« Concentration tout le monde ! », lâche Samia Ramdani, devant une troupe quelque peu dissipée. La metteuse en scène recentre les discussions, pourtant sources d’inspiration. Car c’est bien la vie et le parcours de ces comédiens en herbe – une vingtaine de personnes âgées et de bénévoles – qui seront le fil rouge du Grand Show.
Des personnes âgées très impliquées
Un an de travail !
« J’apprends et je révise matin, midi et soir. Même quand je vais me coucher, je ne dors pas directement. Hier soir par exemple, j’étais dans mon lit. Je voulais m’endormir mais impossible ! Le texte tournait et tournait dans ma tête. »
Shéhérazade, 59 ans,
accompagnée par les Petits Frères des Pauvres
Shéhérazade se défend d’être dans l’excès : « Les Petits Frères des Pauvres ont une image, c’est du sérieux. Et je veux tellement bien faire, vu tout ce qu’ils font pour moi ».
Un lieu impressionnant : le théâtre du Châtelet
Jouer devant 2000 personnes ne laisse personne indifférent. « Si on veut faire un truc bien, effectivement, il faut se mettre un peu la pression », résume William, détendu mais concentré.
Et pourtant – peut-être est-ce le métier de comédien qui rentre –, le trac s’invite parfois lors des répétitions. « Quand on nous a annoncé qu’on allait jouer au Châtelet, le plus grand théâtre de Paris, mon cœur s’est mis à battre très fort », se souvient Shéhérazade.
Des répétitions sur mesure
À deux mois du spectacle, la pression monte. « On a incrusté quelques répétitions supplémentaires par-ci par-là, explique Samia Ramdani. Et surtout, grâce à Denis, l’assistant à la mise en scène, on essaie de travailler hors les murs. On a trouvé des répétitions dans des théâtres, dans des grandes scènes ».
Ces sessions permettent aux personnes accompagnées et aux bénévoles de se familiariser avec une grande scène. Patrick doit par exemple penser « à bien regarder devant et s’approcher du public ».
« J’essaie d’adapter le travail aux corps de chacun, résume Samia Ramdani. Pour la mise en scène, on n’engage pas le corps sur le long terme par exemple. Et par rapport à la mémoire, on essaie de répéter, répéter, répéter. Pour Daisy (94 ans), je lui ai enregistré son texte sur WhatsApp qu’elle met en boucle. »
Un spectacle inspiré des Petits Frères des Pauvres
Les textes se basent sur les missions d’accompagnement des Petits Frères des Pauvres et les parcours de vie des personnes accompagnées. « Ce spectacle, résume Stéphane, bénévole à Versailles, c’est surtout la mise en valeur des gens qui bénéficient des Petits Frères des Pauvres, des personnes âgées ou des personnes qui ont été défavorisées. »
C’est d’ailleurs l’objet de ce projet qui célèbre les 80 ans de l’Association : rompre l’isolement des personnes âgées grâce à un travail collectif et leur redonner une place dans l’espace public en les mettant sous les projecteurs.
Cette mise en valeur a beaucoup touché Dominique, qui a vécu à la rue et qui est désormais logée par la Fondation Petits Frères des Pauvres :
« Mon texte, il me colle à la peau. Donc c’est facile. La première fois que Samia me l’a fait dire, j’ai fondu en larmes. J’ai pleuré tout ce que je pouvais. Parce que vraiment, sur l’ensemble, il me colle à la peau ce texte »
Des personnalités invitées
Les répétitions permettent aussi d’anticiper les performances – danse et musique notamment – qui vont rythmer les différentes scènes préparées par les personnes accompagnées.
Elles s’articulent également autour des célébrités qui se joignent à la scène le 14 décembre. Les drag queen Rose et Punani ont déjà assisté à l’une des répétitions.
D’autres célébrités sont également annoncées pour le Grand Show animé par l’animateur Éric Jean-Jean : parmi elles l’acteur Reda Kateb, la journaliste et chanteuse Kareen Guiock Thuram, l’acteur Samir Guesmi ou encore l’influenceur Isaak.