Témoignage

Sylvie B., engagée dans l'accompagnement des malades

01 septembre 2009
Derniers témoignages
  • Yolande, 93 ans, déplore que « les personnes âgées soient infantilisées »

    Je suis en colère parce que j’ai l’impression que les personnes âgées, on les considère comme des personnes vulnérables. ​

    Lire le témoignage
  • Sans cette initiative solidaire, Thérèse, 84 ans, serait coupée de l’actualité

    « Sans l’abonnement à la Voix du Nord, je n’ai aucune information »

    Lire le témoignage
  • Comme Elisabeth, certaines personnes âgées vivent bien le confinement : « j’ai gardé ma bonne humeur ! »

    « Je vis très bien le confinement car j’ai gardé ma bonne humeur ! »

    Lire le témoignage
Voir tout

Assistante maternelle, Sylvie B. a choisi depuis longtemps de s'engager dans l'accompagnement des malades. Un engagement chargé de sens qui la fait se rendre toutes les semaines auprès de malades en unité de soins palliatifs pour les personnes en fin de vie. Pour leur permettre, par sa présence, son sourire, ses gestes et ses mots, de retrouver un peu de la vie du dehors.

Je considère que j'ai eu beaucoup de chance dans la vie. J'ai tellement reçu qu'à mon tour, j'avais envie de donner. J'ai 47 ans, deux enfants âgés de 19 et 25 ans et vis à Nanterre. Cela fait 10 ans que je suis bénévole des petits frères des Pauvres. J'avais déjà accompagné des familles auparavant, des malades du VIH, en soins palliatifs. J'ai à coeur d'être proche des personnes isolées ou des enfants malades. J'ai souhaité continuer dans cette voie. Aujourd'hui j'accompagne les malades en soins palliatifs à l'hôpital de Puteaux. Je m'y rends tous les jeudis soirs où je viens voir des personnes qui ont besoin de présence. Souvent, c'est l'équipe soignante qui me signale ces malades. Tous ont besoin de parler. Qu'il s'agisse du quotidien, de leur famille, de leurs inquiétudes ou leurs souffrances, je suis là, près d'eux. Je leur rends aussi de petits services comme faire les courses, ouvrir une fenêtre, composer pour eux un numéro de téléphone ou tout simplement appeler les soignants. Autant de gestes simples comme des petits bonsoirs qui les aident. C'est ce que je ressens. Beaucoup me racontent leur maladie. J'arrive dans leur chambre avec le sourire, je leur apporte la vie du dehors. Pas besoin de grandes déclarations, de discours de réconfort ou de chercher les mots pour le dire : on peut donner beaucoup de paix par sa seule présence. Je suis heureuse de cet engagement. La Fraternité, ça a un sens. Le sens de l'autre. Et chacun devant la maladie est unique. L'isolement des malades est tellement difficile à vivre. L'espace d'un instant, je suis avec eux, ils ne se sentent plus aussi terriblement seuls. Je rends visite aussi aux accompagnants, c'est-à-dire les familles de ces malades. Ils sont parfois très démunis ou désemparés face à la maladie. Il y a un mois, je suis restée près d'une dame dont le mari allait mourir. J'ai transmis le lendemain ce qui s'était passé dans la relation avec la personne au bénévole qui prendra ma suite. Tous les 15 jours, au sein d'un groupe de parole composé de bénévoles comme moi, j'exprime ce que je peux ressentir, ce que j'ai pu vivre et faire part ainsi de mon expérience en bénéficiant de celle des autres. Des gens à écouter, des gens à qui parler, c'est tellement important. » Propos recueillis par Laurence Cinq-Fraix  

Autres témoignages