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Toutes les actualités

  • Les petits frères des Pauvres à la Design Week

    Le 28/09/2017
    Cette année, les petits frères des Pauvres ont participé à la Paris Design Week, du 13 au 17 septembre, à la Maison des Canaux, Paris 19ème

    En effet, ils ont organisé, avec les Ateliers de Paris (acteur pilote des filières de la mode, du design et des métiers d’art) et le fonds de dotation PARISCREATION,  un atelier de revalorisation d’objets légués aux petits frères des Pauvres.

    Conçu et animé par UNQUI designers, le workshop s’est déroulé pendant 5 jours avec 3 journées dédiées aux professionnels, 1 journée ouverte au grand public et 1 exposition-vente des objets fabriqués.

    A travers des objets revisités, ce workshop était l’occasion de permettre une réflexion autour de l’isolement social et des valeurs de partage. C’était aussi et surtout l’occasion de mettre à l’honneur, en les revalorisant, les objets légués aux petits frères des Pauvres. 

     

  • Minimum vieillesse : une revalorisation qui ne constitue pas un signe fort envoyé aux personnes âgées et plus fragiles

    Plaidoyer / Aide financière

    Le 21/09/2017
    Suite à l'annonce de la revalorisation du minimum vieillesse par la ministre des solidarités, Agnès Buzyn, les petits frères des Pauvres réagissent à cette annonce par une dépêche AFP.
    De son côté, La Croix consacre un sujet sur les conditions de vie des personnes âgées touchant le minimum vieillesse, avec une analyse de Mustapha Djellouli, chef de service du pôle accompagnement social personnalisé.

    Dépêche AFP

    Le minimum vieillesse, allocation perçue par les retraités modestes, sera revalorisé de 30 euros "dès avril 2018", puis de 35 euros en 2019 ainsi qu'en 2020, pour atteindre les 900 euros, a annoncé mercredi la ministre des Solidarités, Agnès Buzyn.

    Pendant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’était engagé à augmenter de 100 euros par mois le minimum vieillesse sur la durée du quinquennat.

    Le "minimum vieillesse", d'un montant 803 euros par mois pour une personne seule, sera revalorisé "dès le mois d'avril 2018 de 30 euros", puis "il y aura 35 euros en 2019 et 35 en 2020", a déclaré la ministre sur Europe 1.

    Pour un couple, qui perçoit actuellement 1.240 euros, la revalorisation sera de "plus de 155 euros" d'ici "la fin du quinquennat", a ajouté Mme Buzyn.

    L'Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, ex minimum vieillesse) est destinée aux plus de 65 ans (60 ans en cas d'inaptitude au travail) ayant de faibles ressources. Elle est versée par la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) ou la MSA, pour les retraités dépendants du régime agricole. Elle est actuellement de 803,20 euros par mois pour une personne seule et de 1 246,97 euros pour un couple. Plus de 433 000 personnes bénéficiaient de cette allocation au 31 décembre 2016, selon la Caisse nationale d’assurance-vieillesse. En 2015, ils étaient 555 000.

    « Le compte n'y est pas »

    Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s'était engagé à augmenter de 100 euros par mois le minimum vieillesse sur la durée du quinquennat.

    "Même si une revalorisation est toujours une bonne nouvelle, le compte n'y est pas", a réagi l'association des petits frères des Pauvres, qualifiant cette annonce de "mauvaise surprise".

    Pour Isabelle Sénécal, porte-parole de l'association, une revalorisation de 100 euros en trois ans n'est pas "un signe fort envoyé aux personnes âgées et plus fragiles qui ont besoin de la solidarité nationale". "Cette promesse était une mesure forte, un engagement positif. On s'attendait à avoir 100 euros d'un coup pour, peut-être, atteindre un jour un minimum vieillesse à hauteur du seuil de pauvreté" (environ 1.000 euros), a-t-elle déclaré à l'AFP.

    Plus de 70 % des personnes accompagnées par les petits frères des Pauvres en 2016 avaient des ressources inférieures à 1.000 euros mensuels, a-t-elle souligné.

    Un récent baromètre réalisé par Ipsos pour le Secours populaire pointait la semaine passée la précarité grandissante des seniors, avec une augmentation de près de 50 % des demandes d'aides, venant particulièrement des femmes de plus de 60 ans.

    La précédente revalorisation exceptionnelle du minimum vieillesse, hors inflation, datait d'octobre 2014. Il était passé de 792 à 800 euros pour une personne seule et de 1.229 à 1.242 euros pour un couple.

    Fin 2015, environ 555.000 personnes bénéficiaient d'une allocation du minimum vieillesse, dont 68.000 n'ayant aucune pension de retraite.

    AFP | 20/09/2017

    La Croix : « Vivre à Paris avec le minimum vieillesse, le quotidien de Fatima, "Nénette" et Andréa »

    Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, a annoncé que le minimum vieillesse, aujourd’hui de 803 € par mois, sera revalorisé de 30 € dès avril 2018.

    À Paris, 18 867 personnes bénéficient de cette aide, un chiffre en hausse, contrairement à la tendance nationale. Qui sont-elles ? Portrait de cette population discrète et anonyme.

