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Etre bénévole en milieu carcéral auprès de personnes gravement malades

La maladie grave et la fin de vie en prison, un enjeu de société

''J'ai toujours considéré que la mission assumée par les bénévoles qui vont dans les prisons est essentielle. Aller au-devant des détenus, c'est l'un des témoignages de solidarité humaine les plus forts qu'il soit''.

Un recueil de témoignages de bénévoles (accessible en pièce jointe) a été publié par les petits frères des Pauvres.

Préface de Robert Badinter, Ancien Garde des Sceaux, Ancien président du Conseil Constitutionnel

« Premier constat : La population pénale a vieilli indiscutablement au cours des trente dernières années. Toutes les données montrent que l’on a plus de condamnés, à des peines plus longues et qui s’y trouvent  plus vieux dans les enceintes de la prison. Conséquence du vieillissement de cette population : la demande de soins s’accroît. De tout temps évidemment, la population carcérale a été sujette à des maladies. Mais le fait d’avoir une population plus âgée ajoute à cette demande de soins, la particularité d’accompagner des personnes détenues jusqu’aux soins ultimes, les soins palliatifs.

Deuxième considération : la solitude. La prison détruit les liens sociaux. Communément, au bout d’un certain nombre d’années, les membres de la famille qui venaient, ceux qui s’intéressaient aux détenus disparaissent, et la solitude va croissante avec le temps qui s’écoule.

J’ajouterai une des caractéristiques de la situation pénale actuelle : le nombre impressionnant de détenus, notamment en longue peine, qui sont en état de ce qu’on appelle pudiquement la « souffrance mentale », c’est-à-dire atteints d’affections psychiques ou psychiatriques. Savez-vous que 35 à 42% de ceux-ci sont gravement malades et que 10% de ces détenus sont affectés de troubles mentaux les plus graves, pour lesquels la peine a perdu tout sens ? Voilà un des chiffres les plus terribles que je connaisse sur la réalité carcérale.

Beaucoup a été fait sur les soins en prison, les choses se sont améliorées grâce aux personnels soignants, notamment à l’hôpital de Fresnes.

Il est évident que la demande de soins, c’est aussi l’expression de l’angoisse carcérale inévitable, au-delà même de ce que serait la demande de soins hors de prison. On se trouve ici en présence d’un appel au secours extraordinaire. S’ajoute à cela le besoin si puissant de tous les êtres humains qu’on s’intéresse à eux.

J’ai toujours considéré que la mission assumée par les bénévoles qui vont dans les prisons est essentielle. Oui, aller au-devant des détenus, c’est l’un des témoignages de solidarité humaine les plus forts qu’il soit. Cela demande de prendre de son temps, du temps que l’on consacre à ceux que l’on aime, pour le passer avec des inconnus. Chacun de nous doit pouvoir répondre à sa manière à ce besoin essentiel de solidarité envers les détenus.

Je connais depuis longtemps les petits frères des Pauvres. Voici quarante ans que je suis leur action et que je la considère très précieuse. A tous, je dis simplement : merci, continuez ». 

      En fraternel hommage
      Robert Badinter

Contact les petits frères des Pauvres, Equipe d’Action Spécifique
Accompagnement de Personnes Malades : 
Tél : 01 48 06 45 00 / accompagnementdesmalades@petitsfreresdespauvres.fr

En savoir plus : /nos-actions/accompagner-des-personnes/personnes-detenues-vieillissantes,-gravement-malades-ou-en-fin-de-vie.html

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