Annonay - des bénévoles s’engagent pour accompagner les personnes âgées dans la précarité

23 mars 2017
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Une équipe locale de l’association Les petits frères des Pauvres s’est installée à Annonay. Son objectif : visiter à leur domicile des personnes isolées de plus de 50 ans. Une thématique qui ne trouvait pas de réponse jusqu’à maintenant sur le territoire.

« Quand on regarde un petit peu autour de soi, on se rend compte qu’il y a beaucoup de personnes âgées en solitude. Je me sens concernée, je ne peux pas rester les bras croisés » témoigne Annie Lamy, 73 ans, bénévole au sein de l’association Les petits frères des Pauvres. Elle débute dans l’association à Lyon, il y a plus d’une décennie. Alors âgée de 55 ans, au chômage, elle décide de réserver ce temps-là – bien que ce soit une mauvaise période pour elle – à apporter de la joie de vivre et de la fraternité aux autres. « J’avais envie de leur apporter une présence bienveillante, qui soit utile. Ma maman était quelqu’un qui était toujours à tendre la main aux autres. Elle nous a élevés dans cet esprit de regarder autour de soi, d’aider les autres. J’étais prête à donner et à recevoir ». Elle reste bénévole durant huit ans dans la région lyonnaise, notamment à Villeurbanne. Devenue annonéenne il y a six ans, elle s’implique aussi dans la vie associative locale, tout en restant en contact avec les petits frères . Alors quand la direction régionale souhaite lancer une équipe locale à Annonay, elle est rapidement au courant, et s’y implique d’emblée. « Quand on voit un sourire ou des yeux qui s’éclairent, la confiance que l’on peut nous faire, c’est formidable. » Alors que « la vieille bénévole » se relance dans l’association, un jeune homme arrive sur la pointe des pieds. Ludovic Abdellali, 29 ans, prépare actuellement ses concours d’entrée aux écoles pour devenir éducateur spécialisé, ou éducateur technique spécialisé. C’est par hasard qu’il tombe sur l’association en faisant des recherches sur Internet. Il en contacte plusieurs et elle est la première à lui répondre. « Dans le cadre scolaire, on m’a conseillé de prendre de l’expérience en faisant du bénévolat. Je n’étais pas obligé de le faire mais Dominique (ndlr : Viallon, adjointe de direction régionale pour Drôme-Ardèche) m’a parlé du projet, et cela m’a intéressé. J’ai déjà travaillé avec des jeunes et un public handicapé, donc je recherchais aussi une autre expérience. » Parmi les points qui l’ont séduit, il y a la devise de l’association, «  des fleurs avant le pain ». En tant que nouveau bénévole, Ludovic va suivre prochainement une formation pour l’accueil des nouveaux bénévoles, une sur l’écoute et il pense en suivre une sur le thème du vieillissement. Des visites à domicile L’association Les petits frères des Pauvres est née en 1946, après-guerre. Reconnue d’utilité publique et non-confessionnelle, son but est de lutter contre l’isolement des plus de 50 ans en situation de précarité. Si de nombreuses façons existent au sein de l’association pour retrouver du lien social, à Annonay, le choix a été fait de visiter les personnes à leur domicile en binôme et en alternance. Ainsi deux bénévoles visitent deux personnes en alternance chaque semaine. « Cela permet d’avoir un regard croisé, de ne pas avoir une surcharge affective avec une personne comme c’est le cas dans du « un pour un » et ça permet aussi de se remplacer pendant les vacances, explique Dominique Viallon, adjointe de direction régionale. Et quand il y a un bénévole qui s’en va, en cas de déménagement par exemple, il y en a toujours un qui est en place, donc pas de rupture dans l’accompagnement ». Une problématique identifiée Le travail de l’équipe locale a débuté le 10 novembre dernier. Afin de connaître les problématiques locales, les bénévoles de départ – Annie, Ludovic et Françoise Boudra rejoints depuis par Laurent Mousset – et Dominique Viallon ont rencontré les autres partenaires médico-sociaux du territoire. « On voulait être sûr de ne pas faire les mêmes actions qu’une autre association », rapporte Ludovic. « La démarche était de savoir ce qu’il existait déjà, avec quelle dynamique, est-ce qu’il était pertinent de créer une équipe sur le domicile ou en établissement etc. » explique Dominique Viallon. Les autres acteurs associatifs leur ont ainsi rapporté qu’ils ont beaucoup de demandes pour accompagner des personnes résidant dans le centre ancien par exemple, alors que des associations interviennent déjà dans les établissements hospitaliers. Grâce à ces contacts, l’équipe d’Annonay va pouvoir aller à la rencontre des personnes isolées. À l’origine de la création de cette équipe locale, il y a une initiative de la Région. Celle-ci constate qu’aucune équipe mise à part dans le Diois n’est présente en Drôme Ardèche. Pourtant le vieillissement démographique est très fort et la précarité importante. De fait, la direction régionale a choisi de se développer sur ces départements en ciblant les villes d’Annonay, Privas, Romans, Valence et le Diois. Côté organisation, Dominique Viallon explique la logistique de l’association. «  Les équipes locales, en les développant, vont s’organiser et devenir suffisamment autonomes pour faire elles-mêmes des liens avec les partenaires, accueillir et intégrer les nouveaux bénévoles, recevoir les signalements, le tout avec le soutien des salariés ». Un réel impact A Lyon par exemple, Dominique et Annie ont œuvré ensemble à Villeurbanne à travers diverses actions pour un accompagnement des plus personnalisés : visites journalières à domicile ou en institution, accueils à la journée (partage de repas, temps de convivialité, projet culturel…), séjours de vacances adaptés en fonction du profil des personnes, interventions en foyers Adoma auprès des retraités migrants, accompagnement des personnes malades, accueil pour les personnes vieillissantes à la rue, actions logement, actions festives ponctuelles. » Dans la fête, on voit de la lumière dans leurs yeux, c’est très valorisant » assure Annie. Pour Dominique, après 20 ans d’activité au sein de l’association, l’impact de l’accompagnement est évident. «  Je suis témoin de petites transformations, de gens qui sont arrivés en commission d’admission, repliés sur eux-mêmes, qui se laissaient aller complètement. Et le fait d’avoir simplement la visite régulière d’un bénévole, avec le sentiment qu’ils pouvaient compter pour et sur quelqu’un, tout d’un coup, ça leur redonne une estime d’eux-mêmes et une confiance en eux. J’ai vu des gens se transformer. » Flora Chaduc - Hebdo-Ardeche.fr - 21/03/2017

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