    Six mètres carrés pour vivre. Fatima, 61 ans, habite dans « sa petite cage à oiseau » depuis 29 ans. C’est le surnom qu’elle a donné à sa chambre de bonne, au cinquième étage d’un immeuble du 8e arrondissement de Paris. Elle n’a pas de salle de bains, seulement un robinet d’eau froide et des toilettes turques sur le palier. Pour se laver, Fatima se rend aux bains douches du quartier de la Madeleine, à une vingtaine de minutes à pied. Boucles d’oreille blanche et rouge à lèvres rose pâle, elle parvient, malgré tout, à rester coquette.

    Cette ancienne nourrice et couturière paye 100 € de loyer, qu’elle règle grâce à l’Aide de solidarité aux personnes âgées (Aspa), plus communément appelée « minimum vieillesse ». Soit 803 € par mois pour une personne seule. La ministre de la solidarité et de la santé, Agnès Buzy, a annoncé, mercredi 20 septembre, que cette aide sera revalorisée de 30 € « dès avril 2018 », puis de 35 € en 2019 ainsi qu’en 2020. L’Aspa est versée par la Caisse nationale d’allocation vieillesse (Cnav) aux plus de 65 ans ou aux plus de 61 ans jugés inaptes au travail.

    En France, le nombre de bénéficiaires du minimum vieillesse n’a cessé de diminuer depuis trente ans, grâce au système de retraite plus performant au fil des années. Mais à Paris, on observe la tendance inverse : en 2016, 18 867 personnes touchaient cette aide dans la capitale, soit une hausse de 18 % par rapport à 2006. « Le nombre de bénéficiaires continue d’augmenter à Paris, car la ville attire de nombreuses personnes en situation de précarité, explique Mustapha Djellouli, chef de service aux petits frères des Pauvres. Ils pensent, à tort, qu’ils vont avoir ici des facilités pour se loger. Par contre, il est vrai qu’il y a dans la capitale plus de centres de soins abordables qu’en province et que les services sociaux sont particulièrement compétents. »

    Entre six et dix-huit mois d’attente pour un logement de la Ville

    Marie-France Le Nihouannen, alias « Nénette », habite dans le 15e arrondissement de la capitale et touche le minimum vieillesse. Pour s’en sortir, elle déjeune plusieurs fois par semaine dans un restaurant du Secours catholique. Cheveux courts et lunettes, « Nénette » a accroché à sa veste en jean un pin’s aux couleurs de la Bretagne. Elle vient de déménager dans un logement adapté à son handicap, un appartement de 25 mètres carrés attribué par les services sociaux de la ville de Paris. « J’ai maintenant un lit médicalisé », se réjouit-elle. À 66 ans, Marie-France a le « dos en compote » :« J’ai travaillé comme femme de ménage à cirer les parquets à la paille de fer. Puis, j’ai été cantinière dans une école où l’on devait laver des grosses gamelles », explique-t-elle.

    Pour louer un studio de quinze mètres carrés dans la capitale, il faut, en moyenne, débourser 650 €. Une somme souvent difficile à réunir, malgré les aides comme le minimum vieillesse ou encore l’aide personnalisée au logement (APL). Le Centre d’action sociale de la ville de Paris met à disposition des personnes âgées une soixantaine de résidences composées de studios. Pour y avoir une place, il faut, entre autres, avoir plus de 60 ans, habiter depuis au moins trois ans à Paris et attendre de six à dix-huit mois. Les loyers sont de l’ordre de 500 €, trop cher si l’on ne touche que le minimum vieillesse.

    « Mme Lopez, elle sait comment m’expliquer les choses simplement ! »

    Adil * sort d’un grand bâtiment gris en larmes. À 66 ans, il ne bénéficie du minimum vieillesse que depuis quelques mois. Adil vient d’avoir un rendez-vous d’une demi-heure avec son assistant social pour se faire rembourser des soins médicaux. L’homme a les dents cariées et l’œil gauche protégé par une coque en plastique : il vient de se faire opérer de la cataracte. Adil a sous le bras une pochette remplie d’une trentaine d’ordonnances. « Tous les papiers qu’ils demandent, c’est du harcèlement ! Il faut à chaque fois prouver que l’on est pauvre, j’en peux plus… », se plaint-il, noyé sous les formalités administratives.

    Selon Jean-Pierre Bultez, membre de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, « 20 % des personnes qui sont en droit de percevoir le minimum vieillesse ne le touchent pas, car elles ne savent pas comment s’y prendre. Cependant, il y a une véritable volonté de simplification des démarches, par exemple, avec l’échange de fichiers entre les différents organismes ». D’après lui, il faudrait regrouper les huit aides sociales en deux ou trois prestations.

    Baisse des APL : "aucun impact" pour les bénéficiaires

    En attendant ces simplifications, Andréa Masson, 74 ans, a trouvé la bonne personne pour l’accompagner. « Mon assistante sociale, Mme Lopez est formidable ! Elle me fait tous les papiers et s’occupe des photocopies. Mais surtout, elle sait m’expliquer les choses simplement ! », s’enthousiasme-t-elle. Andrea Masson déjeune au moins trois fois par semaine au Secours catholique, avec sa copine « Nénette ». Andréa se rend régulièrement chez son médecin pour de l’arthrose aux genoux. Ses soins sont pris en charge à 100 % par la sécurité sociale, comme la plupart des personnes qui touchent le minimum vieillesse.

