 2017 :

    Autour du barbecue, les aînés oublient la solitude

    Les petits frères des Pauvres organisent des activités collectives pour les personnes âgées seules. L'association manque de bénévoles pour les accompagner.

    Le rendez-vous chaque semaine, Monique rend visite à Gisèle. Les deux retraitées discutent et se racontent leurs tracas du quotidien, et parfois, se baladent en ville ou dans un parc. Gisèle ne voit pas grand monde en dehors de Monique, bénévole chez les petits frères des Pauvres depuis un an. Et pourtant, elle a déjà beaucoup de chance de pouvoir partager ce moment de confidence hebdomadaire. 

    L'Association vit de dons et legs et lutte contre l'isolement des personnes âgées depuis plus de cinquante ans, à Nantes. Mais sans ses bénévoles, elle ne peut subsister.

    « On vient donner les fleurs avant le pain, explique Monique, qui participe ce jour-là à un barbecue organisé au siège de l'association, dans le quartier Doulon. Notre travail est d'installer une relation d'écoute et de confiance avec des personnes âgées seules, en situation de précarité ou de handicap. » Pour les petits frères des Pauvres, l'essentiel est de passer un bon moment. Un engagement facile à tenir Jean-François est impliqué depuis six mois dans l'association, depuis son départ à la retraite. Pour cet habitant du centre de Nantes, le bénévolat chez les petits frères des Pauvres est un travail qui tombe sous le sens : « C'est comme si on venait voir son grand-père ou sa grand-mère. »

    Pour le barbecue, Jean-François est venu sans ses grands-parents adoptifs. L'un est absent, l'autre est partie en vacances pour dix jours en Sologne, grâce à l'association. En plus des temps d'écoute, les petits frères des Pauvres organisent des séjours et des sorties à la journée. La semaine prochaine, Gisèle, la protégée de Monique, se rendra à la mer.

    Ce jour-là, au barbecue, la moyenne d'âge est plutôt élevée. Mais, d'ordinaire, les bénévoles sont aussi de jeunes étudiants et des actifs.

    Quel que soit leur profil, ils peuvent tenir leurs engagements vis-à-vis de l'association sans trop de difficultés.

    « Le choix des jours de visite n'est pas fixé. Chacun s'organise en fonction de ses disponibilités », indique Stéphanie Forget, coordinatrice des petits frères des Pauvres, à Nantes.

    Les bénévoles sont appuyés dans leur travail : ils effectuent des formations pour maîtriser les premiers secours ou mieux comprendre le rapport à la mort. De la même manière, ces formations sont dispensées à la carte, même pendant les week-ends. Il reste encore des personnes âgées qui souhaiteraient sortir de leur solitude. L'association manque cependant de bénévoles.

    Louise BALIGUET | 21 juillet 2017 | Ouest France - Nantes

    Jeudi 21 septembre, réunion d'information au restaurant intergénérationnel du Breil, au 31, rue de Malville à Nantes. Tél. 02 40 68 96 96.

  • « On ne les met pas au lit, on les jette »

    Enquête sur le quotidien d’une maison de retraite

    Le 20/07/2017
    Une dizaine d’aides-soignantes de la maison de retraite Les Opalines, à Foucherans, ne travaillent plus depuis 100 jours, dans le silence national absolu.

    C’était un matin comme les autres. Il était 7 heures en salle de relève, le début du service, les filles se tenaient prêtes dans leur uniforme blanc. Quelqu’un croit se souvenir que l’une pleurait déjà, mais pas très fort. Personne n’y faisait attention, l’habitude. La question rituelle est tombée : « Estce que vous êtes au complet ? »

    La réponse, elles la connaissent toutes aux Opalines, un Ehpad – un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes – à Foucherans, dans le Jura. Chaque jour ou presque, les équipes d’aides-soignantes tournent en sous-effectif, pas de remplacement, ni des absentes ni des malades. Et toutes savent comment ça se passe dans ces cas-là derrière les portes fermées des chambres, ce qu’il leur faudra faire pour boucler le service à temps.

    Une deuxième fille s’est mise à pleurer. C’était un matin comme les autres aux Opalines, mais peutêtre le matin de trop. Depuis le 3 avril, une dizaine d’aides-soignantes mènent la grève la plus longue de France dans un silence national absolu.

    Aux Opalines de Foucherans, 77 résidents, il faut savoir où on est. Certains ont vendu leur maison pour entrer ici. « Maman a élevé huit enfants seule, on voulait le mieux pour elle. On a attendu une place deux ans », raconte une fonctionnaire.

