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2/2 : Bénévolat dédié aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, à leur domicile, et aux aidants familiaux

En ce Paris enneigé, rencontrons Pierrette, 70 ans, et sa sœur aidante, Rafqa, 71 ans, d’origine libanaise, et qui ''ont, dans leur nature et dans leur culture, une magnifique hospitalité''

Suivons Christine, 51 ans, en activité professionnelle, un mari patron de sa petite entreprise, deux enfants, et en même temps, oui, bénévole d’accompagnement auprès d’une personne âgée atteinte d’Alzheimer, et soutien de sa sœur aidante.

Pierrette :
'' Ma vie professionnelle était très responsable et engagée !
J’ai été en France infirmière réanimatrice en soins intensifs, et une des premières au Liban''
!

Rafqa:
'' Quand on lit, on perçoit ce qui est au-dedans de soi.
Chacun a un regard différent, en fonction de ce qu’il a vécu ou pressenti''

Dans son châle de laine, la sœur-aidante Rafqa nous ouvre la porte et nous accueille avec force sourires francs :
- Asseyez-vous, mettez-vous à l’aise ! Alors comme ça, vous affrontez le froid pour venir nous voir !
- Oui, mais ça vaut le coup ! La preuve : il fait bien chaud chez vous !

D’emblée, partage de rires et de sourires ! Comme tu me l’as dit, Christine, nous sommes effectivement magnifiquement accueillies !

Pierrette est assise sur un petit canapé. Présente et attentive à notre entrée, on perçoit d’emblée qu’elle délègue volontiers à sa sœur aidante la responsabilité d’accueillir. Mais c’est avec un vrai plaisir qu’elle fait la bise à Christine, et donne sa main à la mienne tendue.

Rafqa, manifestement vive et ravie de recevoir, s’engage dans une succession de paroles qui retracent leur récente actualité :  '' La nouvelle infirmière à domicile, pas terrible. Elle est trop pressée. Elle veut administrer les médicaments à ma sœur alors qu’elle a encore le ventre vide. Non, je refuse que Pierrette prenne ses médicaments à la va-vite, n’importe comment''.

Rafqa enchaîne :
''' Et la semaine dernière, je vous l’ai raconté au téléphone, Christine, il y a eu une femme qui est venue sonner à notre porte avec une insistance qu’on ne peut même pas imaginer. J’avais beau ne pas ouvrir, elle continuait d’insister et de sonner et de sonner. Je suis méfiante à l’égard d’une tentative d’introduction. Finalement, j’ai appelé la police pour mettre fin à cet agissement. Bien m’en a pris parce que depuis, elle n’est jamais revenue sonner ici, c’est fini. C’est que ma sœur, c’est moi qui la protège''' !

Christine, consciente des bienfaits de paroles libérées, les respecte et les laisse se développer. Elle entend bien la vigilance de Rafqa pour faire respecter leur espace privé.

Puis Christine reprend la parole pour la restituer à Pierrette :
- Et toi, Pierrette, qu’est-ce que tu nous racontes de beau ?
- Oh, je vais bien !

Puis, me regardant, Pierrette poursuit :
Je suis désolée de vous recevoir comme ça, avec mon peignoir
- Mais on se sent toutes si bien, dans ces lainages, qu’on a le droit de s’y pelotonner, même en journée !

Et, maintenant que Rafqa passe en cuisine pour faire chauffer l’eau d’un thé ultra- sélectionné, Pierrette s’engage dans une évocation spontanée de son passé. Je reçois comme une exquise politesse cette présentation de qui elle a été, et de ce qui constitue toujours une partie importante de son identité.
Oui, j’étais infirmière en chef
- Ils appellent ça maintenant cadre de santé, c’est ça ?
- Oui, quelque chose comme ca.

Et Pierrette de nous raconter avec plaisir et fierté l’exercice de sa profession d’infirmière. Comment elle a contribué à créer, dans les années 70, la pratique hospitalière des soins intensifs au Liban :

'' Ma vie professionnelle était très responsable et engagée ! J’ai été en France infirmière réanimatrice en soins intensifs. J’avais une grande indépendance. En même temps, je dirigeais une équipe d’infirmières. Parfois, quand elles paniquaient, j’avoue que j’étais un peu dure avec elles.  Non, ce n’est pas dans la panique qu’on peut soigner les autres et les sécuriser. C’est en restant calme soi-même qu’on peut calmer les autres et les rassurer. Et ça on ne peut pas le faire si soi-même on ne sait pas se contrôler ! ''
Comme on vous entend, Pierrette ! Vous avez pratiqué un noble métier. Maintenant, vous ne l’exercez plus, mais la noblesse, elle est là, elle reste là, en vous, et elle s’entend, et elle se voit !