    Fatima, « Nénette » et Andréa n’ont pas brutalement basculé dans la pauvreté à l’âge de la retraite. « Beaucoup de bénéficiaires du minimum vieillesse étaient déjà dans une situation de précarité avant 65 ans. souligne Mustapha Djellouli, chef de service aux petits frères des Pauvres. Ils touchaient d’autres allocations sociales, comme le Revenu de solidarité active ouencore l’Allocation aux adultes handicapés ».

    Avec ses yeux bleus espiègles et son franc-parler, Andréa Masson a une certaine notoriété au local du Secours catholique dans le 18e arrondissement de la capitale.

    « Je suis tombée amoureuse de Paris »

    Outre les difficultés de logement et le casse-tête administratif, la solitude pèse également souvent sur les personnes âgées en situation de précarité à Paris.

    Andréa Masson a organisé ses journées pour être le moins souvent seule « entre ses quatre murs ». Après avoir déjeuné au Secours catholique, elle prend le bus 39. Elle passe ainsi par Montmartre, le Palais-Royal ou encore Saint-Germain-des-Prés. « Avec mon arthrose aux genoux je ne peux pas marcher ! Au moins grâce au bus, je vois du paysage. Il y a même des jours où je fais plusieurs allers-retours ! », raconte-t-elle.

    Ni Fatima, ni « Nénette », ni Andrea, ne se voient quitter la capitale. « Je suis tombée amoureuse de Paris, raconte Fatima. Les balades le long des Champs-Élysées, dans le parc du Monceau ou aux Tuileries, c’est tout ce qu’il me reste… »

    Clémence Maret | La Croix | 20/09/2017

    * Le prénom a été modifié.

  • Succès pour la vente de Wissant !

    Le 25/08/2017
    Retour sur la brocante de Wissant à la maison Maris Stella

    De nombreux visiteurs ont afflué à la brocante de notre maison de vacances Maris Stella les 19 et 20 août dernier. Les habitants des environs mais aussi des touristes anglais, allemands, hollandais… ont pu dénicher vaisselle, bibelots, petits meubles, livre, vinyles…

    De petits achats qui ont permis de récolter plus de 11 300€ (3 000€ de plus que la brocante de 2016) !

    Ces fonds contribueront à financer les actions des petits frères des Pauvres auprès des personnes âgées isolées, en situation de précarité dans la région.

    Merci aux visiteurs présents et aux 38 bénévoles et salariés mobilisés à cette occasion.

    Pour voir les dates et lieux de nos prochaines ventes, cliquez ici

            

     

  • Les petits frères des Pauvres de retour de Lourdes

    Le 22/08/2017
    Comme chaque année, des bénévoles des petits frères des Pauvres ainsi que des personnes accompagnées ont participé au Pèlerinage national à Lourdes. Retour sur l’événement.

    Un lieu de rencontres

    Depuis plus de 30 ans, des centaines de personnes âgées et de bénévoles des petits frères des Pauvres se retrouvent à Lourdes au mois d’août dans le cadre du Pèlerinage National. Initiée par des demandes exprimées par des personnes accompagnées, cette action, qui ne s’inscrit pas dans le cadre des traditionnels séjours de vacances des petits frères des Pauvres, est devenue un temps fort d’accompagnement durant la période estivale.

    Pendant 5 jours, plus de 500 bénévoles et personnes accompagnées venus des quatre coins de la France se réunissent pour vivre des moments uniques de partage et de convivialité dans la continuité des missions et des valeurs des petits frères des Pauvres.

    Une action ouverte à tous

    Des personnes accompagnées viennent y vivre leur spiritualité, d’autres découvrir la religion catholique ou tout simplement mettre entre parenthèses durant quelques jours la solitude et l’isolement pour venir partager un temps fort de fraternité.

    Je ne suis pas pratiquante mais je suis venue à Lourdes cette année pour vivre un temps fort de fraternité. Je n’ai pas été déçue ! Et contre toute attente, j’y ai rencontré des bénévoles et des personnes accompagnées de toute confession.

    Pascale, bénévole 

    A l'image de Pascale, les bénévoles sont issus de tous horizons, de tout âge et de toute confession. Leur motivation première est d’accompagner les personnes âgées pour leur permettre de vivre leur pèlerinage avec bonheur et convivialité.

    Un miracle de voir cette belle jeunesse

    Parmi ceux qui ont pu se rendre à Lourdes du 11 au 16 août cette année, nous retrouvons Bernadette, partie avec les petits frères des Pauvres. « C’est très réconfortant d’être à Lourdes. C’est un miracle de voir cette belle jeunesse qui aide les personnes handicapées ».

    Sophie et ses cousines sont éreintées, mais joyeuses. « Notre but était de redonner le sourire. J’ai été heureuse de retrouver la personne malade que j’accompagne depuis 3 ans. Les personnes n’attendent que cette parenthèse. On est là pour elles ».

    Tous promettent de revenir à Lourdes !

     

  • Un ancien château accueille des personnes âgées dépendantes pour les vacances

    Le château de Gigny sur TF1 et LCI

    Le 16/08/2017
    L’association "Les petits frères des Pauvres" permet à des personnes âgées de briser leur isolement pendant l’été. Lors des congés estivaux, leurs proches sont moins présents. Alors au lieu de rester seuls, des bénévoles les accueillent au vert, en Bourgogne.

