Plan d’Épargne Retraite (PER) ou assurance-vie ? Ces deux placements phares de l’épargne en France répondent à des logiques différentes mais poursuivent des objectifs complémentaires : préparer l’avenir, optimiser la fiscalité et organiser la transmission de son patrimoine. Le PER, issu de la loi Pacte, privilégie l’épargne longue et la défiscalisation à l’entrée, tandis que l’assurance-vie séduit par sa souplesse, sa disponibilité et ses avantages successoraux. Comprendre leurs différences est essentiel pour bâtir une stratégie patrimoniale adaptée à son profil, ses besoins de liquidité et ses projets de transmission.
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) et l’assurance-vie occupent une place centrale dans l’épargne individuelle en France. Ces deux dispositifs constituent des leviers essentiels de capitalisation, de préparation à la retraite et de transmission patrimoniale, mais ils reposent sur des logiques distinctes.
Le PER, instauré par la loi Pacte de 2019, a simplifié et modernisé l’épargne retraite en remplaçant les anciens régimes tels que le PERP, le contrat Madelin, le Perco ou encore les régimes collectifs antérieurs. Désormais, il se décline en plusieurs formules : PER individuel, PER d’entreprise collectif et PER d’entreprise obligatoire, afin de s’adapter aussi bien aux particuliers qu’aux salariés ou travailleurs indépendants. Son objectif principal est clair : favoriser une épargne bloquée en vue de la retraite, tout en offrant des avantages fiscaux immédiats à l’entrée.
L’assurance-vie, plus ancienne et déjà largement adoptée par les épargnants, conserve un rôle majeur grâce à sa souplesse de fonctionnement. Elle permet de placer son épargne sur différents supports (fonds en euros sécurisés ou unités de compte plus dynamiques), de retirer les sommes investies à tout moment et de profiter d’une fiscalité avantageuse au-delà de huit ans de détention. Surtout, elle constitue un outil incontournable de transmission patrimoniale, bénéficiant de règles fiscales spécifiques qui la distinguent des autres placements.
Si ces deux produits partagent la double vocation d’épargner et de transmettre, leurs régimes fiscaux, leurs niveaux de liquidité et leurs modalités de sortie diffèrent profondément. Ces différences structurent les stratégies patrimoniales et conduisent souvent à combiner PER et assurance-vie afin d’optimiser à la fois la préparation de la retraite et l’organisation successorale
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) est spécifiquement conçu pour la préparation de la retraite. Pendant la phase d’épargne, il est possible d’effectuer des versements volontaires, qu’ils soient réguliers, programmés ou ponctuels, selon la capacité d’épargne de chacun. Ces versements sont ensuite investis sur différents supports financiers, choisis en fonction du profil de risque et de l’horizon de placement. Deux modes de gestion sont proposés : la gestion pilotée, où l’épargne est automatiquement répartie et sécurisée à mesure que l’âge de la retraite approche, et la gestion libre, qui permet de sélectionner soi-même les supports d’investissement.
L’épargne constituée est en principe indisponible jusqu’à la liquidation des droits à la retraite du souscripteur ou de l’âge légal de départ à la retraite (entre 62 et 64 ans selon l’année de naissance). Toutefois, la réglementation prévoit certains cas de déblocage anticipé, parmi lesquels figurent l’invalidité, le décès du conjoint ou du partenaire de PACS, le surendettement, l’expiration des droits au chômage ou encore l’acquisition de la résidence principale. À la liquidation, le capital accumulé peut être perçu sous forme de rente viagère, de capital unique, ou d’une combinaison des deux, offrant ainsi une souplesse dans l’utilisation des fonds au moment de la retraite.
L’assurance-vie, de son côté, se distingue par une flexibilité beaucoup plus grande. Les versements peuvent être réalisés à tout moment, qu’ils soient libres, programmés ou complémentaires, sans condition de régularité. Les sommes placées restent disponibles et peuvent être récupérées à tout moment grâce à un rachat partiel ou total, ce qui en fait un outil d’épargne liquide et adaptable aux besoins de court, moyen ou long terme.
Les fonds investis se répartissent entre deux grandes catégories :
Ces derniers offrent un potentiel de rendement supérieur mais s’accompagnent d’un risque de perte en capital. Le souscripteur a la possibilité de choisir la durée du contrat, d’arbitrer entre les supports au gré de l’évolution des marchés et, au terme, d’opter pour une sortie en capital ou en rente viagère.
