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Tous les témoignages

  • "Le plus difficile est de faire oublier la solitude aux personnes âgées"

    Le 03/03/2016
    De toutes les générations, les plus de 75 ans sont les plus touchés par la solitude. Une personne âgée sur quatre vit seule, et ce chiffre ne fait qu'augmenter. Les auxiliaires de vie, telle notre contributrice Sophie, en sont quotidiennement témoins. Récit.

    En tant qu'auxiliaires de vie sociale (AVS), nous devons accompagner les personnes âgées ou handicapées dans les gestes de la vie quotidienne qu'elles n'arrivent plus à accomplir. Si ces gestes sont pour nous évidents, ils deviennent, passé un certain âge, difficiles voire impossible à réaliser seul. Se lever de son lit, préparer ses repas, aller aux toilettes, faire ses courses, effectuer les démarches administratives... A peu près tout est plus compliqué. 

    Ma mission consiste principalement à accompagner les personnes seules, à leur tenir compagnie.Auquotidien, il s'agit de discuter avec elles, de les accompagner dans les activités qu'elles apprécient comme sortir se promener quand les conditions physiques le permettent... Tout ce qui peut maintenir le lien social de ces hommes et femmes. 

    Ne pas s'attacher

    Les liens que l'on tisse sont le socle de notre travail. Les rapports humains ne doivent être que bons, c'est en tout cas ce qu'on doit laisser paraître. Une bonne auxiliaire de vie doit être sociable et s'adapter aux différentes personnalités qu'elle rencontre. Il ne faut pas oublier que ces gens sont des clients qui peuvent partir. Et comme dans tout entreprise, le client est roi. Un détail que les responsables ne manquent d'ailleurs pas de nous rappeler régulièrement. 

    Heureusement, dans la plupart des cas, je rencontre des individus formidables. Appréciée par mes patients (comme la plupart de mes collègues), je me dois de prendre assez de recul pour ne pas m'attacher, ce qui est bien sûr impossible lorsque l'on côtoie deux à trois heures par jour une personne attachante.  

    Le temps de présence de l'AVS est décidé en fonction du degré d'autonomie du patient, mais aussi de l'investissement personnel des membres de sa famille. Dans certains cas, le patient est affaibli par l'âge mais n'est pas seul au quotidien: je n'interviens alors que pour des choses pratiques (la toilette, les déplacements...). Parfois, au contraire, il est encore un peu autonome, mais seul, notamment lorsque le conjoint est décédé et que les enfants vivent loin ou ne viennent plus. Je dois alors faire oublier la solitude, ne serait-ce qu'un court instant. Cette tâche est surement la principale difficulté de ce métier dans lequel le temps qui nous est donné est minutieusement chronométré: il ne faut pas faire attendre le client suivant. 

    Une bulle d'air dans la journée de l'usager

    Sur un plan psychologique, il faut apporter du réconfort, une sorte de bulle d'air dans la journée de ces personnes âgéesqui restentenfermées chez elles, incapables de sortir sans aide. Mais notre seule présence ne suffit évidemment pas à briser la solitude. Imaginez-vous coincé dans un appartement sans personne pour vous rendre visite. Combien de temps faudra-t-il avant que votre moral ne baisse? La solitude peut causer beaucoup de dégâts. C'est d'autant plus vrai lorsque l'on est affaibli, malade ou en deuil. 

    Il faut beaucoup d'empathie pour exercer ce métier. Après quelques mois d'exercice, j'ai pour ma part déchanté. J'ai rencontré des familles de patients (car il y a tout de même des gens aux petits soins pour leurs parents ou grands-parents) et j'ai vu, dans d'autres cas, un délaissement complet. J'ai d'abord jugé, puis je me suis ravisée. Il ne faut pas toujours prendre les propos de l'usager vis-à-vis de sa famille comme parole d'évangile. En état de grande souffrance physique et morale, certains exagèrent et oublient les raisons pour lesquelles leurs enfants ne viennent pas plus régulièrement.  

    On cache ce qu'on ne veut pas voir

    Un après-midi, après avoir effectué des soins chez une dame d'un peu plus de 70 ans, ma voiture est tombée en panne. J'ai appelé ma mère pour qu'elle vienne me récupérer sur place. La dame nous a invité à boire un verre. Nous sommes restées chez elle une bonne demi-heure. A plusieurs reprises, la dame a demandé à ma mère de venir la voir, juste pour lui tenir compagnie. Elle a retardé notre départ au maximum, en se plaignant de son fils qui ne venait jamais et de la solitude qu'elle éprouvait. Sur la pas de la porte, elle a réitéré sa demande et a dit: "Ne me mentez pas, comme tous les autres qui promettent et ne le font pas." Et ma mère l'a fait. 

    Nous devons absolument changer la perception que nous avons de la vieillesse et remettre en question cette vision de la société selon laquelle jeunesse, beauté et compétences physiques sont ce qu'il y a de plus importants. Ceux qui ne correspondent pas à ces critères sont mis de côté, à l'abri des regards. 

    Les villages pour personnes âgées apparaissent comme une solution depuis quelques années. Mais ils représentent selon moi un système pernicieux car on cherche là encore à cacher ce qu'on ne veut pas voir. C'est une manière de se déculpabiliser. La vieillesse fait peur, alors on met des oeillères pour ne pas affronter le déclin. Malheureusement, cela ne va pas en s'arrangeant. Je ne crois pas qu'il y ait de solution miracle, c'est tout notre système de valeurs que nous devons remettre en cause. 

    Source : L'EXPRESS -  Par Emilie Tôn

  • Solidarité . Ils viennent en aide aux personnes âgées

    La famille de ceux qui n' en ont pas

    Le 02/03/2016
    Implantée à Cherbourg depuis 2010, l association « les petits frères des pauvres » offre affection, amitié et conseils aux personnes âgées les plus pauvres et isolées.