    Diffusion : TF1, journal de 13h, 11 août 2017

  • L’été aussi, les petits frères des Pauvres luttent contre l’isolement des anciens

    « La vie quand on est seul, c’est le désert. Les petits frères des Pauvres permettent de croiser une oasis sur le chemin. »

    Le 10/08/2017
    Des bénévoles proposent, durant l’été, des sorties aux personnes âgées isolées. Exemple au Loiry, à Vertou.


    Willy, 72 ans (au premier plan), est suivi par René Menet, 81 ans, ici à côté de Marie, 91 ans. 

    Rompre l’isolement le temps d’une journée. C’est ce que proposent les petits frères des Pauvres pendant l’année, mais aussi pendant la période estivale. Plusieurs journées sont ainsi organisées durant l’été. Dans le Vignoble, c’est la section Sèvre Beaulieu de l’association laïque qui s’en charge.

    21 personnes isolées, au Loiry

    « Toute l’année, on rend visite à des personnes âgées isolées. Soit parce qu’elles n’ont plus de familles, soit parce que leurs proches sont loin, ou autres », explique René Menet, bénévole vertavien de 81 ans. « Ces personnes sont dans les maisons de retraite ou des foyers de vie mais aussi pour beaucoup encore chez elles. On organise donc également des actions collectives, comme aujourd’hui, pendant les vacances d’été, à Noël, Pâques… Histoire de les couper de leur routine. »

    Au parc du Loiry, à Vertou, jeudi 3 août, ce sont 21 personnes accompagnées de 11 bénévoles qui se sont rassemblés dans un bâtiment prêté par la municipalité. Au programme : « Des promenades, pour ceux qui le souhaitent, dans le parc, des jeux de société, un repas en commun le midi. Mais ils peuvent aussi juste discuter s’ils veulent… », reprend le retraité vertavien. Avec des anciens âgés de 65 à 93 ans, « ça se passe bien, en général. Même si certains ont un caractère bien affirmé. Mais tous attendent cette sortie impatiemment. »

    « Une oasis dans le désert »

    C’est le cas de Willy. À 72 ans, cet intérimaire à la retraite vit en foyer logement à Saint-Sébastien. Sans les petits frères des Pauvres, il ne verrait pas grand monde. « Je vis seul depuis l’âge de 15 ans. Je connais bien la solitude. Mais à mon âge, ça commence à peser lourd. » Le septuagénaire vient de terminer une partie de Triomino avec une bénévole et deux autres personnes accompagnées.

    Il résume bien la situation : « La vie quand on est seul, c’est le désert. Les petits frères permettent de croiser une oasis sur le chemin. » Il reçoit la visite de René Menet, son visiteur attitré, une fois par semaine, et participe de bon cœur à toutes les sorties qu’organise l’association. « J’ai deux occupations par semaine, c’est mieux que rien. » De fait, lors des sorties collectives, il retrouve des connaissances. Qu’elles soient accompagnées ou bénévoles. « C’est devenu comme une famille », assure-t-il.

    Une famille qui a besoin de bonnes âmes. Car, avec « de plus en plus de personnes isolées, on est toujours en attente de volontaires motivés », rappelle René Menet.

    G.G.

    Source : Vignoble, l'hebdo de Sèvre et Maine


    Deux journées estivales sont encore programmées d’ici fin août au Loiry.

    Un séjour vacances est également au programme à Clisson du 10 au 21 août.

    Contact :

    Les petits frères des Pauvres,
    14, rue César Franck, à Nantes.
    Tél. 02 40 68 96 96.

  • Quand le théâtre rencontre l'équipe de Paris Saint-Maur : ACTE 2

    Rencontre avec l'auteur et metteur en scène

    Comment s'est faite la rencontre...quel a été le rôle des personnes accompagnées...des questions posées à Samuel pour mieux découvrir son projet.

    Interview avec Samuel, l’auteur de la pièce

    Comment as-tu connu les petits frères des Pauvres ?

    J’ai d’abord fait la rencontre de Claude, bénévole de l’équipe de Paris qui s’occupe de l'atelier théâtre et culture à destination des personnes accompagnées. A l’époque je travaillais pour le théâtre de Poche qui donnait des places gratuites à l’association. Puis nous nous sommes revus 2 ans plus tard lorsque j’ai produit Merlin*, spectacle pour lequel nous avons donné des invitations au groupe de Claude. J’ai ensuite rencontré Suzanne, également bénévole auprès de Claude, je leur ai parlé de mon projet, et l’idée de mettre en place des ateliers de théâtre avec les personnes est venue. J’ai participé à plusieurs reprises avec les membres de la troupe, aux petits déjeuners de l’Etape [lieu d’animation petits frères des Pauvres] pour nous présenter puis apprendre à se connaître.

    *Merlin : spectacle de 9h représenté de 2015 à 2016 au Théâtre du Soleil, produit par Samuel et dans lequel Paul-Eloi et Alexandre jouaient déjà http://lapoursuitedubleu.fr/merlin/

    Quelle fut ta première rencontre avec les petits frères des Pauvres et quel(s) souvenir(s) gardes-tu ?