    Dans cet établissement privé, les prix surplombent ceux de la région : 2 500 euros par mois contre 1 800 euros en moyenne, notamment dans le public. Le bâtiment a belle allure ; il a été inauguré il y a cinq ans, compte un jardin et de vastes chambres. Dans la salle à manger – on ne dit pas le réfectoire –, le personnel porte nœud papillon et chemise blanche, on sert du vin en carafe et l’apéritif le dimanche.

    Salaires planchers
     

    « Quand papa est arrivé, il était ébloui. Il répétait : “C’est plus beau qu’un hôtel !”, dit un fils. Lui se souvient pourtant d’impressions fugitives, des sonnettes appelant dans le vide, un lit resté souillé, le pas-le-temps, le pas-toujours-très-net. Mais dans ces endroits-là, on ne pose pas vraiment de questions et on n’a pas vraiment de réponses. Chacun regarde ailleurs, espérant se convaincre qu’on ne pourrait pas mieux faire. »

    A Foucherans, aucun mauvais traitement n’a d’ailleurs été signalé, ni rien d’exceptionnel. Le tragique est là, d’une certaine façon : c’est la vie quotidienne dans un Ehpad qu’une poignée de filles à bout de souffle vient soudain de mettre à nu.

    Sur le parking de l’établissement, un vent brûlant secoue la tente des grévistes. On dit « les filles » bien qu’il y ait aussi un garçon, tant le métier est estampillé « boulot de femme », avec son lot d’ingratitudes et ses salaires au plancher : 1 250 euros net à Foucherans, pour des journées de dix heures et deux week-ends travaillés.

    « Les filles », donc, s’efforcent de paraître vaillantes, mais on les sent à cran à plus de trois mois de grève, balançant de l’euphorie au désespoir. A ce stade d’épuisement, elles se sont mises à raconter ce qu’on ne partage pas d’habitude, ou alors seulement entre soi, et encore pas toujours.

    L’une commence, tout doux : « Le matin, on les lève sans leur demander leur avis. On sait déjà qu’on n’aura pas le temps : quinze minutes pour la toilette, l’habillement, le petit déjeuner, les médicaments. Alors, il faut choisir. Est-ce qu’on lave les cheveux ? Ou les dents ? La douche hebdomadaire, c’est rare qu’on la tienne. »

    Certains résidents sont nourris à la cuillère, des plats mixés. « Il m’arrive d’en avoir cinq ou six en même temps », dit une grande brune. Elle tend les bras, mimant le buste qui pivote à toute allure. « J’ai l’impression de faire du gavage. »

    Cadences infernales
     

    Et d’un coup, le piquet de grève ressemble à un confessionnal dans la fumée des cigarettes. « Quand je rentre à la maison, je suis une pile électrique, explique une autre. Je me sens mal d’avoir dit à celui-là : “Dépêchez-vous !” Comment il peut faire, il a 90 ans ! On cautionne. Je culpabilise. »

    Soudain, les images se mettent à défiler sous la tente des grévistes, les couches qu’on change alors que le résident est debout, en train d’avaler son goûter. Tenir la cadence, toujours. Une autre raconte l’angoisse qui monte à mesure que le soir tombe dans les chambres des Opalines.

    « Vous serez là demain ? », demande un homme à l’aide-soignante. Il est dans les choses graves, il veut raconter. La « fille » répond : « Je reviens tout de suite. » Bien sûr, elle ne revient pas. « On ne fait que leur mentir. » Temps du coucher : 3 min 41. « On ne les met pas au lit, on les jette. » Il faut trouver la bonne distance, ne pas s’attacher, recommandent les formateurs. « C’est difficile. On vit dans leur intimité, on leur lave le sexe », dit l’une. Elle se souvient de l’enterrement d’un résident, où elle en avait appris davantage sur lui que pendant ses années à l’Ehpad.

    Il serait rassurant de voir Foucherans comme une exception. Pas du tout. Il se situe dans la moyenne nationale, avec environ 55 professionnels pour 100 résidents. Pas suffisant. Tout le monde sait qu’il en faut au moins 80. C’est le cas en Allemagne ; la Suisse ou les pays nordiques en sont à 1 pour 1. La France, en revanche, n’a entériné aucune norme – question de budget –, et le secteur compte plus d’accidents et de maladies professionnels que le BTP. Sous la tente des grévistes, une dame dépose en solidarité un sac de courses, pris au supermarché en face. Depuis trois mois, « les filles » vivent de collectes et de colis alimentaires. Elles ont de 20 à 50 ans.