    On aimerait se développer

    « Pour nous, ce qui est important, c'est le sourire de la personne. » Joyce Carlier, salariée et coordinatrice régionale de l'association, n'est pas d'ici. Pourtant, il y a six ans c'est elle qui a monté l' antenne cherbourgeoise de l'association. « Aujourd'hui, il y a sept bénévoles qui accompagnent cinq personnes à Cherbourg. » C'est bien, mais trop peu selon ces derniers. « On aimerait se développer » confie Jean-Pierre, présent ce jeudi au Petit Parapluie lors du café-rencontre organisé par l'association, qui lance donc un appel aux (futurs) bénévoles.

    Reconstruire une vie sociale

    « L'objectif de notre association est de créer un lien affectif entre le bénévole et la personne, et lui reconstuire une vie sociale. » Certains n'ont plus de famille, d'autres ont des enfants trop éloignés, etc. « Les bénévole accompagnent les personnes jusqu'au bout, explique la coordinatrice. On a même été jusqu' à cofinancer un enterrement, et on était les seuls présents aux funérailles. » C'est une des raisons pour lesquelles chaque petit frère se lie avec trois personnes âgées, et chaque personne âgée se lie avec trois petits frères : le deuil est plus facile à faire. De plus, lorsqu'un bénévole doit s'en aller, la personne ne se retrouve pas seule. Les petits frères des pauvres s'engagent donc à lier une relation de confiance avec chaque individu. « L'action la plus importante de l'association, ce sont les visites auprès des accompagnés. » raconte Joyce Carlier.« On les emmène faire des balades, et parfois même on part en vacances dans des maisons appartenant à l'association. D'ailleurs on aimerait bien en emmener un ou deux cet été. »

    Redevenir une personne

    Il n' est pas rare de voir certaines personnes âgées se faire abuser ou délaisser par des infirmiers, aides à domicile ou relations. « L'exemple qu'on a c'est le cas d'une femme âgée, qui n'avait rien à manger. Quelqu'un s'occupait de faire les courses avec sa carte bancaire, sans jamais lui redonner le ticket de caisse. Notre rôle a été d'aider cette femme et de lui faire comprendre que c'était normal qu'elle insiste et demande son ticket, et qu'elle pouvait choisir ce qu'elle mangeait. On l'a fait redevenir une personne. » Les bénévoles interviennent également lors de conflit avec des proches. Ils peuvent faire les médiateurs et tenter de réparer les relations tendues. Pour autant, ils ne décident de rien au nom de l' individu. Leur seul office est de conseiller en faisant preuve de compréhension, comme un ami.

    11 000 bénévoles

    Si l'antenne de Cherbourg est relativement petite, l'association apolitique et aconfessionnelle rayonne à l'international. Au total, plus de 11 000 bénévoles et 550 salariés viennent en aide à 36 000 personnes à travers la France et le monde (Québec, USA, Irlande, Allemagne, Pologne, etc.). Les petits frères des Pauvres peuvent compter sur leurs 167 000 donateurs privés pour financer leurs actions. Si vous connaissez des personnes âgée dans le besoin, vous pouvez donc les contacter et compter sur leur intervention.

    Source : LA PRESSE de la Manche - Romain MANCEL

    En savoir plus : /nos-implantations/50100-01-les-petits-freres-des-pauvres-de-cherbourg.html
  • Solitude : le combat des petits frères des Pauvres de l'Yonne

    Le 01/03/2016
    Apparue voilà à peine trois ans dans l’Yonne, l’association des petits frères des Pauvres, portée par 18 bénévoles, aide à rompre la solitude des plus de 50 ans.

    « Vous êtes isolé ? Vous vous sentez seul(e) ? Vous avez plus de 50 ans ? Prenez contact avec nous. » L'association des petits frères des Pauvres date de 1946 mais dispose d'une antenne icaunaise depuis seulement 2013. À destination d'une cible bien précise. « On privilégie la solitude, plus que la précarité des personnes », assure Joëlle Zaros, responsable de l'association sans local attitré dans l'Auxerrois.

    « Les problèmes de chauffage ou l'absence de voiture » sont d'autres préoccupations de ces personnes accompagnées par 18 bénévoles. « Je rends visite à une dame depuis un an. Au moment de Noël, elle s'est sentie seule puis a pensé à notre association », confie Joëlle.

    Pour certains, une visite par mois suffit »

    Si la responsable affectionne peu le terme de « signalements », ceux-ci émanent de divers organismes. Les appels proviennent de France Bénévolat, de l'aide à domicile en milieu rural (ADMR) de Monéteau, de l'Union départementale des associations familiales (UDAF), ou des familles directement.

    Marie-Jo Tremblay a rejoint l'équipe il y a tout juste un an, confortée par une série de formations à Besançon, Chalon ou encore Dijon. « Cela m'a mis un pied à l'étrier. J'ai trouvé là du bénévolat sans contrainte et je profite de ma retraite, tout en apportant ma pierre à l'édifice. » Elle compose avec Joëlle Zaros l'un des duos mobilisés sur des interventions. Selon une fréquence à la carte. « Au niveau du rythme des visites, c'est à la demande de la personne, » affirme la responsable. « Pour certaines, une visite par mois suffit. »

    Le binôme suit par exemple Marie-Paule depuis plus d'un an. L'octogénaire, sans enfant et victime de problèmes de santé, « a souvent besoin de parler », témoigne Marie-Jo Tremblay.

    « En fait, on ne voit pas le temps passer », sourit Joëlle Zaros, qui ne se cantonne pas aux visites. « Marie-Paule vient de la région parisienne et connaît peu l'Yonne. Je l'ai donc emmenée un jour à Irancy et Chitry. Elle était ravie par les vignobles. » Un repas de Noël a même été concocté chez elle.

