Au Havre, les petits frères des Pauvres combattent l’isolement

24 août 2015
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Solidarité. Malgré un effectif très réduit, les petits frères des Pauvres ne laissent pas tomber les personnes âgées en situation d’isolement.

«Nos anciens sont la racine de notre vie, il faut les respecter, les aimer et ne pas les oublier». Cette phrase, que prononce Pascal, bénévole chez les petits frères des Pauvres, reflète les actions que l’organisme entreprend au Havre. Implantés dans la ville en 2013, les bénévoles ne manquent pas de travail. «Cet été c’était particulièrement dur. La vague de chaleur de début juillet nous a pris beaucoup de temps», explique-t-il «Les personnes âgées sont vite fatiguées et ne peuvent pas forcément faire leurs courses, par exemple. Nous, on va les aider.» En sous-effectif Avec seulement six bénévoles sur la période des grandes vacances, pour s’occuper d’une dizaine de personnes âgées en situation d’isolement (les « vieux amis », comme ils les appellent), les petits frères des Pauvres du Havre sont clairement en manque d’effectifs. «Idéalement, il nous faudrait une équipe de 20 à 25 membres pour aborder les choses sereinement», avoue Céline, une autre bénévole. Mais le recrutement est difficile aujourd’hui. «Si les petits frères des Pauvres ont mis autant de temps à se réimplanter au Havre [une équipe existait déjà il y a quelques années mais a disparu, NDLR], c’est parce que personne ne voulait être bénévole.» En attendant d’avoir un meilleur effectif, les membres se démènent, n’hésitant pas à sacrifier leurs vacances au profit de longues journées d’accompagnement et d’aide auprès des personnes isolées. «On s’arrange pour rendre visite au moins une fois par semaine à chaque personne. On peut simplement discuter avec elles, aller leur faire des courses, les aider à payer leur loyer ou les emmener se balader, boire un café. Ça leur permet de retrouver le sourire et cela nous rend très heureux», raconte Pascal. Se rencontrer Des actions pour rassembler ces personnes en manque de contact humain sont organisées par l’association sans confession. Outre le traditionnel repas de Noël, les bénévoles ont organisé hier une sortie au restaurant et à la plage pour une dizaine de personnes. «Une d’elles habite au Havre depuis sept ans, elle n’a pas vu la plage depuis quatre ans. Quand on l’a appelé pour lui proposer cette sortie, cela faisait dix jours qu’elle n’avait pas entendu le téléphone sonner. C’est un événement pour chacun d’eux», avoue Céline. Ce genre de sortie permet aussi à ces personnes de prendre contact entre elles et d’établir des liens. «Ça me fait du bien, ça me change de chez moi car je ne bouge jamais », déclare, ravie, Renée, 84 ans. «J’étais vraiment très seule et malheureuse avant de les rencontrer. Ils ont changé ma vie.» Des paroles reprises en chœur par les dix personnes présentes autour de la table comme Catherine et Claude, qui ont pu se rencontrer grâce aux petits frères des Pauvres. Les sorties organisées sont possibles grâce aux dons que peut récolter l’association tout au long de l’année. «On est aussi très soutenu et aidé par la Ville. Il faut le dire car cela ne se fait pas partout», insiste Pascal. Au Havre 23,4 % de la population (40 494 personnes) a plus de 60 ans. 12 169 personnes de plus de 65 ans vivent seules. Selon les estimations, d’ici à 2030, la part de la population Havraise de plus de 60 ans devrait atteindre 29 % de la population. Autant de possibilités de voir des personnes âgées souffrant de solitude extrême, oubliées par leur famille ou leurs amis. «Un bon moyen d’éviter cet isolement est de veiller sur ses voisins!», s’exclame Pascal. En attendant, les petits frères des Pauvres sont toujours à la recherche de nouveaux bénévoles à recruter. Source: Paris-Normandie BENJAMIN LOGEROT

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