    A Foucherans, des résidents appellent les aides-soignantes « les courants d’air ». Des surnoms circulent, « la libellule » ou « la danseuse étoile ». « Vous avez vu comme elles sont fatiguées ? C’est à cause de nous. J’ai honte », dit madame Z., 91 ans. Parfois, elle voudrait qu’on la conduise aux toilettes : « Je vois qu’elles n’en peuvent plus. Alors jefais dans ma couche. »

    Mais surtout, ne rien dire aux enfants. Ne pas les inquiéter. Monsieur D., 83 ans, est le seul à pousser le déambulateur jusqu’au piquet de grève. « On sait que vous allez les voir », lui aurait glissé l’encadrement. Lui se récrie : « C’est mon droit. » Certains auraient été convoqués pour avoir témoigné. « A table, personne n’en parle, on n’a pas de voix là-dedans », dit monsieur D.

    Questions de principes

    Et à leur tour, les résidents évoquent les histoires terribles et minuscules, qui forment ici leur univers. « Ceux dont les proches rouspètent arrivent à se faire entendre. Mais quand on est tout seul, sans visite, sans famille, on n’existe pas », dit l’une.

    Pour l’inauguration de l’Ehpad, en 2012, « les huiles du département avaient été invitées à boire le champagne. Nous, on était parqués au premier étage sans une cacahuète. Rien de grave, bien sûr, mais ça donne une idée de notre place ici », raconte un autre.

    Un grand soir, pourtant, reste dans les mémoires : « la révolte des raviolis ». Deux repas de suite, des raviolis avaient été servis, « et en petite quantité », se souvient une dame. Toute la salle à manger avait posé la fourchette. « On était fières d’eux », dit une aide-soignante. Pour pallier le débrayage, des vacataires ont été réquisitionnés et quatorze résidents transférés provisoirement.

    Au-delà des Opalines, « c’est le système entier qui génère des formes de maltraitance, une situation totalement niée par notre société, explique Pascal Champvert, de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). Je ne vous dirai pas le nombre de politiques qui m’ont expliqué : “Je ne veux pas le voir, ça me fait trop peur.” »

    En 2012, une proposition avait fait scandale : Jean-Marie Delarue, alors contrôleur des lieux de privation de liberté, revendiquait d’inspecter les Ehpad, comme les prisons ou les hôpitaux psychiatriques. « Un risque important existe d’atteintes aux droits fondamentaux, y compris involontaires », plaide Delarue aujourd’hui encore. Refus du gouvernement.

    « ON NE SE BAT PLUS SEULEMENT POUR LES SOUS, MAIS POUR LA DIGNITÉ. »
    ANNE-SOPHIE PELLETIER, PORTE-PAROLE DU MOUVEMENT

    Dans le bureau de Véronique Steff, directrice de Foucherans, on entend gazouiller les oiseaux dans la volière et la télé dans le salon. La directrice est à cran. Elle reconnaît « un planning tendu » depuis des mois, « une fatigue des salariées ».

    Deux postes d’aides-soignantes ont été créés pour tenter d’apaiser la grève, grâce à Pierre Pribile, directeur général de l’Agence régionale de santé, qui finance le volet médical des Ehpad, y compris privés.

    De leur côté, « les filles » ont abandonné une revendication : 100 euros d’augmentation par mois. Les pourparlers buttent encore sur la prime du dimanche, fixée à 23 euros, même pas de quoi faire garder les enfants. Les grévistes demandent qu’elle soit doublée. « Ce n’est pas grand-chose », laisse tomber Philippe Gevrey, directeur général de la SGMR-Opalines, dans une interview au Progrès (il n’a pas répondu au Monde). Mais il y voit une affaire de principe.

    Huitième groupe privé français, la SGMR a prévu des négociations globales pour ses 46 Ehpad à l’automne : pas question de lâcher quoi que ce soit avant. Un accord sur une « indemnité exceptionnelle » pourrait débloquer la situation. « Les grévistes y sont d’autant plus attachées qu’elles veulent la reconnaissance par la direction qu’elles en ont bavé », explique la préfecture. Les filles demandent 600 euros. La SGMR bloque : ce sera 375 euros ou rien du tout.

    « Vocation »

    « On ne se bat plus seulement pour les sous, mais pour la dignité », dit Anne-Sophie Pelletier, porteparole du mouvement. Longtemps, aux Opalines, les filles ne se plaignaient même pas entre elles, par peur d’un conseil disciplinaire.