    L'association des petits frères des Pauvres, fière aussi de sa sortie en péniche à Châtel-Censoir l'été dernier, aimerait maintenant étendre son réseau de partenaires. « On aimerait que d'autres services nous connaissent. Je pense par exemple aux CCAS », souligne Joëlle Zaros. En octobre dernier, l'association a communiqué de manière originale, distribuant une centaine de roses, en marge de la Journée des personnes âgées.

    Pratique. Tél. 06.95.41.03.65. Mail : pfp.auxerre@petitsfreresdespauvres.fr

    La date de création de la section de l'association des petits frères des Pauvres dans l'Auxerrois. Fondée et présidée par Jacques Dubois, qui a démissionné en mars 2015.

    L'âge du plus jeune bénéficiaire de l'association. Chacun est soumis à une visite d'évaluation, pour analyser « les liens sociaux, familiaux, de voisinage »…

    Lenombre de personnes de plus de 50 ans qui bénéficient du soutien de l'association des petits frères des Pauvres, dans l'Auxerrois : dix à domicile, huit en Ehpad (à Villefargeau et Egleny) et un au foyer de vie Cadet-Roussel, à Auxerre.

    Soit le nombre de bénévoles au sein de l'antenne auxerroise, fonctionnant en binôme de manière à optimiser les visites.

    Source : Vincent Thomas
    vincent.thomas@centrefrance.com

  • Le bénévolat auprès de personnes âgées atteintes de la maladie Alzheimer

    Amélie, 28 ans, artiste plasticienne, et Isabelle, 65 ans, cadre bancaire maintenant retraitée, sont bénévoles auprès de personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer

    Le 08/02/2016
    Avec 900 000 personnes atteintes de maladie d'Alzheimer, la France fait partie des pays où le nombre de malades est élevé. 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. En 2020, 1 Français de plus de 65 ans sur 4 devrait être touché par la maladie d’Alzheimer. Ecoutons Amélie et Isabelle témoigner de leur bénévolat

    Amélie, bénévole depuis 2 ans :
    Accompagner bénévolement des personnes atteintes de la maladie Alzheimer,
    c’est riche humainement.
    La relation qui se crée est différente avec chaque personne accompagnée.



     

    Isabelle, bénévole

    Isabelle, bénévole depuis 4 ans :
    Le bénévolat auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer,
    c’est un bénévolat fort et récompensant.

     

    1 – Amélie, Isabelle, pouvez-vous nous dire ce qui vous a amenées à choisir le bénévolat d’accompagnement de personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer ?

    Amélie :
    Petite, j’avais beaucoup d’affection pour mes grands-parents, et en grandissant cette affection s’est étendue à toutes les personnes âgées.
    J’ai appris il y a des années qu’une de mes grands-mères était atteinte de la maladie d’Alzheimer. Ca m’a amenée à découvrir cette maladie, à comprendre qu’elle arrive de façon progressive, et à m’informer sur ce que c’est. Finalement, quand j’ai eu envie de m’investir dans du bénévolat, donner de mon temps à des personnes âgées atteintes d’Alzheimer, ça avait du sens, et c’est comme ça que j’ai choisi ce bénévolat. 
    Mais pour dire vrai, je pense rarement à la maladie quand je suis avec eux, je profite simplement du moment présent, dans la joie et le partage.

    Isabelle :
    Ca fait longtemps que j’avais décidé que je m’occuperai de personnes âgées quand je serai à la retraite. J’ai un bon « fit » avec les personnes âgées. Avec elles, je passe bien.
    En 2004 on a découvert que mon père avait Alzheimer, et je m’en suis occupée pendant 8 ans.
    Dans sa vie, mon père était très « vieille école »  » et là, il s’est mis à nous parler beaucoup plus, on avait une relation plus profonde qu’avant.
    Une fois, mon père nous a dit qu’il avait vu une émission à la télé sur la maladie d’Alzheimer, et que cette émission illustrait la souffrance des aidants familiaux. Nous avons dû lui expliquer que nous ne souffrions pas, que nous avions plaisir à nous occuper de lui car nous l’aimions. Les medias ne disent pas qu’en fait les gens qui ont la maladie d’Alzheimer sont des personnes qui ne sont pas plus difficiles à voir que celles qui ne sont pas affectées par cette maladie. Avec la maladie d’Alzheimer, les personnes sont plus ouvertes, elles racontent leur vie. Ce sont vraiment des gens attachants.

    2 - En quoi consiste votre bénévolat ? Comment se déroule-t-il ?
    Amélie :
    Actuellement je visite une dame à son domicile et une autre en Ehpad.
    Concernant la personne que j’accompagne à domicile, je l’appelle 30min avant pour lui rappeler que je viens la voir, m’assurer qu’elle est bien chez elle, et qu’elle est toujours d’accord. Parfois elle hésite : elle a mal dormi, elle est de mauvaise humeur, mais elle finit par accepter. Je lui rends visite les jeudis à 15h30 et je reste en moyenne 1h30/2h avec elle. Après avoir nourri ses animaux, on s’installe dans la salle à manger et on discute un peu. Elle me raconte des souvenirs, des choses qui la tracassent, on regarde de vieux albums photos. Je vérifie aussi que tout semble normal chez elle, pas de désordre, que le frigo est rempli, qu’elle ne manque de rien… Et si je constate qu’il n’y a pas assez de la nourriture, ou que le ménage n’est pas fait j’alerte Aude, la salariée référente petits frères, qui fait le nécessaire pour se mettre en lien avec le tuteur / la tutrice ou l’organisation de prestations à domicile.
    Avant de partir je lui note la date de ma prochaine visite sur son calendrier. Ca la rassure parce que ça lui donne un repère dans le temps.
    Cette dame me remercie toujours chaleureusement pour le moment passé ensemble. La reconnaissance qu’elle m’exprime est une joie et une récompense pour moi.
    Puis on se dit au revoir, une première fois chez elle, une seconde fois sur le pas de sa porte et souvent une dernière fois de la fenêtre !

