Succession et abattement : comment optimiser la transmission de votre patrimoine ?

La préparation d’une succession est une démarche essentielle qui vise à protéger vos héritiers et à assurer une transmission de vos biens conforme à vos souhaits. L’un des piliers de cette préparation est la maîtrise des règles fiscales dont les abattements applicables.

Une bonne connaissance des règles et lois en vigueur permet d’activer les leviers les plus pertinents pour maximiser le patrimoine transmis. Il s’agit d’une véritable stratégie patrimoniale à mettre en place le plus en amont possible, pour garantir la sérénité de vos proches.

Les abattements sur les droits de succession : principes et barèmes

Lorsqu’une personne décède, la valeur de son patrimoine est transmise à ses héritiers. Cette transmission est soumise à une taxation dont les modalités sont encadrées par la loi.

Droits de mutation à titre gratuit : qui en bénéficie ?

Les droits de succession font partie de ce que l’on nomme les droits de mutation à titre gratuit (DMTG). Cette catégorie fiscale englobe toutes les transmissions de patrimoine sans contrepartie financière, c’est-à-dire les successions (après un décès) et les donations (de son vivant). Les règles d’abattement et les barèmes d’imposition sont d’ailleurs souvent identiques dans les deux cas.

La part d’héritage qui revient à chaque héritier est en principe imposable. Cependant, la loi a prévu des cas d’exonération totale pour protéger certains proches. Ainsi, le conjoint survivant ou le partenaire de Pacs du défunt est intégralement exonéré de droits de succession. Quelle que soit la valeur du patrimoine transmis, il n’aura aucun impôt à payer.

Pour tous les autres héritiers, c’est le système des abattements qui s’applique avant le calcul de l’impôt.

Abattements selon le lien de parenté avec le défunt

Le montant de l’abattement de succession dépend directement du degré de parenté entre le défunt et l’héritier. Plus le lien est proche, plus l’abattement est important.

Voici les principaux abattements en vigueur :

  • En ligne directe (enfants, petits-enfants, parents) : Chaque enfant (vivant ou représenté) bénéficie d’un abattement de 100 000 € sur la part d’héritage reçue de chacun de ses parents. Seules les sommes excédentaires sont soumises à l’impôt.
  • Frères et sœurs : Un abattement de 15 932 € est applicable sur la part de chaque frère ou sœur.
  • Neveux et nièces : L’abattement pour un neveu ou une nièce est de 7 967 €.
  • Autres héritiers : Pour une personne sans lien de parenté avec le défunt, l’abattement est symbolique et se limite à 1 594 €.

Après application de l’abattement, la part taxable est soumise à un barème progressif, dont les taux augmentent par tranches.

Donations de votre vivant : anticiper pour réduire les droits successoraux

La donation est l’outil le plus puissant pour anticiper sa succession et optimiser la fiscalité. Elle permet d’aider ses proches au moment où ils en ont le plus besoin, tout en profitant de mécanismes fiscaux avantageux.

Abattements en cas de donation aux enfants ou petits-enfants

Le principe est simple : pour les enfants, les abattements applicables aux donations sont les mêmes que ceux prévus pour les successions. Ainsi, chaque parent (donateur) peut donner à chaque enfant (donataire) jusqu’à 100 000 € sans qu’aucun droit ne soit à payer. Un couple peut donc transmettre 200 000 € à chaque enfant en franchise d’impôt. Les grands-parents peuvent également donner à chaque petit-enfant jusqu’à 31 865 €, et jusqu’à 5 310 € à chaque arrière-petit-enfant sans qu’aucun droit soit à payer.

L’un des avantages majeurs est que cet abattement est renouvelable tous les quinze ans. Une stratégie de donation mise en place tôt permet donc de transmettre une part importante de son patrimoine en échappant totalement à l’impôt. À noter que les donations sont, sauf exception, irrévocables.

Principe du non-rappel fiscal et fiscalité applicable

La règle des quinze ans est fondamentale dans toute stratégie de transmission du patrimoine. On parle de « rappel fiscal » des donations antérieures.

  • Si une donation a été consentie depuis moins de 15 ans au jour du décès, elle est réintégrée fiscalement dans la succession. L’abattement utilisé lors de la donation vient alors en déduction de l’abattement successoral disponible. Par exemple, si un parent a donné 60 000 € à son enfant il y a 5 ans, au moment de la succession, l’enfant ne bénéficiera plus que d’un abattement de succession de 40 000 € (100 000 € – 60 000 €). Si la totalité de l’abattement a été utilisée, les droits sont calculés directement sur la part d’héritage.
  • Si la donation date de plus de 15 ans, elle n’est plus prise en compte. L’héritier bénéficie à nouveau de l’intégralité de son abattement de 100 000 €.

Anticiper en effectuant des donations le plus tôt possible permet donc aux héritiers de profiter pleinement de la règle du « non-rappel fiscal » et des tranches les plus basses du barème d’imposition, réduisant ainsi significativement leurs droits de succession.

