A Jully, des petits frères au grand cœur avec leurs ''vieux amis''

09 janvier 2012
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Le quotidien régional le Journal de Saône-et-Loire avait envoyé un de ses correspondants au réveillon de Noël organisé au château de Jully. Retour enthousiaste dans l'édition datée du 25 décembre.

L'association des petits frères des Pauvres a offert hier soir un réveillon de Noël aux résidents du château de Jully-lès-Buxy et à des personnes âgées des environs seules ce soir-là. Des petits frères au grand cœur avec leurs « vieux amis ». La logique voudrait que tout le monde passe Noël avec ses proches. Mais les hasards de la vie égratignent souvent ce joli conte de fée. Heureusement, les petits frères des Pauvres sont là.Gamin, pour le réveillon de Noël, je me souviens que l'on mettait toujours une assiette en plus. Et à chaque fois, je posais la même question à ma mère : « On attend quelqu'un ? ». « C'est au cas où un malheureux, transi de froid et affamé se trouve devant notre porte », me répondait-elle. Personne n'a jamais toqué à notre porte. Bien souvent, c'était mon grand-oncle, un vieux célibataire endurci surnommé « Biscot », qui partageait le repas de fêtes avec nous. Nous n'allions tout de même pas le laisser tout seul ce soir-là. Avant, pour eux, Noël était un jour ordinaire… Hier soir, j'ai retrouvé dans les yeux des résidents de l'hébergement temporaire des petits frères des Pauvres au château de Jully-lès-Buxy les mêmes étincelles que celles que mon aïeul avait dans son regard. Solange, 90 ans, n'aurait raté le réveillon des petits frères pour rien au monde. Pour l'occasion, elle a mis quelques gouttes de parfum, « comme au bon vieux temps ». « Depuis le décès de mon mari, et ça commence à dater, je ne fêtais plus Noël. Avant, je le faisais en famille. Maintenant, je préfère venir ici que de me retrouver toute seule. » Engoncé dans sa plus belle chemise, André, 94 ans, a du mal à dissimuler son excitation. Au moment de trinquer avec sa coupe de champagne dans la main, il entonne le célèbre refrain de Petit papa Noël, repris en chœur par ses voisins de table. Renée, 90 ans et son époux Paul, 88 ans, retrouvent la bonne humeur des soirs de fêtes. « Nous avions arrêté de fêter Noël depuis déjà plusieurs années. Ce soir, nous sommes heureux d'avoir du monde autour de nous. » Du haut de ses 97 printemps, Yvonne bat la mesure au son de l'accordéon. « La solitude, c'est terrible », murmure la vieille dame entre deux airs. Aux côtés des résidents, les bénévoles n'ont pas manqué d'inviter des personnes âgées des environs, seules ce soir-là. Gérard, 67 ans, n'a pas hésité à faire un peu de route pour venir. « La Guiche, ce n'est pas si loin, dit-il la larme à l'œil. Au moins, j'aurai un Noël. Je ne serai pas tout seul chez moi. » Un moment de partage En cuisine, Christiane s'affaire. À peine le temps de servir les toasts apéritifs, qu'il faut déjà penser au velouté de potimarron et de châtaignes, tout en jetant de temps à autre un œil à la cuisson du gratin de fruits de mer. « Ce n'est pas du tout un sacrifice, de travailler le soir du réveillon, concède-t-elle en souriant. Il me semble que j'en suis déjà à mon vingtième… On reçoit autant qu'on donne. En tout cas, la reconnaissance et la joie de ces personnes sont un vrai cadeau pour moi ! » À 79 ans, Fernande a décidé de devenir bénévole des petits frères. « Je ne suis pas assez riche pour faire un don, alors je préfère donner un peu de mon temps aux autres. » Avec son mari et ses enfants, Myriam Legros, la responsable de maison des petits frères de Jully-lès-Buxy, est une fidèle du réveillon. C'est un rendez-vous qu'elle attend comme les enfants attendent le Père Noël. Ce soir-là, tous les parcours cabossés et les petits tracas de la vie sont oubliés le temps d‘un banquet sans chichi, mais tellement chaleureux. Nicolas Desroches | Le Journal de Saône-et-Loire | 24/12/2011

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