    Et avec la dame qui est en Ehpad (Etablissement d’Hébergement de Personnes Agées Dépendantes), comment ça se passe ?
    Au début, je la suivais à son domicile. Mais avec sa perte d’autonomie, elle a dû déménager dans une Maison de Retraite et la transition a été difficile pour elle. Je l’ai suivie pendant 1 an, très régulièrement. Et puis elle s’est acclimatée, elle est amie avec plusieurs pensionnaires aujourd’hui, et j’ai pu espacer mes visites à 1 fois par mois.

    2b – Et toi, Isabelle, comment s’articule ton bénévolat ?
    Isabelle :
    En termes de temps, mon bénévolat, c’est 2 heures sur un après-midi. Une semaine, le domicile, une semaine, la maison de retraite.
    La dame que je vais voir en Maison de retraite adore chanter. J’arrive avec mon IPOD, les paroles que j’ai imprimées, et on chante ensemble. Sa fille m’a dit : Elle est marrante, elle chante tout le temps maintenant ».

    La dame du domicile, qui a près de 90 ans, n’a pas une bonne santé mais elle est toujours contente de me voir. Presque à chaque fois, elle me dit :
    « Ca m’a fait très plaisir de faire votre connaissance ».
    Et parfois, elle me dit : « Vous êtes une fidèle »
    Que cette dame de 90 ans se souvienne de m’avoir vue ou qu’elle ne s’en souvienne pas, peu importe. L’essentiel est dans la joie qu’elle manifeste de me voir.

    3 - Comment décririez-vous les liens qui se sont instaurés entre vous et les personnes que vous accompagnez ?
    Amélie :
    Après une très courte période « d’apprivoisement », des liens de confiance se sont instaurés.
    Pour eux, notre relation est sécurisante car on leur apporte des repères :

    • Des repères temporels, grâce à la régularité de nos passages chez elles. C’est très important.
    • Des repères affectifs car elles comprennent qu’elles peuvent compter sur nous bénévoles petits frères, sur notre fidélité. 

    Isabelle :
    Ce sont souvent des liens chaleureux. Il y en a beaucoup qui m’embrassent quand j’arrive et quand je repars. Le plaisir pour moi c’est de sentir à quel point je leur suis utile, à quel point ils apprécient d’être en compagnie.
    Ceci dit, il ne faut pas nier qu’il y a parfois des moments difficiles. Certaines personnes peuvent être dépressives, voire suicidaires. Mais on est là aussi pour faire remonter, pour alerter. C’est comme ça que j’ai parlé à une psychologue d’une Maison d’Accueil de Jour où allait une dame, et que la psy a pris le relais pour la suivre de plus près. Et puis, en tant que bénévole chez les petits frères, notre Association, via notre contact avec le salarié référent, prend le relai. Le salarié entre en contact avec des institutions, avec des représentants légaux des personnes âgées pour que l’aide à domicile soit renforcée.

    4 – En tant que bénévoles, qu’auriez-vous envie de dire à des bénévoles potentiels pour qu’ils rejoignent l’équipe qui dédie son bénévolat aux personnes affectées par Alzheimer ?
    Amélie :
    Accompagner bénévolement des personnes Alzheimer, c’est riche humainement. La relation qui se crée est différente avec chaque personne accompagnée.
    Même si les personnes affectées par Alzheimer ne se souviennent plus qui leur a rendu visite, elles en gardent une trace quelque part, et c’est ce qui compte.
    Aux futurs bénévoles, j’ai aussi envie de leur dire :
    N’ayez aucune appréhension ! Vous serez très bien accueilli/ie par la personne âgée. Si elle parle peu, sortez vous balader, faites un jeu de société, commentez une émission tv, ou bien mettez leur du vernis sur les ongles !

    Isabelle :
    Le bénévolat auprès de personnes ayant Alzheimer, c’est un bénévolat fort et récompensant.
    Ces accompagnements s’inscrivent dans la durée avec la même personne qu’on suit au fil du temps. C’est comme ça que des liens se créent. C’est un plaisir de se sentir utile, de trouver « le truc » qui va les intéresser, comme chanter ou écouter des épisodes de leur vie qu’ils ont envie d’évoquer, ou jouer aux cartes, etc. A nous de les accompagner vers ce qui leur est le meilleur.

    5 – Amélie, Isabelle, on sent que l’exercice de votre bénévolat apporte aux personnes que vous accompagnez bénévolement, et vous apporte de la joie.
    Amélie :
    Les personnes atteintes d’Alzheimer vivent dans le moment présent. Il me semble que cela renforce leur authenticité.

    • Je dirais aussi qu’il est nécessaire de savoir conjuguer patience et douceur. On peut en effet être amené à entendre et à répéter plusieurs fois la même chose, c’est une des conséquences de la maladie, mais on s’en accommode vite, et ça n’empêche pas de passer des moments très conviviaux !

    Notre disponibilité est essentielle aussi, tout comme notre capacité de distance. En effet, ils ne sont ni nos grands-parents ni nos amis. A nous de chercher et trouver le bon et juste équilibre entre notre disponibilité et la distance. C’est ça qui nous permettra de faire durer notre bénévolat et d’en apprécier tous les avantages !

    Isabelle :
    A des bénévoles qui vont nous rejoindre, je dis aussi :

    • Vous n’allez vraiment pas le regretter. Outre la satisfaction et la joie de faire ce bénévolat, on est épaulés, formés, accompagnés. Faire équipe chez les petits frères, c’est une réalité. On fait équipe avec le salarié référent de votre activité, on fait équipe avec les autres bénévoles qu’on rencontre 1 fois par mois en groupe de parole animé par un psychologue.