Hériter hors ligne directe : abattements et fiscalité spécifiques

Lorsque la transmission ne se fait pas en ligne directe, les abattements sont plus faibles et la fiscalité rapidement plus lourde.

Frères, sœurs, neveux, nièces : quelles exonérations ?

Comme vu précédemment, les frères et sœurs bénéficient d’un abattement de 15 932 € et les neveux et nièces de 7 967 €. Au-delà de ces montants, la taxation peut atteindre 45 % pour les frères et sœurs, et 55 % pour les neveux et nièces au-delà de la première tranche.

Personnes handicapées ou sans lien de parenté : règles particulières

La loi prévoit un dispositif de protection pour les héritiers en situation de handicap. Quel que soit leur lien de parenté avec le défunt, ils bénéficient d’un abattement de succession et de donation spécifique supplémentaire de 159 325 € s’ils ne peuvent travailler dans des conditions normales de rentabilité. Cet abattement se cumule avec leur abattement personnel.

Pour une personne sans lien de parenté (un ami, un concubin), la situation est fiscalement moins avantageuse. Après un abattement de seulement 1 594 €, le taux de taxation est de 60 % sur la totalité de la part reçue.

L’assurance-vie dans la succession : abattements spécifiques à connaître

Le contrat d’assurance-vie est un outil de transmission prisé car il bénéficie d’un régime fiscal dérogatoire, en dehors des règles classiques de succession. Il possède ses propres abattements.

En fonction de l’âge du souscripteur et de la date des versements

La fiscalité de l’assurance-vie au moment du décès dépend principalement de l’âge du souscripteur au moment où il a effectué les versements sur son contrat :

  • Pour les versements effectués avant les 70 ans de l’assuré : Chaque bénéficiaire désigné peut recevoir jusqu’à 152 500 € en totale franchise d’impôt. Au-delà, une taxe forfaitaire s’applique.
  • Pour les versements effectués après les 70 ans de l’assuré : L’abattement est global et s’élève à 30 500 €. Il s’applique sur les primes versées (et non sur le capital) et doit être partagé entre tous les bénéficiaires taxables de l’ensemble des assurances-vie. Les intérêts générés sont, eux, exonérés.

Attention :

La date de souscription du contrat (avant le 20/11/1991 ou avant le 13/10/1998) peut également influer sur les règles applicables qui sont alors en partie différentes de celles exposées ci-dessus.

Désignation des bénéficiaires : précision et sécurité juridique

L’un des points de vigilance majeurs du contrat d’assurance-vie est la rédaction de la clause bénéficiaire. Il est recommandé de désigner les bénéficiaires de manière très précise (nom, prénom, date de naissance, adresse) pour éviter toute ambiguïté. Une clause mal rédigée ou imprécise pourrait entraîner la réintégration des capitaux dans l’actif successoral, faisant perdre au contrat tous ses avantages fiscaux. Il est tout à fait possible de désigner une association caritative comme bénéficiaire.

Associations reconnues d’utilité publique : léguer sans droits de mutation

Exemple : Transmettre aux Petits Frères des Pauvres

Effectuer un legs à une association reconnue d’utilité publique, comme les Petits Frères des Pauvres, est un acte de générosité qui bénéficie d’un cadre fiscal extrêmement favorable. Ces organismes sont exempts de droits de mutation sur les donations, les legs et les assurances-vie qui leur sont consentis.

Cela signifie que 100 % de votre acte de générosité est consacré à la cause que vous soutenez, sans qu’aucune part ne soit prélevée par l’administration fiscale.

Définitions clés pour comprendre la fiscalité successorale

Pour naviguer dans l’univers de la transmission, la maîtrise de quelques termes clés est indispensable.

  • Donation : C’est l’acte par lequel une personne (le donateur) transmet de son vivant et de manière irrévocable un bien ou un droit à une autre personne (le donataire) qui l’accepte. C’est un acte dit « entre vifs ».
  • Legs : C’est une disposition contenue dans un testament par laquelle une personne (le testateur) transmet, après son décès, tout ou partie de ses biens à une ou plusieurs personnes (les légataires). Contrairement à la donation, le legs ne prend effet qu’au décès et peut être modifié ou annulé à tout moment du vivant du testateur.
  • Réserve héréditaire : Il s’agit de la part du patrimoine d’une personne qui est légalement réservée à ses héritiers les plus proches, appelés « héritiers réservataires » (principalement les enfants, ou à défaut le conjoint survivant). On ne peut pas les en priver. La part restante, dont on peut disposer librement par donation ou legs, est la « quotité disponible »

Les chargés de relations testateurs se tiennent à votre disposition pour vous rencontrer et vous guider en toute confidentialité.

Vous pouvez les contacter au 01 49 23 13 48

TRANSMETTRE SON PATRIMOINE

Vous pouvez transmettre sans frais de succession la totalité, une partie de vos biens ou un objet en particulier aux Petits Frères des Pauvres.

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