L’un des atouts majeurs de l’assurance-vie réside dans sa fiscalité avantageuse après 8 ans de détention : les rachats bénéficient d’un abattement annuel sur les gains et d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU) réduit, ce qui en fait un produit à la fois souple et fiscalement optimisé.
Le PER , s’il est souscrit sous forme d’une assurance, et l’assurance-vie participent tous deux à la préparation de la transmission. Le souscripteur peut désigner des bénéficiaires qui recevront le capital ou la rente en cas de décès.
La clause bénéficiaire doit être rédigée avec précision et peut inclure des bénéficiaires subsidiaires afin d’anticiper les évolutions familiales. Cette clause peut rester confidentielle jusqu’à la succession et doit être actualisée en cas de mariage, PACS, divorce ou naissance.
L’assurance-vie se distingue par une fiscalité successorale particulièrement avantageuse, avec des abattements spécifiques lors du décès (152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans et 30 500 € globaux pour les primes versées après 70 ans pour les contrats souscrits à compte du 13 octobre 1998).
Le PER, bien qu’utile pour la transmission, ne procure pas les mêmes avantages fiscaux. Toutefois, en cas de décès après 70 ans, certaines règles proches de celles de l’assurance-vie s’appliquent si le PER prend la forme d’un contrat d’assurance de groupe.
L’atout principal du Plan d’Épargne Retraite (PER) réside dans la déductibilité fiscale des versements. Les sommes versées sur un PER peuvent être retranchées du revenu imposable, ce qui entraîne une baisse directe de l’impôt sur le revenu. Cette déduction est toutefois encadrée par un plafond annuel.
Pour l’année 2025 (déclaration des revenus 2024), le plafond de déduction correspond au montant le plus avantageux entre :
Ce dispositif s’avère particulièrement favorable pour les contribuables imposés dans une tranche marginale d’imposition élevée (par exemple 30 %, 41 % ou 45 %). Chaque versement réalisé sur le PER vient réduire le revenu imposable et procure une économie d’impôt immédiate, proportionnelle au taux marginal d’imposition. Ainsi, un versement de 10 000 € permet une réduction d’impôt de 4 100 € pour une personne imposée à 41 %, ce qui rend l’effort d’épargne beaucoup plus supportable.
À l’inverse, pour les contribuables faiblement imposés ou non imposables, l’avantage fiscal est limité, voire inexistant. Dans ce cas, il peut être opportun d’opter pour des versements non déductibles : ils n’ouvrent pas droit à une économie d’impôt immédiate mais bénéficient d’une fiscalité allégée à la sortie.
Ce mécanisme de déduction constitue donc un levier puissant de pilotage fiscal et patrimonial, incitant à programmer des versements réguliers afin de lisser l’effort d’épargne et de maximiser l’avantage fiscal dans le temps.
L’assurance-vie ne permet pas de déduire les versements à l’entrée mais offre un cadre fiscal favorable sur le long terme. Les produits générés (plus-values, intérêts) capitalisent sans imposition tant qu’ils demeurent investis dans le contrat.
Après 8 ans, les rachats bénéficient d’un abattement annuel sur les gains (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé).
En cas de décès et pour les contrats souscrits à compter du 13 octobre 1998, les primes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, tandis que celles versées après 70 ans sont soumises aux droits de succession après application d’un abattement global de 30 500 €.
Pour le PER, à la liquidation, le souscripteur peut choisir une sortie en capital, en rente viagère ou une combinaison des deux.
L’imposition dépend du choix effectué au moment des versements :
En cas de sortie en rente viagère, celle-ci relève du régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction est imposable, proportionnelle à l’âge lors de la conversion et soumise aux prélèvements sociaux.
Pour l’assurance-vie, l’imposition dépend de l’ancienneté du contrat. Avant huit ans, les gains sont imposés au PFU ou au barème progressif. Après 8 ans, l’abattement annuel s’applique, et seuls les gains excédentaires sont taxés. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. En cas de décès, les règles successorales exposées précédemment s’appliquent.