    Je précise aussi quelque chose d’important : que vous soyez en activité professionnelle ou retraité, peu importe car ce bénévolat peut s’ajuster à votre disponibilité.
    Alors si devenir bénévole auprès de personnes Alzheimer vous tente, bienvenue à votre venue !

    Nous contacter :
    Aude ou Manuel, salariés référents du bénévolat
    auprès de personnes atteintes d’Alzheimer
    Tél : 01 48 06 45 00
    accompagnementdesmalades@petitsfreresdespauvres.fr

    Communication Equipe Accompagnement de Personnes Malades

    Propos recueillis par Maryvonne Sendra

    En savoir plus : /nos-actions/accompagner-des-personnes/gravement-malades-ou-en-fin-de-vie.html
  • Témoignage d'Aleks W., responsable d'une pension de famille à Paris

    Le 04/02/2016
    « Poser son sac », si léger soit-il, n’est pas chose aisée. Après des années de pain noir, d’errance, d’hébergements de fortune, obtenir un « chez soi », un espace privatif, constitue une nette amélioration du quotidien certes, mais un pas vers l’inconnu. Même pour ceux qui l’ont rêvé. Dès lors la nécessité de penser des intermédiaires en termes de logements s’impose. Parmi ces passerelles : les pensions de famille.

    Un jour, à la pension de famille « La Chine »

    Son sourire l’illumine. Il irradie. Il a acheté le programme télé et je peux ressentir sa satisfaction par tous les pores de sa peau.  Il, c’est Daniel. 61 ans, pétri d’angoisses, médicamenté, majeur protégé et - disons-le - « empêché » comme s’il avait égaré, il y a fort longtemps, la notice du vivre ensemble.

    Elle est assise, chez elle, dans la salle commune. Pour nous, cette pièce du rez-de-chaussée, notre centre nerveux, le poumon de la maison, c’est notre séjour. Là où la « fiction familiale » se tisse, se noue : le champ des possibles. C’est un lieu de passages, de tintamarre, de silences partagés, de regards brumeux ou complices, de chamailleries, de querelles, de sourires, de rires aussi, surtout.

    Elle est là donc, comme à son habitude, jaugeant l’état de santé des poissons rouges, soliloquant à qui mieux mieux, assise à SA place, les poches de son grand manteau pleines d’un bric-à-brac improbable où l’on peut trouver, pêle-mêle, la télécommande de sa télé, son réveil, des chocolats, parfois du fromage, du pain, des allumettes, des clopes, des comprimés…

    Elle, c’est Paulette, 75 ans, la doyenne, Reine en Chine et rien ni personne ne pourrait la détrôner.  Un spectacle. Du vrai, du bon théâtre. Elle aussi a perdu le mode d’emploi ; un peu comme si on avait oublié de le lui confier.

    Elle accueille chaleureusement Daniel qui n’a pas quitté la panoplie du héros acquitté de sa noble tâche. Elle l’invite à sa table. La conversation s’engage dans une sorte d’hilarité loquace. Pourtant, très vite, Paulette montre des signes d’impatience pour finir par trépigner :

    -          Bordel, tu me le lis mon horoscope ?!

    Daniel sourit, vainqueur, puisque aujourd’hui tout est possible. Il s’exécute.

    Cela n’a l’air de rien… Mais c’est pour ce genre de scène que je fais ce métier. Pour sentir l’autre exister et me dire que « non tout n’est pas perdu ». Ces petits « riens » du quotidien, ce repos bien mérité des « à bout de souffle », cette désacralisation du misérabilisme à travers ceux qui font la misère, ce « vivre ensemble » - formule galvaudée tant elle est usitée mais qui fonctionne « pour de vrai » comme disent les enfants -, la vie qui bat, l’ordre et le désordre « familial », m’incitent à penser que ce type de structure, appelée naguère maisons relais, convient à des personnes qui ont perdu le fil : accidents de parcours ou parcours accidentés.

    Aujourd’hui

    La pension de famille a soufflé ses 4 bougies en octobre dernier. Tous nos studios sont pourvus. Il est toujours hasardeux de tirer quelconque conclusion mais il est extrêmement intéressant de constater à quel point une certaine harmonie s’installe entre les résidents. D’emblée, presque comme une évidence, la bienveillance voire la connivence sont de mise. Pourtant l’installation relève de la gageure pour les uns, du soulagement pour les autres. Il y a ceux qui investissent voire surinvestissent et ceux qui, discrets, quasi insondables, affichent leur incrédulité. Nous les appelons « nos petites souris ». Il y a ceux qui mènent leur barque et ceux qui, fragiles, parfois résignés, nécessitent un soutien quotidien drastique ou dosé. La pension permet cela : elle rend possible l’autonomie de personnes diminuées, malmenées tout en leur prodiguant une aide adaptée. Elle donne lieu à des cohabitations salvatrices car porteuses. Elle sort, enfin, les gens de la précarité et leur offre un cadre réconfortant. Ces personnes qui font vivre la pension, je tiens, par respect, à les citer et leur témoigner notre gratitude. Ils s’appellent Aline, Claudine, Françoise, Paulette la reine des paupiettes, André, Alain, Bof, « Bonne journée quand même », « Casse pas la tête », Chouchou, Christian, Claude, Daniel, Dominique, Fernand, Fredj, Jack, « J’ai pas raison ?! », Jean, Jean-Claude, Jeannot, José, Mehdi, Mohamed, Momo, Papa, Patrice, Patrick, Phiphi, Pierre, Roman, Raphaël, Vincent & Xa.

    Aleks Wasieczko
    Responsable de la pension de famille « La Chine »

  • Le bénévolat, c’est que du bonheur !