    Quand elles ont osé le mot « grève », au printemps, « la coordinatrice a posé son stylo et elle a rigolé », se souvient l’une. Puis un cadre leur a lancé : « Vous n’aurez rien, ni aujourd’hui ni demain ni jamais. » Anne-Sophie Pelletier reprend : « On ne s’est pas senties écoutées. » Les autres la regardent comme si elle avait traversé la ligne de feu : « Anne-Sophie est cramée. Qu’est-ce qui lui arrivera après la grève ? Et à nous toutes ? »

    Ici, on se souvient de Melissa, une employée modèle, virée en 2015, alors qu’elle comptait monter une section CGT. « J’ai pas pleuré devant eux, j’ai attendu d’être dans la voiture », dit cette dernière.

    A Foucherans, seules des salariées en contrat à durée indéterminée (CDI) font grève, mais aucune parmi la dizaine en contrat à durée déterminée (CDD). Cynthia ne se le serait pas permis non plus, à l’époque où elle bossait là.

    D’août 2012 à février 2015, elle a enchaîné 79 contrats précaires. Sans permis, sans diplôme, elle ne disait jamais non. Elle a même fini sa vacation le jour de son licenciement, pour une histoire de planning. « Il faut s’écraser. On est des pions », dit-elle. Les prud’hommes lui ont donné raison ; à Melissa aussi. D’autres Ehpad ont déjà fait grève, sans fédérer de revendications nationales. A Foucherans, la CGT et la CFDT ont apporté leur soutien.

    Sous la tente, « les filles » parlent de vocation. « On aime notre travail. » Et puis, il y a les crédits de la maison, de la voiture. « Ailleurs, il faudrait repartir en CDD, ça fait peur. » La grève vient de passer les cent jours, leurs familles en ont pris un coup. Les filles ont envoyé un SOS à la préfecture. « Qu’est-ce qu’il faudrait faire, maintenant ? Qu’une de nous se suicide sur le parking ? »

     

     

     
  • Sans logement, rien n’est possible!

    Communiqué de Presse / Collectif des Associations Unies

    Le 19/07/2017
    Alors que le Président de la République et le Premier Ministre viennent de présenter les priorités du quinquennat et que le gouvernement s’apprête à fixer les orientations budgétaires pour le pays, le Collectif des Associations Unies souhaite faire part de ses plus vives inquiétudes.

    L’ambition de venir à bout de la pauvreté qui concerne 8.8 millions de personnes, et du mal-logement qui touche 4 millions de personnes, contraintes de vivre à la rue ou dans des conditions de logement inacceptables, ne semble à ce stade pas inscrite à l’agenda du gouvernement malgré l’urgence sociale qui sévit dans le pays.

    Le Collectif des Associations Unies, qui regroupe 34 organisations de lutte contre les exclusions impliquées dans le champ du logement et/ou de l’hébergement, se réjouit de l’ambition affichée par le gouvernement en matière de rénovation thermique et de lutte contre les passoires thermiques. En revanche, il est particulièrement inquiet de la faiblesse du plan d’accueil des migrants annoncé le 12 juillet dernier. Il appelle donc à rehausser rapidement les objectifs de création de places en CADA (à hauteur de 40 000 durant le quinquennat contre les 7 500 annoncées), à réaffirmer avec force le principe de l'inconditionnalité de l’accueil en hébergement et à apporter immédiatement des réponses dignes aux personnes vivant à la rue ou en campement à Grande-Synthe, Calais comme dans tout le reste du pays.

    Le Collectif est également particulièrement préoccupé par les propos tenus par le Premier Ministre quant aux prétendues économies qui pourraient être réalisées sur les aides au logement. La nécessaire construction de logements sociaux et très sociaux et la mobilisation du parc privé à vocation sociale appellent le déploiement de moyens financiers conséquents. C’est une des conditions majeures pour mettre concrètement en œuvre le plan quinquennal pour le « logement d’abord », annoncé par le Ministre de la cohésion des Territoires et salué par les associations.

    Par ailleurs, les aides personnelles au logement (APL) ont d’ores et déjà été recentrées sur les ménages modestes et pauvres et ont fait l’objet de mesures d'économies depuis de nombreuses années, de sorte qu’elles ne couvrent pas suffisamment les charges des locataires et sont déconnectées par rapport à la réalité des loyers. Raison pour laquelle le Collectif appelle aujourd'hui à leur revalorisation, conjointement à la mise en œuvre d’une réelle politique d’encadrement des loyers en application de la loi ALUR, afin de faire baisser les prix à la location dans le secteur privé, et au renforcement de la sécurisation des risques locatifs.

