Quand l'art prend une dimension humanitaire

22 novembre 2011
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Portraits de personnes âgées de la maison de retraite de Nanterre en plein coeur du quartier d'affaires de La Défense

Ils s’appellent Gérard, Yasmina, Yves, Maïmouna, Denise, Joël, Annick, Moshen …. ils vivent à la maison de retraite du CASH. Ils ont tous connus la rue et les galères ; ils sont touchants, beaux et profonds.   Elle s’appelle Géraldine. Elle est artiste-peintre. Depuis maintenant 3 ans, tous les jeudis après midis, elle franchit le seuil du CASH - Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers - de Nanterre.   Elle longe le centre d’hébergement d’accueil des sans abris où des cars de police de la Préfecture de Paris dépose tous les soirs des SDF qui viennent se doucher, se restaurer, dormir, puis les bâtiments dédiés à la réinsertion sociale. Au terme du parcours, la maison de retraite : tant de solitude que la tâche paraît immense… « Parfois, pour y aller, il faut que je me pousse ! Il y a tant de solitude dans ces lieux  » confie-t-elle. Mais dès qu’elle a franchi les portes vitrées de la maison de retraite, le plaisir des liens noués au fil des années est au rendez-vous : des visages qui s’éclairent, des mains qui se tendent, des paroles qui s’échangent dans une complicité immédiatement renouée. « Etre reconnu, salué, appelé par son nom ou son prénom, recevoir un regard direct, quelques paroles, ce n'est pas dérisoire, ce sont des signes de reconnaissance qui nous  font exister dans la dignité. » Pour la majorité des pensionnaires de la maison de retraite de Nanterre, au terme de parcours de vie douloureux, voire chaotiques, les bénévoles des petits frères sont un lien avec l’extérieur. Les familles n’existent plus depuis longtemps, et parfois, le grand âge et ses handicaps a réduit leur périmètre de vie, jusqu’à le circonscrire aux murs de la maison de retraite, puis à ceux de la chambre. Les chambres, Géraldine, justement, elle les investit. Et les murs des chambres, elle les égaye des portraits qu’elle réalise d’eux, à l'aquarelle ou au pastel. « Pendant qu’ils posent on discute, on parle de tout et de rien. Et quand le portrait est fini, ils sont stupéfaits et très fiers de se reconnaître. C'est un moyen de trouver l'estime de soi ».   Géraldine anime aussi un atelier d’arts plastiques, parfois au CASH, parfois au local des petits frères des Pauvres de Nanterre.  

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