A Sète, un avant-goût de Noël fêté au cabaret

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Le journal La Croix réalise un dossier sur Noël dans son édition du week-end du 17-18 décembre. Il revient sur la sortie au cabaret à Sète et propose le témoignage de Catherine de Framond, bénévole à Nice.

À l’initiative des petits frères des Pauvres, une quarantaine de personnes âgées isolées ont été invitées à un spectacle de music-hall à Sète, un avant-goût de Noël fêté au cabaret.D’ordinaire, Anne-Marie, 73 ans, vit les fêtes de fin d’année dans «une solitude mortelle» : «J’ai perdu mon mari en 1986 et ma soeur deux ans plus tard. Mon frère Maurice, âgé de 87ans, habite en Haute-Savoie. Le soir du réveillon, à qui parler ?» Cette année, cette ancienne aide-ménagère a acheté un élégant pantalon noir, un chemisier à frou-frou et des boucles d’oreilles. «Quand on est invité, il faut être coquette», sourit celle qui a fêté l’esprit de Noël… au cabaret début décembre.À l’initiative de la Fraternité de Sète (Hérault), l’antenne locale des petits frères des Pauvres, 40 personnes âgées isolées, vivant à domicile ou à la résidence sociale LouIhonnaire, partagent avec dix bénévoles la convivialité chaleureuse de Noël au rythme du music-hall, dans le cadre de l’opération «60 sourires pour Noël».Anne-Marie sait que le soir du réveillon sera «difficile». Mais le souvenir de «cette journée extraordinaire» l’allégera un peu.Cette période, exaltant l’esprit de famille, est «très douloureuse pour ces personnes souvent veuves et vivant loin de leurs enfants», indique Gérard Gimeno, fondateur de la Fraternité. Pour «voir leurs yeux briller», cet ancien légionnaire de 54 ans a «voulu faire quelque chose de flamboyant». Il a contacté le cabaret dont le directeur Philippe Fougère a spontanément offert 60 repas : «Notre famille visite souvent notre mère en maison de retraite, mais ce n’est pas le cas de tous les résidents. En accueillant ces personnes, j’ai voulu leur donner un peu de la magie de Noël.»Les tables mêlent bénévoles et personnes âgées. Denise multiplie les accolades, les bisous, les clins d’oeil, envers chacun. «Ces personnes ont besoin de chaleur et de tendresse», insiste cette ancienne aide-soignante de 61 ans, qui invite Josette à danser. «C’est vraiment un jour de fête. J’oublie tous mes soucis. Rencontrer des gens, parler de tout et de rien, cela fait du bien», sourit cette veuve dont les enfants sont dispersés entre le Var et le Lot. Quant à Hannelore, 69 ans, elle «revit». Cette ancienne commerciale n’a pas vu son fils, exilé aux Etats-Unis depuis trente ans, ni sa fille, qui vit au Canada depuis deux décennies. «À Noël, je ne mets ni sapin, ni décoration. Je regarde la télévision ou un film.»À 14 heures, le spectacle commence. Durant deux heures, les numéros s’enchaînent, évoquant l’ambiance des cabarets de Pigalle ou de Broadway. Les visages sont tour à tout attentifs, étonnés, ébahis. À la sortie, André, cintré dans un élégant costume beige a «tout aimé». «Cela change» commente cet ancien chauffeur routier de 84 ans, sans famille. Richard, un solide gaillard silencieux et taciturne, a dansé. Annie et Hannelore, qui ont découvert qu’elles vivaient à une rue l’une de l’autre se sont rendues visite le lendemain. Des «grands pas », que savoure Gérard Gimeno : «Cela montre qu’avec la force de l’amour, on peut faire beaucoup.» « Cela redonne la pêche et l’envie de sortir», savoure Anne-Marie. Elle sait que le soir du réveillon sera «difficile». Mais le souvenir de «cette journée extraordinaire » l’allégera un peu : «Au jourd’hui, j’ai ressenti un immense soulagement : je ne suis pas seule. Je compte pour quelqu’un.»Corinne Boyer, correspondante régionale | La Croix | 17 décembre 2011

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Rodin Munganga

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