Perte d’autonomie chez la personne âgée : comment aider votre proche ?

14 mars 2024
Perte d'autonomie pour les personnes âgées

Se lever pour prendre un café, préparer son déjeuner ou se doucher… des gestes simples du quotidien qui vont devenir insurmontables pour les personnes âgées en perte d’autonomie. © Dmytro Zinkevych / Shutterstock.com

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On parle de perte d’autonomie lorsqu’une personne a des difficultés à réaliser certains gestes de la vie quotidienne. Près de 3 millions de personnes âgées de 60 ans et plus sont en perte d’autonomie selon l’INED (Institut National d’Études Démographiques). Voici quelques conseils si vous rencontrez cette situation.

Chez une personne dépendante, des gestes simples du quotidien peuvent devenir difficiles à réaliser. Cela peut être se lever pour aller prendre un café ou encore préparer son déjeuner, se doucher… 

La perte d’autonomie peut survenir dans plusieurs circonstances. Elle peut s’installer brutalement après une chute, un accident, un choc psychologique (perte du conjoint), une hospitalisation ou bien s’installer progressivement au cours de l’évolution d’une maladie chronique et chez les personnes atteintes de troubles neurocognitifs. 

Quels sont les signes d'une perte d'autonomie chez une personne âgée ?

Outre les difficultés à mener sa routine quotidienne, des signes plus discrets peuvent alerter l’entourage sur l’installation d’une perte d’autonomie. Il peut s’agir de difficultés pour gérer les comptes ou les impôts, une tendance à s’isoler et à se replier sur soi, une grande fatigue. Cela peut aussi être des difficultés pour se lever, se déplacer, prendre les transports en commun. Mais également des changements d’habitudes alimentaires, une perte de poids ou encore un manque d’hygiène. 

Perte autonomie personne âgée : comment l'aider au quotidien ?

Lorsqu’une perte d’autonomie est constatée, plusieurs solutions vont pouvoir être proposées afin d’aider la personne à effectuer les gestes du quotidien (via des aides professionnelles, matérielles, financières) et lui permettre de rester à son domicile si cela est son souhait. 
 
La première étape est d’organiser une visite chez son médecin traitant afin de faire un point sur son degré de dépendance et ses besoins. 
  • Des aides professionnelles peuvent être sollicitées :

Différents types d’aides professionnelles peuvent être mises en place. Il peut s’agir d’un infirmier pour la prise des médicaments ou la mise en place des bas de contention par exemple, d’un aide-soignant pour la toilette et l’habillage, d’une auxiliaire de vie pour les courses ou à la préparation des repas ou bien encore d’une aide-ménagère. Des livraisons de repas peuvent être aussi organisées en cas de difficultés pour faire les courses et/ou la cuisine. Enfin, d’autres aides plus spécifiques peuvent être sollicitées, comme par exemple un kinésithérapeute pour faire des séances de rééducation motrice afin d’entretenir les capacités de marche et d’équilibre. 
 
Le plan d’aide mis en place est personnalisé en fonction des besoins de chacun. Ce plan d’aide peut évoluer au fil du temps.
 
Point important : particulièrement pendant cette période de transition avec l’instauration des aides, il va être essentiel de rassurer la personne âgée qui pourra se retrouver face à sa perte d’autonomie, à ses difficultés. Cela peut être angoissant et difficile à vivre. Rien de tel que la présence régulière d’un aidant, de bénévoles ou de voisins pour lui garantir du lien social et s’assurer de sa santé (physique et morale !).
 
Aménagement pour la perte autonomie

Afin de permettre à votre proche âgé de rester à son domicile en toute sécurité, malgré sa perte d’autonomie, quelques aménagements de son logement vont être indispensables. © sweet_tomato / Shutterstock.com

  • Du matériel et des aménagements du domicile pour simplifier son quotidien :

Afin de faciliter le quotidien de la personne âgée en perte d'autonomie, il est possible d’envisager des réaménagements simples du logement. Il peut s’agir d’équipements de sécurité ou éventuellement du matériel médical : lit médicalisé, chaise garde-robe, réhausseur de toilettes, barres d’appui, …
 
Très important, la salle de bain doit être une priorité : elle concentre en effet tous les dangers ! S’il y a une baignoire, l’installation d’une douche est vivement conseillée. À défaut, la fixation d’une barre d’appui et la mise à disposition de tapis antidérapants seront judicieux.
 
En cas de difficultés à la marche, il est également conseillé de réaménager les espaces de façon à libérer les passages pour éviter les chutes. On pensera aussi à bien éclairer les pièces ou installer des chemins lumineux si besoin. Un système d’éclairage automatique peut aussi être envisagé.
 
Autre conseil pratique : parce que les chutes représentent la première cause de mortalité accidentelle chez les plus de 65 ans, on peut aussi avoir recours à une téléalarme afin de prévenir rapidement l’entourage ou les services de secours si besoin.
 
« Enfin, il ne faut pas oublier de prendre en charge les troubles sensoriels (la vue, l’audition) : cela peut être la mise en place d’un appareillage auditif, de lunettes mais aussi l’utilisation d’une loupe et d’un téléphone adapté. », recommande le Dr Pauline Courtois-Amiot, gériatre à l'hôpital Bichat (Paris, 18e).
  • Des aides financières existent pour financer la dépendance :

Pour participer à ces dépenses au service de la dépendance des personnes âgées, des aides financières sont disponibles et peuvent soulager les porte-monnaies ! Une assistante sociale (demander auprès de la mairie de son domicile) peut vous conseiller sur les aides financières possibles. 
 
Le soin et le matériel médical sont, en partie, financés par la Sécurité sociale. La dépendance quant à elle, peut l’être par l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA). Cette aide financière s’adresse aux personnes âgées de plus de 60 ans, dépendantes et résidant en France depuis au moins 3 mois. Le montant dépendra du degré de dépendance, des revenus individuels. L’APA peut participer au financement d’heures d’auxiliaire de vie, à la téléalarme, au portage des repas, à l’achat de protections en cas d’incontinence mais aussi à l’achat de matériel pour aménager le domicile. 
 
Les caisses de retraite peuvent aussi parfois participer au financement de la dépendance. N'oubliez pas le crédit d’impôts en cas de financement d’une prestation d’aides à domicile. 
 
Si un proche aidant réduit ou interrompt son activité professionnelle pour accompagner un proche, l’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) qui existe depuis peu peut être d'un bon soutien.
 
Pensez aussi à MaPrimeAdapt’, un dispositif qui finance la réalisation des travaux d’adaptation du logement pour les personnes âgées et celles en situation de handicap. Cela peut aider à financer le remplacement de la baignoire par une douche de plain-pied, l’installation d’un monte-escalier électrique, la pose de mains courantes, l’élargissement des portes…
 
Si finalement, après tous ces aménagements, votre proche en perte d’autonomie se met en danger ou a besoin d’une surveillance plus accrue, d’autres options devront être considérées : l’héberger chez vous, la garde de personne âgée entre particuliers ou encore l’entrée en EHPAD.
 
Article relu par le Dr Pauline Courtois-Amiot, gériatre de l’hôpital Bichat (Paris).
 
 
 
 

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