    Témoignage de Marylin, bénévole à Aubervilliers

    Le 26/01/2016
    Pour Noël, les personnes accompagnées ont retrouvé le sourire le temps d'un moment, passé au restaurant, autour d’un repas festif et de musique espagnole.

    Pour Marylin, bénévole à Aubervilliers : « Cela fait vraiment plaisir de voir les personnes accompagnées ainsi. Bien-sûr l'année prochaine je serai au rendez-vous, et je pense venir avec mes petits de 7 et 13 ans.»

    Marylin a commencé son bénévolat chez les petits frères des Pauvres il y a quelques mois, fin septembre, et selon elle « C'est que du bonheur ! »

    J'ai décidé de fêter Noël avec les petits frères des Pauvres pour partager ce moment où on est uni en famille. J’ai beaucoup d’affection pour Mme A., la personne âgée que j’accompagne. Je l'emmènerai cet été en vacances avec moi, elle souffre de cette solitude. Et moi ça me fait vraiment plaisir qu'elle partage notre vie de famille.

    Voir les personnes heureuses me fait vraiment très plaisir, il faut briser cette solitude. »

    Comme Marylin, vous souhaitez rendre visite à une personne âgée isolée et partager des activités :

    Contactez l’équipe au 07 63 30 13 59 ou écrivez-nous à banlieue.aubervilliers@petitsfreresdespauvres.fr

    En savoir plus : /benevolat.html
  • "Je passe Noël avec des personnes âgées isolées"

    Le 24/12/2015
    Une personne âgée sur quatre est seule, selon une étude parue en 2014. Pour combattre ce phénomène, Frédérique Cancalon, 21 ans, a rejoint l'association les petits frères des Pauvres. Depuis, elle passe chaque 24 décembre avec des personnes âgées isolées, déguisée en mère Noël. Les rires, l'émotion et les remerciements de ceux qu'elle accompagne pendant les fêtes sont sa récompense.

    Étudiante en droit de 21 ans, je suis bénévole chez les petits frères de Pauvres. Et depuis trois ans, je passe Noël avec les personnes âgées isolées.

    Très proches de mes deux grands-mères et habituée à passer les fêtes entourée de ma grande famille, je suis sensible à cette cause : personne ne devrait passer Noël tout seul. C’est quelque chose que je ne conçois pas.

    Une fête qui symbolise le partage

    Comme mon budget limité ne me permettait pas de faire des dons et qu’entre mes cours et mes trois jobs étudiants, je n’ai pas beaucoup de temps, j’ai décidé de m’engager ponctuellement dans une association qui vient en aide aux personnes âgées : c’était ma façon à moi de briser leur solitude.

    Chaque année, je participe donc à l’organisation des grands évènements tels que la galette des rois, Pâques, la Chandeleur et bien évidemment Noël.

    Aux yeux des personnes âgées, cette fête est la plus importante de l’année, car elle représente le partage. Pour celles qui ont toujours passé Noël seules, participer à l’évènement que nous organisons est un vrai bonheur. Mais pour celles qui avaient l’habitude de fêter Noël en famille et qui se retrouvent isolées pour diverses raisons, ce moment peut être extrêmement difficile.

    Nous devons donc composer avec les parcours de vie et les caractères de chacun, afin de leur faire passer un bon moment et de leur faire oublier leur solitude l’espace d’une journée.

    Je joue le rôle de la mère Noël

    Organiser cette fête de Noël, c’est un travail de longue haleine. Nous devons trouver une salle de réception, un traiteur, acheter des décorations, trouver des cadeaux et envoyer des invitations.

    Le jour J, c’est-à-dire le 24 décembre, notre journée commence à 10h. Chaque bénévole est chargé d’aller chercher les personnes âgées en maison de retraite, à l’hôpital ou chez elles. Nos invités ont plus de cinquante ans et sont dans une situation précaire. Ils sont tous isolés car leurs proches habitent loin ou qu’ils n’ont pas famille.

    Mon rôle est un peu particulier, car en plus d’être bénévole, je joue le rôle de la mère Noël. Tous les ans, je vais chercher les personnes âgées en costume, avec une petite mise en scène. En général, ça les fait beaucoup rire.

    Des cadeaux personnalisés

    Quand nous sommes réunis dans la salle de réception, les bénévoles font un petit discours de bienvenue. Nous diffusons ensuite des chansons de Noël d’époque, comme celles de Charles Trenet. Vu mon âge, ces musiques ne me parlent pas forcément, mais je suis ravie qu’elles permettent aux personnes âgées de replonger dans leurs souvenirs d’enfance.

    Ensuite, place à l’apéritif. Nous servons volontiers une coupe de champagne et un verre de vin à nos invités, mais nous ne laissons jamais les bouteilles à leur disposition, car on ne connait pas les antécédents de chacun. Quand on s’engage auprès de personnes âgées, il est important de faire preuve de vigilance.

    Après cela, nous organisons quelques activités : chants, mimes, devinettes… L’objectif est de rendre cet événement le plus festif possible. Ensuite, le plat principal est servi, suivi du fromage. Puis vient le moment de la distribution des cadeaux.

    Nous essayons toujours de trouver des cadeaux personnalisés. Pour cela, nous sommes très à l’écoute des personnes âgées tout au long de l’année. Si un jour, au cours d’une sortie avec un bénévole, l’une d’entre elles se montre intéressée par un objet qu’elle a repéré dans une vitrine, nous en prenons note, pour pouvoir lui offrir à Noël.

    Nos invités sont très touchés par ces petites attentions, qui leur prouvent qu’on s’intéresse vraiment à eux. Bien souvent, elles ont même les larmes aux yeux lors de la distribution. Et au moment de repartir, c’est avec fierté qu’elles prennent leur paquet sous le bras.

    A la fin, j'ai un pincement au coeur

    Ensuite, c’est l’heure de la traditionnelle bûche de Noël. Nous profitons aussi du dessert pour proposer aux personnes âgées une nouvelle activité, selon leurs envies.