    Claude nous a invité, Paul-Eloi (le comédien principal) et moi-même, à participer à l'atelier théâtre qui a lieu le lundi après-midi rue Léchevin dans le 11ème où se retrouvent bénévoles et personnes accueillies pour échanger sur les spectacles qu’ils ont vu, donner leur avis etc… Je pensais « savoir » qui j’allais rencontrer, des personnes en grande précarité, qui ont connu la rue. Bien souvent, quand on parle de grande précarité, on s’imagine le type qui vit à la rue, déphasé ou en dehors de la société. Sauf que ce ne sont pas ces visages de la pauvreté que j’ai découverts. Nous avons été stupéfaits de rencontrer des personnes cultivées, avec un parcours de vie incroyable, des travailleurs pauvres ou déclassés. Des personnes qui avaient un travail, une vie de famille et qui ont tout perdu à cause d’une perte d’emploi, d’une maladie… Mais pour qui l’accès à la culture reste important.

    L’inversion de la courbe relate le parcours d’un jeune cadre dynamique, pris dans la spirale de la productivité et qui va se faire rattraper par le système. Pourquoi avoir choisi ce thème et pourquoi avoir choisi de parler d’un jeune trentenaire plutôt qu’un Senior ?

    Il y a d’abord la volonté de travailler sur un projet axé sur l’humain, parler d’une cause qui me touche. Avec Brice (co-metteur en scène) nous voulions orienter cette pièce sur la productivité, cette société dans laquelle il faut produire toujours plus, plus vite.

    Et puis sur le fait de ne pas voir la réalité de deux points de vue : d’abord celui des citoyens face à ces personnes en grande précarité. Comme je le disais, on ne s’imagine pas toujours que la personne qui se retrouve à la rue, surtout quand elle est jeune, avait une vie « normale » avant. Peut-être qu’elle n’a pas de famille ou qu’elle n’a plus de lien avec elle.

    Et puis nous trouvions intéressant de parler du point de vue de celui qui vit la situation, de ce dénie dont les personnes rencontrées nous ont parlé. Le « c’est pas si grave… ça va aller » …ou « la situation va s’arranger, je vais m’en sortir » …et puis la honte, le malaise d’en parler à son entourage… jusqu’au jour où tout finit par s’accumuler et qu’il est difficile de trouver de l’aide quand la situation est dépassée. Nous voulions montrer les chemins par lesquels passent les personnes, les obstacles rencontrés. Quant au choix de l’âge du personnage, c’est que si cela peut arriver à un jeune actif alors cela peut arriver à tout le monde. Et j’ai voulu que tout le monde se sente concerné.

    En quoi les personnes accompagnées que vous avez rencontrées ont aidé à l’écriture du projet ?

    Le projet de départ était de proposer des ateliers théâtre et improvisation, pas forcément sur le sujet de la pièce. Mais petit à petit, la confiance naissant, nous avons pu travailler sur le thème et parler de ces parcours de vie. La rencontre avec les bénévoles et le travail que fait l’association, ont aidé au projet également. Tous ces partages sont enrichissants et influencent aussi bien la vie professionnelle que personnelle. Je pense différemment depuis ma rencontre avec les petits frères.

    A lire également :
    Acte I - Rencontre avec la pièce et la troupe
    Acte III - Rencontre avec les personnes accompagnées
    Acte IV - L’inversion de la courbe : quand les petits frères assistent à la pièce


    Du 10 septembre au 3 octobre, 

    la pièce de théâtre aura lieu
    au théâtre de Belleville
    94 rue du Faubourg du Temple
    75011 Paris

    La vente des billets est d'ores et déjà disponible
    Acheter le billet

  • Festivités en Sologne, près du château de Mont-Evray !

    Le 27/07/2017
    Réservez dès maintenant votre hébergement à l’hôtellerie du Centre de Rencontre des Générations

    C'est la saison d'été !
     
    Si vous passez vos vacances en Sologne, n'hésitez pas à réserver votre hébergement à l’hôtellerie du Centre de Rencontre des Générations, un hôtel au charme d'antan qui se situe sur le beau domaine de Mont-Evray à Nouan-le-Fuzelier. C'est le lieu idéal pour passer vos vacances dans un cadre naturel et luxuriant, mais ce n'est pas tout ! Tout au long d'été, la région s'anime.
     
    Ainsi, en plus du confort, des facilites, des services et des activités au sein de l'établissement, vous pourrez visiter les sites d'intérêt dans les environs, notamment les châteaux de la Loire, et profiter de nombreuses animations et festivités qui ont lieu dans la région, pour n'en nommer que quelques-unes :
     
    • Le Tournoi Mondial des Clubs d’équitation, au Parc équestre fédéral, c'est plus grand rassemblement équestre du monde!

    • "Artistes dans l’herbe", une randonnée insolite de 8 km, à Souvigny-en-Sologne. Un véritable atelier en plein air ! 

    • Les Nuits de Sologne - un évènement unique en région Centre. Grande fête et un spectacle original sur le site exceptionnel du Petit Neuteau.

    • "Le Meeting des Propriétaires" au Parc équestre fédéral de Lamotte. Pour découvrir les joies d’un championnat de France !

    • Le 26ème Rassemblement de vieux attelages ruraux à La Marolle en Sologne. Avec des danses, des jeux... et un grand pique-nique.

    • Spectacle équêstre : François 1er, le roi chevalier - les écuries de Chambord. Pour revivre l'histoire à l'époque romantique et chevaleresque : mise en scène de la vénerie, des duels, de l'atelier du maréchal-ferrant, visites du château en calèche...

