Témoignage

Aller vers les plus Pauvres à Mazamet

16 janvier 2011
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Après les festivités de Noël, l'accompagnement ''ordinaire'' reprend ses droits dans les implantations. Témoignage à Mazamet où les petits frères des Pauvres, après de longs mois d'attention et de patience, ont su redonner le goût de l'existence à Ermelinde et Gertrude (1).

Ermelinde Nous avons rencontré Ermelinde un jour du mois de juin 2009. Sa souffrance morale était tellement grande qu'elle avait décidé de se laisser mourir. Je crois pouvoir affirmer que notre accompagnement débuta à point nommé. Devant les difficultés insurmontables qu'elle rencontrait, elle n'avait qu'un seul choix: : crier son désarroi et sa souffrance. Nous l'avons aidée a se reconstruire tout doucement comme on apprivoise un oiseau craintif. Elle nous percevait comme des curieux faisant irruption dans le cocon qu'elle s'était fabriqué. Cocon constitué principalement d'un entassement d'objets hétéroclites mais qui semblaient nécessaires à sa vie. Ne pouvant vivre dans une société qu'elle jugeait trop hostile à son égard, elle s'était retranchée de la vie, se sentant incomprise et rejetée, n'ouvrant sa porte à personne; saisie de panique à la seule vue d'un document administratif. Il a fallu beaucoup de patience avant de tisser un lien ténu mais qui s'est renforcé au fil du temps. Elle vient assidûment à l'accueil, mais se tient encore un peu à l'écart. La blessure n'est pas complétement refermée. Le sera-t-elle un jour ? Elle a fêté Noël avec nous en 2009 et aussi en 2010. Elle nous a avoué ne pas avoir fêté Noël depuis 30ans ! Nous ne désespérons pas de lui faire vivre quelques jours de vacances, sans doute les premières depuis fort longtemps ! Gertrude Gertrude passa la porte de l'accueil, il y a de cela plus de trois ans . Une assistante sociale du Conseil général lui avait sans doute donné notre adresse. Elle attira tout de suite l'attention par son apparence. Gertrude se plaignait beaucoup, se disant victime de l'indifférence de ses enfants, vivant loin de Mazamet. Elle désirait plus que tout vivre libre de toute contrainte de vie sociétale et le revendiquait haut et fort. Elle avait la manière pour captiver et même monopoliser notre attention. Il fallait toujours qu'elle prenne un bénévole à partie, lui demandant constamment ce qu'il aurait fait à sa place en telle ou telle situation. Il était clair qu'elle n'allait pas bien. C'est un euphémisme de dire que cet accompagnement nous interrogeait ! Mais chacun est libre de mener la vie qui lui convient. Gertrude a trouvé chez les petits frères des Pauvres de Mazamet un regard plein d'empathie de telle manière que ses grandes différences ont acceptées. Toujours est-t-il que, le temps passant, elle continue à fréquenter régulièrement l'accueil y trouvant sans doute un peu de chaleur humaine, voire un but. C'est d'ailleurs ce qu'elle revendique constamment. Avoir un but dans sa vie et revivre sa vie professionnelle qui se déroulait suivant ses dires à cent à l'heure! Son état de santé s'étant dégradé, elle a jugé qu'il était temps de mettre un terme à sa vie d'errance et est hébergée dans un EHPAD. Elle y est au moins en sécurité et sous protection. Notre accompagnement continue de façon plus sereine. Venir rencontrer d'autres personnes isolées lui procure sans doute l'envie de continuer son existence si difficile. René Stefani, Président des Amis de Mazamet-Aussillon (1) les prénoms ont étés changés

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