Au-delà de cet épisode politique, ce nouvel ajournement s’inscrit dans une longue série de renoncements et de reports.
Depuis près de vingt ans, les pouvoirs publics annoncent une grande réforme du Grand Âge sans jamais lui donner de traduction pleinement opérationnelle ni de moyens financiers à la hauteur des enjeux. Promesse d’une loi sur la dépendance dès 2007, concertations nationales, rapports, annonces successives, création d’une 5e branche de la Sécurité sociale : les étapes se sont multipliées, sans qu’un cap clair et durable ne soit tenu sur l’accompagnement du vieillissement.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les besoins sont connus et documentés. En France, près de 2 millions de personnes âgées vivent en situation d’isolement social, tandis que le vieillissement démographique s’accélère et que les professionnels, les aidants et les acteurs du secteur sont sous forte tension. Les fragilités s’aggravent, les inégalités se creusent, et les réponses publiques restent fragmentaires.
Pour les Petits Frères des Pauvres, ce nouveau report n’est pas seulement décevant : il interroge la place réelle accordée aux personnes âgées dans les priorités nationales.
Les aînés méritent mieux qu’une succession d’annonces sans suite. Ils ont besoin d’une politique lisible, financée et ambitieuse, capable de répondre concrètement aux enjeux du vieillissement, de la perte d’autonomie et de la lutte contre l’isolement.