    Pour toutes ces raisons, le Collectif rappelle la nécessité d’adopter une loi de programmation financière et un plan pluriannuel incluant l’ensemble des politiques publiques de lutte contre les exclusions et le mal-logement.

    Contacts Presse

    Fédération des Acteurs de la Solidarité :
    Marguerite Bonnot - 01 48 01 82 32 - marguerite.bonnot@federationsolidarite.org

    Fondation Abbé Pierre:
    Mighelina Santonastaso - 06 23 25 93 79


    Télécharger le communiqué de presse

    Collectif des Associations Unies - Sans logement, rien n’est possible


    Les 34 associations du Collectif

    Advocacy France
    Association des Cités du Secours Catholique
    Association Nationale des Compagnons Bâtisseurs
    ATD Quart Monde
    Aurore
    Centre d’action sociale protestant (CASP)
    Collectif National Droits de l’Homme Romeurope
    Collectif Les Morts de la Rue
    Comité des Sans Logis
    Croix-Rouge française
    Emmaüs Solidarité
    Emmaüs France
    Enfants de Don Quichotte
    Fédération d’aide à la santé mentale Croix Marine
    Fédération des Associations et des Acteurs pour la Promotion et l’Insertion par le Logement (FAPIL)
    Fédération de l’Entraide Protestante
    Fédération Française des Equipes Saint-Vincent
    Fédération des Acteurs de la Solidarité
    Fédération Nationale des Associations Solidaires d’Action avec les Tsiganes et les Gens du voyage (FNASAT-Gens du voyage)
    Fondation Abbé Pierre
    Fondation de l’Armée du Salut
    France Terre d’Asile
    Habitat et Humanisme
    Jeudi Noir
    Les petits frères des Pauvres
    Ligue des Droits de l’Homme
    Médecins du Monde
    Secours Catholique
    SoliHa – Solidaires pour l’Habitat
    Union Nationale des Amis et des Familles de Malades Psychiques (UNAFAM)
    Union professionnelle du logement accompagné (UNAFO)
    Union Nationale des Comités Locaux pour le Logement Autonome des Jeunes (UNCLLAJ)
    Union Nationale pour l’Habitat des Jeunes (UNHAJ)
    Union Nationale Interfédérale des Œuvres et Organismes Privés Sanitaires et Sociaux (UNIOPSS)

  • À Lyon, le cinéma comme lien entre les générations

    Fraternité Auvergne Rhône-Alpes / Intergénérationnel

    Le 13/07/2017
    La Fraternité Auvergne Rhône-Alpes des petits frères des Pauvres et l'Institut Lumière créent des rencontres autour de films entre des personnes âgées isolées et des enfants de CE2 et CM1.

    "Si j'aurais su, j'aurais pas venu". Eux, ils n'auraient manqué ça pour rien au monde.

    Des personnes âgées isolées accompagnées par les petits frères des Pauvres et des élèves en CE2 et CM1 de l'école Kennedy dans le 8ème arrondissement de Lyon se sont retrouvés à l'Institut Lumière le 19 juin 2017 pour une séance de cinéma unique.

    L'objectif de la rencontre : créer un échange autour d'un film que les personnes âgées avaient pu voir lorsqu'elles étaient jeunes. 

    "La Guerre Des Boutons" projeté

    Pour la première édition de ce rendez-vous pensé par la Fraternité Auvergne-Rhône-Alpes des petits frères des Pauvres et l'Institut Lumière, les participants ont visionné "La guerre des boutons" réalisé par Yves Robert et distribué dans les salles à partir de 1962. Le film a donné lieu à de riches échanges lors du débat organisé entre les enfants et les personnes âgées après la séance. 

    Les discussions se sont poursuivies lors du goûter. Les élèves ont été marqués par certaines scènes du film plutôt violentes envers les enfants ou même les animaux. Ces scènes ont pu constituer pour certaines personnes âgées des éléments de vie quotidienne. En tout cas les personnes accompagnées par les petits frères des Pauvres ont particulièrement apprécié le contact des enfants.

    La Fraternité Auvergne-Rhône-Alpes des petits frères des Pauvres et l'Institut Lumière espèrent ainsi renouveler l'expérience.  

    Sur RCF radio, découvrez les impressions des participants, élèves et personnes accompagnées dans l'émission de Blaise Fayolle.

    Blaise Fayolle | RCF | 22 juin 2017

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Rapport annuel 2016 des petits frères des Pauvres