Tourcoing : les petits frères des Pauvres manquent de bénévoles

18 novembre 2013
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Marie-Odile Bouchery et Delphine Tiberghien animent l’antenne tourquennoise des petits frères des Pauvres, qui est inaugurée mercredi. L’association rend visite à une vingtaine de personnes âgées esseulées.

Pourquoi créer une antenne à Tourcoing ? Marie-Odile Bouchery : Nous sommes présents depuis un an. Il existe une antenne à Roubaix, où nous étions toutes les deux bénévoles. A Tourcoing, les besoins sont identiques au niveau de la solitude, malheureusement. En quoi consiste votre action ? M-O.B.  : C’est l’accompagnement de personnes dans une solitude complète. Généralement, elles n’ont pas de famille, ou bien elle est éloignée. Delphine Tiberghien : Parfois, les enfants ne sont pas loin mais il y a une rupture familiale, des soucis qu’on ignore et qu’on ne cherche pas à savoir. Accompagner, cela veut dire être présent en visite, une fois par semaine. C’est le minimum qu’on puisse apporter. On part de cette visite pour mettre en place des sorties, des goûters, des séjours vacances. Le moment de Noël est aussi douloureux. On réunit 250 à 300 personnes à un repas régional, dans une grande salle. On fête les anniversaires. Même des choses toutes simples, un petit jus de fruit, ils n’en reviennent pas. C’est ce qui est génial dans cette action. Très peu apporte énormément. Les gens qu’on rencontre sont seuls depuis longtemps. Ils voient l’infirmière, le livreur du repas de la ville... des personnes qui n’ont pas le temps de créer du lien. Nous, on a la part amicale. Comment rentrez-vous en contact avec ces personnes esseulées ? M-O.B. : En arrivant à Tourcoing, nous avons contacté tous les acteurs sociaux de la ville, ainsi que la mairie. La demande est telle que nous avons une liste d’attente. Nous manquons de bénévoles. Pour l’instant, nous en avons une vingtaine. D.T. : Il y a un noyau de base qui fait la richesse de l’association. La plus jeune bénévole a 18 ans, la plus âgée 70. Il n’y a pas que des retraités. Quels conseils donnez-vous aux nouveaux bénévoles  ? D.T. : Quand une bénévole arrive, elle est parrainée. On instaure des binômes. Une semaine l’une, une semaine l’autre. C’est intéressant aussi au niveau du regard  : la personne âgée ne raconte pas les mêmes choses. Lors de notre réunion d’équipe, une fois par mois, on échange sur les visites et on a des angles de vue souvent complémentaires. Comment se passe une visite ? D.T. : La durée d’une visite, c’est une heure. Si on applique la véritable écoute, en empathie, se concentrer est fatigant. M-O.B. : Chaque personne est différente. Certains préfèrent parler autour d’un café, d’autres faire un jeu de société parce qu’elles n’ont pas envie de parler. D’autres encore veulent faire un tour à pied, ou du lèche-vitrine. Cela dépend de l’âge et de l’autonomie. Il faut s’adapter. Comment formez-vous les duos bénévole-personne âgée ? M-O.B. : On essaie de déceler la personnalité du bénévole. D.T. : Quelqu’un de pas bavard, on va plutôt lui envoyer un bénévole qui est à l’aise. Mais rien n’est figé, on échange le plus possible. Parfois on pense que ça ne peut pas coller et ça marche. C’est la magie du lien, il suffit de pas grand-chose. Quand on rencontre une personne, on lui demande se journée type. Si elle dit qu’elle lave son assiette, et qu’ensuite elle met la télé, on se dit qu’il y a mieux à faire que d’attendre de mourir. On arrive à leur faire passer de bons moments. On partage avec eux cette joie. Ils sont pittoresques, vous savez. Ils ont toujours une expression inattendue. Ça se termine toujours en fou rire partagé. Ils nous surprennent. Renseignements auprès de la délégation de Lille au 03 20 74 01 02. Fanny SAINTOT Nord-Eclair 17/11/2013

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