Une clause bénéficiaire imprécise ou non actualisée peut fragiliser la transmission et ouvrir la voie à des contestations. Pour l’éviter, il convient de préciser sans ambiguïté l’identité des bénéficiaires en mentionnant leurs noms, prénoms et adresses, d’anticiper les aléas en désignant des bénéficiaires de second rang (par exemple, les petits-enfants si un enfant renonce ou est prédécédé), et de vérifier la cohérence entre la clause et un éventuel testament afin de prévenir toute contradiction.
Il est également possible d’avoir recours à des dispositions plus élaborées, telles que le démembrement de propriété sur le capital décès, consistant à désigner un usufruitier et un nu-propriétaire, pour adapter la transmission aux besoins spécifiques de la famille.
Si la clause bénéficiaire peut paraître simple à rédiger, elle recèle en réalité de nombreuses subtilités. Une formulation maladroite ou trop vague peut suffire à affaiblir l’efficacité de l’assurance-vie et générer des tensions au moment de la succession.
L’intervention d’un notaire ou d’un conseiller en gestion de patrimoine permet de sécuriser sa rédaction et de replacer la clause dans une stratégie patrimoniale globale.
Le notaire prend en compte l’ensemble des paramètres qui influencent une succession : régime matrimonial, clauses éventuelles d’un contrat de mariage, donations déjà consenties, réserve héréditaire et quotité disponible. Son rôle consiste à veiller à ce que les volontés exprimées s’articulent correctement avec les droits protégés des héritiers.
Au-delà de l’aspect juridique, le notaire éclaire les choix patrimoniaux selon les objectifs poursuivis : protection du conjoint, égalité entre enfants, accompagnement d’un proche vulnérable, ou encore soutien à une œuvre d’utilité publique. Chaque objectif nécessite une rédaction et une anticipation fiscale adaptées. L’expertise professionnelle permet ainsi de transformer une intention en une disposition à la fois juridiquement sûre et fiscalement optimisée.
L’accompagnement d’un spécialiste garantit que la clause bénéficiaire s’inscrive dans une approche cohérente de la succession, réduit les risques de litiges familiaux et maximise les avantages fiscaux propres à l’assurance-vie.
Pour plus de sécurité, l’existence d’un PER ou d’un contrat d’assurance-vie peut être mentionnée dans un testament, ce qui garantit une meilleure lisibilité pour les héritiers et les bénéficiaires.
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) et le contrat d’assurance-vie constituent deux outils majeurs d’épargne retraite, de préparation successorale, de défiscalisation et de sécurisation patrimoniale. Ils se révèlent souvent complémentaires selon les objectifs poursuivis, l’âge, la situation fiscale et les besoins de liquidité.
Le PER présente un intérêt particulier pour la constitution d’une épargne retraite à long terme. Il permet de réduire le revenu imposable grâce à la déduction des versements et offre plusieurs modalités de sortie (capital, rente viagère ou combinaison des deux). Son principal inconvénient demeure sa liquidité limitée avant le départ en retraite, hormis certains cas de déblocage anticipé, ainsi qu’une fiscalité successorale moins avantageuse que celle de l’assurance-vie.
L’assurance-vie, plus flexible, convient aussi bien à des projets de moyen que de long terme, avec la possibilité de retirer tout ou partie du capital investi. Elle procure des avantages fiscaux notables à la sortie (abattements après huit ans) et au décès (abattements successoraux avantageux, transmission optimisée). Elle constitue ainsi un instrument privilégié dans une stratégie patrimoniale globale, alliant épargne, transmission et soutien éventuel à une cause associative.
La combinaison des deux produits offre une approche équilibrée : le PER consolide les droits à la retraite dans un cadre fiscal incitatif, tandis que l’assurance-vie garantit la souplesse, la défiscalisation à long terme et une transmission facilitée.
Leur choix et leur articulation nécessitent par ailleurs une attention particulière portée aux frais de gestion, à la qualité des supports proposés (fonds en euros, unités de compte, SCPI, supports ISR), aux modalités d’arbitrage, ainsi qu’aux conditions spécifiques liées au statut professionnel (salarié, travailleur non salarié, cadre, entreprise avec abondement ou participation).
Les chargés de relations testateurs se tiennent à votre disposition pour vous rencontrer et vous guider en toute confidentialité.
Vous pouvez les contacter au 01 49 23 13 48
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Vous pouvez transmettre sans frais de succession la totalité, une partie de vos biens ou un objet en particulier aux Petits Frères des Pauvres.
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