Et voilà Rafqa revenant les bras chargés d’un plateau mirobolique, contenant théière ... et bûche pâtissière :
Vous allez m’en donner des nouvelles !
- Oh oui, on veut bien vous en parler ... après avoir dégusté ! Merci Pierrette et Rafqa !

Rafqa, toute à la joie de ce partage convivial inscrit dans sa culture, dans ses valeurs, évoque elle aussi des éléments de son passé.:

Eglise Saint Georges au Liban à laquelle se rendait Rafqa personne accompagnée'' Au Liban, nous, chrétiennes maronites, on allait à l’église Saint Georges. Mais de chez nous, on entendait et comprenait en arabe libanais les appels à la prière des musulmans pour se rendre à la Mosquée. Les textes de la religion musulmane sont magnifiques, comme le sont les textes sacrés de la Bible''.
Oui, Rafqa, on perçoit bien votre grand respect et votre grande ouverture à toutes les formes de spiritualité.

Les échanges se poursuivent, sur des sujets aussi passionnants que variés. Entre deux gorgées, Rafqa se met à nous citer avec un gracieux à propos des citations de Molière, et du romantique Alfred de Musset.
Rafqa, quelle mémoire vous avez !
- Non, c’est juste que je lis, et que je relis ! Quand on lit, on perçoit ce qui est au-dedans de soi. Chacun a un regard différent, en fonction de ce qu’il a vécu ou pressenti.

Le regard pétillant de Pierrette, alternativement sur sa sœur, puis sur nous qui la convions aux échanges, dit bien la joie d’ ''être là'' avec nous et avec Rafqa. En ces moments de liens humains qu’offre ta présence bénévole, on comprend, Christine, que tu nous aies dit d’elles, d’emblée '' C’est une chance de les avoir rencontrées'' ! Et c’est aussi une chance qu’elles t’aient ! Comme vous vous êtes bien trouvées, dans cette réciprocité d’humanité !

Oh, quelques flocons de neige se remettent à tomber. Et la nuit ne va pas tarder à tomber. Mais qu’est-ce qu’il est passé vite, ce temps de vous retrouver ! Oh, d’accord, manteau plus écharpe, plus gants, plus bonnet, faut pas être pressé ! Ca nous accorde le plaisir d’un petit peu prolonger ce temps d’amitié !

Pour ce départ, ce ne sont pas les mains qui se sont tendues, mais les joues rosies par la chaleur d’une complicité sans cesse renouvelée.

* * * * * * * * * * * * * * *

Nous voilà de nouveau dans la cour-jardin immaculée de neige. Christine, enjouée, m’entraîne ''là où ça laisse les traces des pas, génial la poudreuse !''

Christine, tu as ''la pêche'' et le sourire !
'' Ce qui me fortifie, c’est de vérifier que toutes les personnes âgées conservent des capacités. Il leur reste des capacités. Pas les mêmes pour toutes. La maladie d’Alzheimer, c’est juste un handicap particulier mais la personnalité reste, elle continue de s’exprimer''.

Christine poursuit , tout en accumulant un peu la neige sur ses chaussures :
'' Parfois, j’ai du mal à ''suivre le fil''! Pierrette évoque avec plaisir ses souvenirs les plus chers. 1 souvenir, 1 tiroir. Et parfois, ça passe de l’un à l’autre sans que j’aie pu anticiper cette ballade d’un moment lointain du passé à un moment plus récent. Beaucoup de monologues. Moi, je reste à l’écoute. Le passé est là, mais aussi le présent, et il reste toujours une capacité et un vrai plaisir à partager de très bons moments'' !

Nous voilà sorties de la résidence hlm parisienne. Le chemin de neige improvisé, qu’est-ce qu’on l’a bien tracé !

Bon, là, je vais prendre le T3 ! Christine, on est en janvier. Avant que tu ne prennes un bus pour retourner chez toi, il est encore temps pour toi d’émettre un vœu !
'' Oh, c’est vite vu ! Pour mon bénévolat, je voudrais avoir plus de disponibilité. Je viens visiter Pierrette et Rafqa seulement 1 après-midi tous les 15 jours. En plus de mon travail, les week-ends, j’aide mon mari qui a son entreprise à tenir sa comptabilité, à suivre les déclarations fiscales, l’urssaf, etc. Je le fais bien volontiers, mais ça prend du temps. Or je n’ai pas de bénévole ''binôme'' qui pourrait me relayer''.

Alors ton vœu ?
'' Beaucoup de moments heureux pour Pierrette et Rafqa, encore plus de temps avec elles, et de nouveaux bénévoles qui rejoignent notre équipe en y trouvant le même honneur et la même joie que j’ai à réaliser ce bénévolat'' !

We blow to you a kiss, Christine !

Envie de devenir bénévole ? Contact :
myriam.briez@petitsfreresdespauvres.fr

Communication Fraternité Accompagnement des Personnes Malades
accompagnementdesmalades@petitsfreresdespauvres.fr
Maryvonne Sendra

 

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