    En général, c’est un moment propice à la discussion : détendues, les personnes âgées parlent entre elles. C’est une des rares fois où elles peuvent s’exprimer et briser leur isolement. Le but de ces échanges est aussi qu’elles créent des liens entre elles et se revoient en dehors de l’association.

    Quand la fête est finie, aux alentours de 18h, les bénévoles raccompagnent les personnes âgées chez elles, à l’hôpital ou dans leur maison de retraite.

    J’ai toujours un pincement au cœur quand je les laisse à leur solitude, mais je me dis que j’ai déjà fait tout ce qui était en mon pouvoir pour qu’elles passent un moment agréable.

    Ensuite, je rejoins ma famille pour le dîner, toujours avec une petite pensée pour les personnes âgées que j’accompagne.

    J'ai beaucoup appris humainement

    Mes grands-mères, qui sont très fières de moi me disent souvent sur le ton de l’humour que je passe plus de temps avec les personnes âgées isolées qu’avec elles ! Mais j’ai besoin de ces moments, car j’ai toujours passé de merveilleux Noël avec ma famille.

    Partager ce bonheur est pour moi une nécessité.

    D’ailleurs, j’ai beaucoup de souvenirs marquants de ces Noël passés avec les personnes âgées, mais aussi des autres évènements que j’ai pu organiser. Un jour, lors d’une sortie au théâtre, j’ai remarqué que quatre dames âgées se tenaient très fort les mains et disaient :

    Regardez, on est au théâtre, c’est incroyable !

    Je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer. Depuis, j’ai appris à me contenir davantage, mais je suis toujours touchée par les réactions de certains. Un soir, après un repas dans un restaurant indien, une dame particulièrement isolée m’a serré le bras très fort et m’a dit :

    Merci. Le lien social, j’avais presque oublié ce que c’était. Renouer avec la société, c’est un souffle d’air frais.

    Ces remerciements, j’ai envie de les retourner aux personnes âgées que j’accompagne. Cet échange ne serait pas possible sans elles. Je leur donne de mon temps, mais je reçois aussi beaucoup de leur part et ça me fait du bien.

    Humainement, j’ai beaucoup appris des personnes âgées que j’accompagne. Elles m’ont fait grandir et pour cela, je les remercie.

    Propos recueillis par Anaïs Chabalier.

    Source : L'OBS Le Plus

    En savoir plus : /benevolat.html
  • Annie, bénévole à l'honneur dans "Champigny notre Ville"

    Le 14/12/2015
    Annie Moha, bénévole des petits frères des Pauvres de Champigny, témoigne dans le magazine de la ville.

    "Lorsque j'ai rejoint l'équipe il y a 4 ans, je ne savais pas ce qu'était une association. Aujourd'hui, je ne pourrai plus vivre sans. Mon engagement m'a libérée. Je suis présente trois jours par semaine du matin au soir. Je suis chargée d'organiser les activités et les sorties collectives. Trouver les chauffeurs, les bénévoles, lancer les invitations... J'assure en parallèle l'accueil téléphonique. À travers ces activités, je crée des liens, je partage de beaux moments.

    Pour avancer, nous travaillons en partenariat avec des associations locales, notamment le Forum du temps libre et l'Abep soins, et les centres de loisirs. Nous échangeons sur nos publics de personnes âgées et mettons en commun nos moyens. Pour développer nos partenariats, nous avons demandé en comité de pilotage l'établissement d'une liste des associations campinoises. Notre objectif : mieux diriger les personnes qui viennent nous voir et partager des initiatives communes."

    Venez rencontrer Annie et l'équipe de bénévoles au local de Champigny situé au 75 Rue Louis Talamoni, 94500 Champigny-sur-Marne.

    Contact : 01 48 86 25 54 ou banlieue.champigny@petitsfreresdespauvres.fr

    En savoir plus : /nos-implantations/94500-01---les-petits-freres-des-pauvres-de-champigny.html
  • Témoignage d’un résident de '' La Chine ''

    Le 10/11/2015
    Patrice B., résident de « La Chine », nous livre un témoignage poignant sur son quotidien au sein de la pension de famille, décrivant des valeurs essentielles pour l’Association : humanité et fraternité.

    « La Chine »

    Un pays si lointain… et tout proche en même temps. C’est ici, dans cette maison dite « relais » que je vis depuis quatre ans. Quel relais ! De la rue à un havre de paix. Que dis-je ? Presque un paradis. On parle souvent des communautarismes. Les pauvres en forment-ils un ? Non d’un point de vue général. Mais oui lorsqu’ils s’organisent pour vivre ensemble car c’est un défi. Allier tous les contraires, mêler des parcours de vie si différents, apprécier chacun et chacune pour ce qu’il ou elle est, anticiper les derniers petits bobos de la vie quotidienne, nous chérir même, quelle mission de vie pour ceux qui nous accompagnent ! Ils sont deux : Ali & Aleks₁. Comment les remercier tous les jours de leur attention ? On en finirait plus.

    La rudesse de la rue m’avait progressivement déshumanisé. En arrivant à la « Chine », j’ai retrouvé le « socius ». En latin, socius signifie compagnon. Cela veut dire que je me suis resocialisé grâce à des mains tendues et qui, le comble, ne demandent rien en retour. C’est inouï. Quand j’étais petit, on m’avait appris à croire au Père Noël. Plus je vieillis, plus j’y crois. Ici c’est Noël tous les jours ! Un toit, un lit, une douche, un frigo, bref le minimum à un homme d’aujourd’hui pour vivre décemment. Il fallait y penser ! Les petits frères des Pauvres n’ont pas perdu le nord ! Ils ont tous simplement mis en œuvre l’Essentiel. Rien de plus, rien de moins. Merci à tous et à toutes. J’étais perdu. Chez vous, je me suis retrouvé. Je vous aime.