    Bienvenue à Mont-Evray !

  • « C'est comme si on venait voir son grand-père ou sa grand-mère », témoignages de l'équipe de Nantes dans Ouest France

    Presse / Fraternité Ouest

    Le 26/07/2017
    Le quotidien Ouest France a rencontré les membres des petits frères des Pauvres de Nantes lors d'un barbecue organisé par l'équipe. Ils partagent leurs expériences : visites, vacances, moments collectifs, formations et flexibilité du bénévolat. Un article du 21 juillet 2017 :

    Autour du barbecue, les aînés oublient la solitude

    Les petits frères des Pauvres organisent des activités collectives pour les personnes âgées seules. L'association manque de bénévoles pour les accompagner.

    Le rendez-vous chaque semaine, Monique rend visite à Gisèle. Les deux retraitées discutent et se racontent leurs tracas du quotidien, et parfois, se baladent en ville ou dans un parc. Gisèle ne voit pas grand monde en dehors de Monique, bénévole chez les petits frères des Pauvres depuis un an. Et pourtant, elle a déjà beaucoup de chance de pouvoir partager ce moment de confidence hebdomadaire. 

    L'Association vit de dons et legs et lutte contre l'isolement des personnes âgées depuis plus de cinquante ans, à Nantes. Mais sans ses bénévoles, elle ne peut subsister.

    « On vient donner les fleurs avant le pain, explique Monique, qui participe ce jour-là à un barbecue organisé au siège de l'association, dans le quartier Doulon. Notre travail est d'installer une relation d'écoute et de confiance avec des personnes âgées seules, en situation de précarité ou de handicap. » Pour les petits frères des Pauvres, l'essentiel est de passer un bon moment. Un engagement facile à tenir Jean-François est impliqué depuis six mois dans l'association, depuis son départ à la retraite. Pour cet habitant du centre de Nantes, le bénévolat chez les petits frères des Pauvres est un travail qui tombe sous le sens : « C'est comme si on venait voir son grand-père ou sa grand-mère. »

    Pour le barbecue, Jean-François est venu sans ses grands-parents adoptifs. L'un est absent, l'autre est partie en vacances pour dix jours en Sologne, grâce à l'association. En plus des temps d'écoute, les petits frères des Pauvres organisent des séjours et des sorties à la journée. La semaine prochaine, Gisèle, la protégée de Monique, se rendra à la mer.

    Ce jour-là, au barbecue, la moyenne d'âge est plutôt élevée. Mais, d'ordinaire, les bénévoles sont aussi de jeunes étudiants et des actifs.

    Quel que soit leur profil, ils peuvent tenir leurs engagements vis-à-vis de l'association sans trop de difficultés.

    « Le choix des jours de visite n'est pas fixé. Chacun s'organise en fonction de ses disponibilités », indique Stéphanie Forget, coordinatrice des petits frères des Pauvres, à Nantes.

    Les bénévoles sont appuyés dans leur travail : ils effectuent des formations pour maîtriser les premiers secours ou mieux comprendre le rapport à la mort. De la même manière, ces formations sont dispensées à la carte, même pendant les week-ends. Il reste encore des personnes âgées qui souhaiteraient sortir de leur solitude. L'association manque cependant de bénévoles.

    Louise BALIGUET | 21 juillet 2017 | Ouest France - Nantes

    Jeudi 21 septembre, réunion d'information au restaurant intergénérationnel du Breil, au 31, rue de Malville à Nantes. Tél. 02 40 68 96 96.

  • « On ne les met pas au lit, on les jette »

    Enquête sur le quotidien d’une maison de retraite

    Le 20/07/2017
    Une dizaine d’aides-soignantes de la maison de retraite Les Opalines, à Foucherans, ne travaillent plus depuis 100 jours, dans le silence national absolu.

    C’était un matin comme les autres. Il était 7 heures en salle de relève, le début du service, les filles se tenaient prêtes dans leur uniforme blanc. Quelqu’un croit se souvenir que l’une pleurait déjà, mais pas très fort. Personne n’y faisait attention, l’habitude. La question rituelle est tombée : « Estce que vous êtes au complet ? »

    La réponse, elles la connaissent toutes aux Opalines, un Ehpad – un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes – à Foucherans, dans le Jura. Chaque jour ou presque, les équipes d’aides-soignantes tournent en sous-effectif, pas de remplacement, ni des absentes ni des malades. Et toutes savent comment ça se passe dans ces cas-là derrière les portes fermées des chambres, ce qu’il leur faudra faire pour boucler le service à temps.

    Une deuxième fille s’est mise à pleurer. C’était un matin comme les autres aux Opalines, mais peutêtre le matin de trop. Depuis le 3 avril, une dizaine d’aides-soignantes mènent la grève la plus longue de France dans un silence national absolu.

    Aux Opalines de Foucherans, 77 résidents, il faut savoir où on est. Certains ont vendu leur maison pour entrer ici. « Maman a élevé huit enfants seule, on voulait le mieux pour elle. On a attendu une place deux ans », raconte une fonctionnaire.

    Dans cet établissement privé, les prix surplombent ceux de la région : 2 500 euros par mois contre 1 800 euros en moyenne, notamment dans le public. Le bâtiment a belle allure ; il a été inauguré il y a cinq ans, compte un jardin et de vastes chambres. Dans la salle à manger – on ne dit pas le réfectoire –, le personnel porte nœud papillon et chemise blanche, on sert du vin en carafe et l’apéritif le dimanche.

