Un nouveau repas extraordinaire à la Fraternité Paris Ouest

06 décembre 2010
articles les plus récents
  • 20 mai 2020
    Déconfinement : n’oublions pas nos aînés isolés et vulnérables !
    Lire l'actualité
  • 19 mai 2020
    Vidéo : un célèbre footballeur surprend Odette, 96 ans, pour son anniversaire
    Lire l'actualité
  • 19 mai 2020
    4 questions sur les obsèques d’une personne seule
    Lire l'actualité
Voir tout

Le 18 novembre dernier à l'occasion de l'inauguration de l'espace repas de la Fraternité Ouest, l'équipe du prestigieux restaurant du Plaza Athénée a célébré en grande pompe l'anniversaire de trois vieilles amies aux anges !

Samia, Aude et quelques anciens dessinent une farandole parmi les tables de la salle à manger habillées de gala : pétales de roses multicolore, nappes et serviettes anis-chocolat striées d'argent, flûtes à champagne remplies d'or… Jean-Claude, le chef cuisinier danse le rock avec Colette. La salle en liesse reprend en cœur La vie en rose… Quelle allégresse rue Bridaine ! C'est bien devant cette double porte à gauche du Café des petits frères que véhicules et mini-bus ne cessent de déposer en fin de matinée, personnes accompagnées, bénévoles, chanteurs, musicien et une partie de la brigade du prestigieux restaurant du Plaza Athénée... Comme au printemps dernier, Samia, chargée de communication organise un nouveau « repas extraordinaire » pour fêter quelques dames âgées dans des locaux flambant neufs. On est vite attiré par la bonté que l'on capte dans le regard de Werner, directeur du Relais Plaza, lorsque micro en main, il présente son pianiste russe. Et s'accorde complice au tempo d'Angela qui psalmodie Couleur café. Il reprend son souffle après un tube d'Aznavour, poursuit avec Strangers in the night. Le blues de sa voix surprend par sa profonde tessiture. L'homme aux multiples talents, la soixantaine élégante impose sa silhouette de Charlton Heston. Et souligne « les revers de fortune de tout un chacun dont celui de Sergueï le pianiste, arrivé sans papiers des années plus tôt». En solo ou en duo avec la blonde sicilienne en taffetas saumon s'enchaînent les succès de Nougaro et Barbara. Durant le show, professionnels jusqu'au bout des ongles, Emeline, Ange, Natacha et Clément en livrée sombre servent à la place un médaillon de risotto sur tartare de Saint-Jacques, suivi d'un pot-au-feu de légumes au canard confit goûteux élaborés en cuisine. Installées à la table d'honneur, les demoiselles dont on immortalise l'anniversaire ne perdent pas une miette du récital festoyant à l'unisson des trente hôtes. Paulette 93 ans, souffle « que les coloris retenus pour les peintures sont gais », ajoute « on s'occupe bien de nous ». France, 98 printemps sourit, « j'ai pris une année de plus, c'est vrai, mais cette joie compense tout ! » Lorsqu'Angela vocalise Que Sera Sera, la mélodie de Doris Day, les lumières s'éteignent. Et le «Merveilleux chocolat», gâteau géant préparé par Christophe Michalak, champion du monde pâtissier chez Ducasse surgit garni de fusées lumineuses ! Alors qu'une chorale de « joyeux anniversaire » s'élève, les reines du jour écarquillent les yeux, radieuses. Fleurs et cadeaux colorent leurs joues en rose. Paulette déguste « le petit Jésus en culotte de velours ! » Philo, directrice de la Fraternité emprunte les mots de Baudelaire son poète favori pour traduire son ressenti, « les parfums, les couleurs et les sons se répondent » puis fredonne Gigi L'amoroso de Dalida. Anne-Marie la présidente témoigne «de ce beau jour de rentrée d'une Fraternité en sommeil avec ses travaux. C'était triste. Là nous sommes dans la lumière. Les sourires sont sur les lèvres. Cela fait plaisir de voir la vie qui revient d'un coup.» Elisabeth présidente de France Bénévolat se félicite « d'être dans toute cette gaieté » alors qu'Angela achève New York, New York. Soudain le rideau tombe sur cet après-midi magique car comme il se doit pour un virtuose de la restauration de luxe, son emploi du temps est minuté. Tel le génie de La Lampe d'Aladin, Werner disparaît emportant avec lui rires et chansons pour rejoindre l'avenue Montaigne. Et superviser l'excellence du dîner… La virtuosité de Michel à l'harmonica, la ferveur de L'hymne à l'amour de Christine résonnent dans toutes les mémoires. Mais c'est Helena « la polonaise » qui remporte la palme de l'émotion : à l'issue de Mama Mia interprété « en hommage à toutes les mamans » c'est spontanément qu'elle offre son bouquet d'anniversaire à Angela. Ivre de gratitude, «merci, je n'ai pas de mot…», sa voix sanglote «Pensez à nous qui sommes sans famille, qui n'avons plus de proches». Sur-le-champ sa générosité fait briller des croissants de larmes dans les regards. Et la vie semble plus belle… Catherine Bretécher.

Dans la même catégorie