    Patrice B.

    ₁ Ali & Aleks sont deux salariés de l’Association qui gèrent au quotidien la pension de famille « La Chine ».

    En savoir plus : /nos-implantations/75000-03-maison-rue-de-la-chine.html
  • "Etre juste présente, c’est aussi ça les visites"

    Le témoignage plein d'émotion d'Audrey, sur ses visites à l'hôpital Casanova

    Le 04/11/2015

    " Cela fait plusieurs mois que je rends visite à deux dames. Elles ne sont pas dans la même unité mais ont ce point commun de n’avoir quasiment comme horizon que ces murs depuis des années. Il a fallu du temps pour instaurer une confiance, une amicalité qui permet de rester en tête à tête pendant une heure régulièrement. Ce n’est pas à égalité étant donné qu’elles ne connaissent pas mon propre univers.

    Car chaque chambre en est un, ce sont plusieurs années accumulées dans une pièce. On rentre dans cette intimité et le plus beau c’est qu’elles nous y accueillent, nous qui sommes des inconnus à la base. Des inconnus qu’elles n’auraient jamais connus par un autre biais que par l’Association.  Mais ca passe par des conversations légères pour apprendre à se connaître, des moments où dans nos paroles, on tente de montrer qu’elles ne seront pas jugées et qu’elles peuvent se confier… jusqu’à très rapidement passer aux paroles plus profondes sur des souvenirs, des passés parfois pas tout roses. J’ai senti dès le départ une demande. J’ai tout de suite été rassurée sur mon utilité. Je savais que mon temps était bénéfique pour elles.

    J’entends, de la part des personnes extérieures à qui je parle de mes visites, que ce ne doit pas être facile. Mais ces personnes ne voient pas les rires, les accueils chaleureux, les histoires, les attentions comme ces bonbons proposés de temps à autre. J’écoute, tente de réagir pour faire sortir ce qu’elles ont besoin d’exprimer en essayant de ne pas être indélicate. Parfois, elles n’ont pas la tête à discuter. Alors, je m’adapte. Je vais leur mettre du vernis, regarder la télévision avec elles, laissant les commentaires venir d’eux-mêmes. Etre juste présente, c’est aussi ça les visites avec les petits frères des Pauvres. C’est parfois un travail d’équilibriste quand la relation n’est pas vieille. J’ai été émue, du fait qu’elles se confient à moi. Emue, aussi, par ce qu’elles me racontaient. Je sais qu’en passant la porte, je verrai ce sourire sur leur visage, avant qu’elles me racontent un mal de dos ou de sombres cauchemars, ce même sourire avec plus de tristesse dans les yeux lors de mon départ. Sans compter ces « merci » à répétition, une main dans la mienne, qu’elles me sortent à ce moment-là. J’ai dû plusieurs fois me pousser aux fesses pour que ça ne m’affecte pas trop.

    J’ai commencé aux "petits frères" il y a deux ans, avec un souvenir qui m’a profondément marquée. Celui de ces chambres d’une maison de retraite où je travaillais comme auxiliaire de vie le week-end pendant mes études. J’y passais à heure fixe, pour des gestes presque mécaniques. En parlant par petites touches avec certaines personnes, très renfermées après des années sans visite, j’ai réalisé la solitude qu’elles pouvaient ressentir et une demande d’attention, autre que par soins. J’ai tenté d’être plus à l’écoute malgré le manque de temps. Et j’ai vu les évolutions dans leur moral, avec ce semblant d’attention que je leur apportais. J’ai remis de l’humain dans mon travail. Et, en sortant de là, je me suis dit qu’un jour, je leur viendrai en aide uniquement de cette manière. Le soin physique, pour leur dignité et leur intégrité, est essentiel. Ce que leur apportent les petits frères des Pauvres est complémentaire et tout aussi primordial : celui de leur faire prendre conscience qu’ils sont importants, que l’on peut prendre une heure pour eux. Leur permettre aussi d’évacuer des préoccupations, qu’elles soient de l’ordre du quotidien ou de vieux souvenirs qui les hantent. J’ai l’impression d’avoir trouvé exactement cette satisfaction avec les visites à Casanova.

    J’entends aussi que je fais une bonne action en faisant ce bénévolat. Ces mots reviennent souvent. Je ne vois pas du tout ça comme ça. Car c’est aussi très riche pour moi. C’est le principe des échanges intergénérationnels avec ces souvenirs, ressassés souvent, ces anecdotes que je n’aurais pas entendu dans la bouche des amis de mon âge... Certes, on leur propose une parenthèse à tout ce quotidien. Mais ce n’est pas à sens unique. Avec les semaines qui défilent, une affinité se créé et elles commencent à se soucier du chemin parcouru jusqu’à cette chambre d’hôpital, du temps passé dans une semaine parfois chargée. Et c’est peut-être cela que l’on retrouve dans les sourires en se retournant vers eux avant de franchir la porte. Un mélange de tristesse parce que ça a paru trop court, et une infinie reconnaissance d’avoir été à l’écoute, sans distinction ni condition. Un bulle d’air pour la personne qui reste et un énorme apport humain pour celle qui retourne à son train de vie."

    • Accompagnement de personnes âgées dans la durée

    Présents à travers plus de 200 équipes en France, les petits frères des Pauvres recherchent des bénévoles pour  accompagner régulièrement des personnes âgées isolées, en situation de précarité ou malades.

     >> Je recherche une mission de bénévolat

    En savoir plus : /benevolat/accompagnement-des-personnes-malades.html
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Les annonces emplois des petits frères des Pauvres

Grâce à Romain, la solitude dde Suzanne n'est plus qu'un lointain souvenir

Rapport annuel 2016 des petits frères des Pauvres