    Salaires planchers
     

    « Quand papa est arrivé, il était ébloui. Il répétait : “C’est plus beau qu’un hôtel !”, dit un fils. Lui se souvient pourtant d’impressions fugitives, des sonnettes appelant dans le vide, un lit resté souillé, le pas-le-temps, le pas-toujours-très-net. Mais dans ces endroits-là, on ne pose pas vraiment de questions et on n’a pas vraiment de réponses. Chacun regarde ailleurs, espérant se convaincre qu’on ne pourrait pas mieux faire. »

    A Foucherans, aucun mauvais traitement n’a d’ailleurs été signalé, ni rien d’exceptionnel. Le tragique est là, d’une certaine façon : c’est la vie quotidienne dans un Ehpad qu’une poignée de filles à bout de souffle vient soudain de mettre à nu.

    Sur le parking de l’établissement, un vent brûlant secoue la tente des grévistes. On dit « les filles » bien qu’il y ait aussi un garçon, tant le métier est estampillé « boulot de femme », avec son lot d’ingratitudes et ses salaires au plancher : 1 250 euros net à Foucherans, pour des journées de dix heures et deux week-ends travaillés.

    « Les filles », donc, s’efforcent de paraître vaillantes, mais on les sent à cran à plus de trois mois de grève, balançant de l’euphorie au désespoir. A ce stade d’épuisement, elles se sont mises à raconter ce qu’on ne partage pas d’habitude, ou alors seulement entre soi, et encore pas toujours.

    L’une commence, tout doux : « Le matin, on les lève sans leur demander leur avis. On sait déjà qu’on n’aura pas le temps : quinze minutes pour la toilette, l’habillement, le petit déjeuner, les médicaments. Alors, il faut choisir. Est-ce qu’on lave les cheveux ? Ou les dents ? La douche hebdomadaire, c’est rare qu’on la tienne. »

    Certains résidents sont nourris à la cuillère, des plats mixés. « Il m’arrive d’en avoir cinq ou six en même temps », dit une grande brune. Elle tend les bras, mimant le buste qui pivote à toute allure. « J’ai l’impression de faire du gavage. »

    Cadences infernales
     

    Et d’un coup, le piquet de grève ressemble à un confessionnal dans la fumée des cigarettes. « Quand je rentre à la maison, je suis une pile électrique, explique une autre. Je me sens mal d’avoir dit à celui-là : “Dépêchez-vous !” Comment il peut faire, il a 90 ans ! On cautionne. Je culpabilise. »

    Soudain, les images se mettent à défiler sous la tente des grévistes, les couches qu’on change alors que le résident est debout, en train d’avaler son goûter. Tenir la cadence, toujours. Une autre raconte l’angoisse qui monte à mesure que le soir tombe dans les chambres des Opalines.

    « Vous serez là demain ? », demande un homme à l’aide-soignante. Il est dans les choses graves, il veut raconter. La « fille » répond : « Je reviens tout de suite. » Bien sûr, elle ne revient pas. « On ne fait que leur mentir. » Temps du coucher : 3 min 41. « On ne les met pas au lit, on les jette. » Il faut trouver la bonne distance, ne pas s’attacher, recommandent les formateurs. « C’est difficile. On vit dans leur intimité, on leur lave le sexe », dit l’une. Elle se souvient de l’enterrement d’un résident, où elle en avait appris davantage sur lui que pendant ses années à l’Ehpad.

    Il serait rassurant de voir Foucherans comme une exception. Pas du tout. Il se situe dans la moyenne nationale, avec environ 55 professionnels pour 100 résidents. Pas suffisant. Tout le monde sait qu’il en faut au moins 80. C’est le cas en Allemagne ; la Suisse ou les pays nordiques en sont à 1 pour 1. La France, en revanche, n’a entériné aucune norme – question de budget –, et le secteur compte plus d’accidents et de maladies professionnels que le BTP. Sous la tente des grévistes, une dame dépose en solidarité un sac de courses, pris au supermarché en face. Depuis trois mois, « les filles » vivent de collectes et de colis alimentaires. Elles ont de 20 à 50 ans.

    A Foucherans, des résidents appellent les aides-soignantes « les courants d’air ». Des surnoms circulent, « la libellule » ou « la danseuse étoile ». « Vous avez vu comme elles sont fatiguées ? C’est à cause de nous. J’ai honte », dit madame Z., 91 ans. Parfois, elle voudrait qu’on la conduise aux toilettes : « Je vois qu’elles n’en peuvent plus. Alors jefais dans ma couche. »

    Mais surtout, ne rien dire aux enfants. Ne pas les inquiéter. Monsieur D., 83 ans, est le seul à pousser le déambulateur jusqu’au piquet de grève. « On sait que vous allez les voir », lui aurait glissé l’encadrement. Lui se récrie : « C’est mon droit. » Certains auraient été convoqués pour avoir témoigné. « A table, personne n’en parle, on n’a pas de voix là-dedans », dit monsieur D.

    Questions de principes

    Et à leur tour, les résidents évoquent les histoires terribles et minuscules, qui forment ici leur univers. « Ceux dont les proches rouspètent arrivent à se faire entendre. Mais quand on est tout seul, sans visite, sans famille, on n’existe pas », dit l’une.

