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Des animaux pour lutter contre la solitude des personnes âgées fragiles à l’hôpital

07 août 2020
Médiation animale à l'hopital avec les Petits Frères des Pauvres de Toulouse

Les séances de médiation animale avec l'association AnimalCâlin. © Petits Frères des Pauvres de Toulouse

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Les animaux, rien de tel pour parvenir à interagir avec des personnes âgées isolées et repliées sur elles-mêmes ! Les Petits Frères des Pauvres de Toulouse (31) en ont fait l’expérience de multiples fois lors de séances de médiation animale à l'hôpital. À l’occasion de la journée mondiale du chat le 8 août 2020, retour sur les bienfaits de la zoothérapie auprès des personnes âgées dans les services de gériatrie et psycho-gériatrie.

Gandhi le bichon et Sanka le berger, sont un peu les stars de l’hôpital Marchant à Toulouse (31). Dès leur arrivée, les sourires se lisent sur les visages des personnes âgées d’ordinaire taciturnes. Ces deux chiens seraient-ils magiques ? Un peu, si l’on en croit Anne-Sophie, bénévole de l’équipe des Petits Frères des Pauvres de Toulouse qui est à l’origine de ce partenariat avec l’association AnimalCâlin initié en 2018 : « Les animaux, c’est un moyen extraordinaire d’interagir avec les gens ! » déclare-t-elle d’emblée. La principale qualité des animaux, c’est qu’ils vont eux-mêmes à la rencontre des personnes âgées alors que pour la plupart des autres activités, les sorties en particulier, c’est aux aînés de venir aux activités.

Pour cette équipe, il était extrêmement important de trouver des animations à proposer sur place aux personnes âgées de l’hôpital qui en ont tout particulièrement besoin... « En Unité de Soins Longue Durée (USLD), ce sont des personnes qui ont une mobilité souvent très réduite, et en psycho-gériatrie, ce sont des personnes qui sortent vraiment peu. En psycho-gériatrie, il n’y a quasiment aucune visite car ce ne sont pas des personnes qui ont été très présentes pour leur famille ou difficilement. Sur l’USLD, ce n’est pas évident non plus car ils ont souvent des conjoints ou des proches eux-mêmes très vieillissants. Donc ils sont particulièrement isolés, très renfermés sur eux-mêmes et la maladie vient aggraver tout cela. », détaille Anne-Sophie.

Avec la médiation animale, les progrès extraordinaires des personnes âgées

Médiation animale à l'hôpital gériatrique avec les Petits Frères des Pauvres de Toulouse

La médiation animale pour rompre l'isolement des personnes âgées à l'hôpital. © Petits Frères des Pauvres de Toulouse

Pendant les séances où nos aînés peuvent câliner, jouer ou faire faire des tours aux animaux, les personnes âgées sont comme métamorphosées ! « Nous avons fait un premier test avec Gandhi et ça a été extraordinaire ! J’allais déjà dans cet hôpital depuis quelques temps et on a vu des choses qui ne s’étaient jamais passées auparavant, notamment avec des personnes qui sont d’habitude repliées sur elles-mêmes ou qui ne voulaient pas a priori interagir avec l’animal. C’était comme si le regard revenait, comme s’ils se « réveillaient » ! », révèle Anne-Sophie.

Et la bénévole ne manque pas d’exemples pour attester ses dires… « En psycho-gériatrie, il y a un monsieur qui a beaucoup de difficultés à marcher – il marche uniquement avec un déambulateur- et lorsque l’animal est là, il se lève sans rien et poursuit le chien sans aucune aide ! D’habitude, il s’exprime aussi difficilement et en présence de l’animal, il devient compréhensible en faisant des phrases complètes. On voit vraiment la différence avec lui ! », cite-t-elle. 

Avec l'animal, c'est comme si le regard revenait, comme si les personnes se « réveillaient » !

Autre exemple, « Il y a un monsieur qui fait toujours "non" avec son doigt lorsqu’on essaie d’interagir avec lui, on sent qu’il n’a pas très envie d’être là. On lui a déposé le chien sur son fauteuil et là, c’est la première fois que j’ai vu des larmes de joie dans ses yeux… C’est un moment unique parce que c’est un monsieur avec qui nous n’avons pas d’interaction habituellement. Avec l’animal, ça lui a permis de sortir de cette posture de rejet, de refus… parce que la question ne s’est plus posée. » évoque-t-elle.

Se sentir valorisé grâce aux animaux

Mais quel est donc le secret de Gandhi et Sanka et de tous nos amis à poil et à plumes ? « Chaque personne a l’impression d’être unique pour l’animal », sourit Anne-Sophie. « C’est un peu le cas parce que l’animal est dans quelque chose d’inconditionnel ! Même si nous, en tant que bénévole nous sommes très bienveillants et que nous n’avons pas l’affect d’une famille ni le côté professionnel des soignants, l’animal apporte encore autre chose. Il se moque d’être avec des personnes qui sont en psychiatrie, il n’a pas d’attente particulière ou de présupposés. Du coup, cela fait ressortir les côtés positifs des personnes, elles ne sont plus dans leurs comportements stéréotypés. », vante-t-elle.

Chaque personne a l’impression d’être unique pour l’animal

Autre grande qualité des matous et des toutous, ce sont de vraies boules d’amour qui savent comment redonner confiance à tout un chacun ! « Pendant les séances, les résidents envoient la balle aux chiens qui viennent la rendre. En tournant le doigt, les aînés peuvent aussi demander aux chiens de faire une petite roulade. Pour une personne très invalide, de voir un animal répondre à un geste qu’elle fait et de pouvoir lui faire faire une action, c’est très satisfaisant. », poursuit la bénévole.

Pour les personnes âgées isolées à l’hôpital, ces séances de médiation animale représentent une vraie bouffée d’air. « Cela amène de l’extérieur. C’est comme une bulle d’oxygène où elles ont, pendant quelques instants, l’impression de ne plus être là où elles sont coincées. », confirme Anne-Sophie.

Si pendant le confinement les séances se sont arrêtées, elles devraient reprendre très prochainement pour le plus grand bonheur de tous…

 

 

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