    Pour l’inauguration de l’Ehpad, en 2012, « les huiles du département avaient été invitées à boire le champagne. Nous, on était parqués au premier étage sans une cacahuète. Rien de grave, bien sûr, mais ça donne une idée de notre place ici », raconte un autre.

    Un grand soir, pourtant, reste dans les mémoires : « la révolte des raviolis ». Deux repas de suite, des raviolis avaient été servis, « et en petite quantité », se souvient une dame. Toute la salle à manger avait posé la fourchette. « On était fières d’eux », dit une aide-soignante. Pour pallier le débrayage, des vacataires ont été réquisitionnés et quatorze résidents transférés provisoirement.

    Au-delà des Opalines, « c’est le système entier qui génère des formes de maltraitance, une situation totalement niée par notre société, explique Pascal Champvert, de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). Je ne vous dirai pas le nombre de politiques qui m’ont expliqué : “Je ne veux pas le voir, ça me fait trop peur.” »

    En 2012, une proposition avait fait scandale : Jean-Marie Delarue, alors contrôleur des lieux de privation de liberté, revendiquait d’inspecter les Ehpad, comme les prisons ou les hôpitaux psychiatriques. « Un risque important existe d’atteintes aux droits fondamentaux, y compris involontaires », plaide Delarue aujourd’hui encore. Refus du gouvernement.

    « ON NE SE BAT PLUS SEULEMENT POUR LES SOUS, MAIS POUR LA DIGNITÉ. »
    ANNE-SOPHIE PELLETIER, PORTE-PAROLE DU MOUVEMENT

    Dans le bureau de Véronique Steff, directrice de Foucherans, on entend gazouiller les oiseaux dans la volière et la télé dans le salon. La directrice est à cran. Elle reconnaît « un planning tendu » depuis des mois, « une fatigue des salariées ».

    Deux postes d’aides-soignantes ont été créés pour tenter d’apaiser la grève, grâce à Pierre Pribile, directeur général de l’Agence régionale de santé, qui finance le volet médical des Ehpad, y compris privés.

    De leur côté, « les filles » ont abandonné une revendication : 100 euros d’augmentation par mois. Les pourparlers buttent encore sur la prime du dimanche, fixée à 23 euros, même pas de quoi faire garder les enfants. Les grévistes demandent qu’elle soit doublée. « Ce n’est pas grand-chose », laisse tomber Philippe Gevrey, directeur général de la SGMR-Opalines, dans une interview au Progrès (il n’a pas répondu au Monde). Mais il y voit une affaire de principe.

    Huitième groupe privé français, la SGMR a prévu des négociations globales pour ses 46 Ehpad à l’automne : pas question de lâcher quoi que ce soit avant. Un accord sur une « indemnité exceptionnelle » pourrait débloquer la situation. « Les grévistes y sont d’autant plus attachées qu’elles veulent la reconnaissance par la direction qu’elles en ont bavé », explique la préfecture. Les filles demandent 600 euros. La SGMR bloque : ce sera 375 euros ou rien du tout.

    « Vocation »

    « On ne se bat plus seulement pour les sous, mais pour la dignité », dit Anne-Sophie Pelletier, porteparole du mouvement. Longtemps, aux Opalines, les filles ne se plaignaient même pas entre elles, par peur d’un conseil disciplinaire.

    Quand elles ont osé le mot « grève », au printemps, « la coordinatrice a posé son stylo et elle a rigolé », se souvient l’une. Puis un cadre leur a lancé : « Vous n’aurez rien, ni aujourd’hui ni demain ni jamais. » Anne-Sophie Pelletier reprend : « On ne s’est pas senties écoutées. » Les autres la regardent comme si elle avait traversé la ligne de feu : « Anne-Sophie est cramée. Qu’est-ce qui lui arrivera après la grève ? Et à nous toutes ? »

    Ici, on se souvient de Melissa, une employée modèle, virée en 2015, alors qu’elle comptait monter une section CGT. « J’ai pas pleuré devant eux, j’ai attendu d’être dans la voiture », dit cette dernière.

    A Foucherans, seules des salariées en contrat à durée indéterminée (CDI) font grève, mais aucune parmi la dizaine en contrat à durée déterminée (CDD). Cynthia ne se le serait pas permis non plus, à l’époque où elle bossait là.

    D’août 2012 à février 2015, elle a enchaîné 79 contrats précaires. Sans permis, sans diplôme, elle ne disait jamais non. Elle a même fini sa vacation le jour de son licenciement, pour une histoire de planning. « Il faut s’écraser. On est des pions », dit-elle. Les prud’hommes lui ont donné raison ; à Melissa aussi. D’autres Ehpad ont déjà fait grève, sans fédérer de revendications nationales. A Foucherans, la CGT et la CFDT ont apporté leur soutien.

    Sous la tente, « les filles » parlent de vocation. « On aime notre travail. » Et puis, il y a les crédits de la maison, de la voiture. « Ailleurs, il faudrait repartir en CDD, ça fait peur. » La grève vient de passer les cent jours, leurs familles en ont pris un coup. Les filles ont envoyé un SOS à la préfecture. « Qu’est-ce qu’il faudrait faire, maintenant ? Qu’une de nous se suicide sur le parking ? »

     

     

     
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