Marcela, 81 ans, « Je sens ce que signifie le mot “humanité” »

Marcela, 81 ans, accompagnée par les Petits Frères des Pauvres, en compagnie de Lorna, bénévole à l'équipe de Limoux Petits Frères des Pauvres
Marcela, 81 ans, accompagnée par les Petits Frères des Pauvres, en compagnie de Lorna, bénévole à l'équipe de Limoux (11) © Petits Frères des Pauvres

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À 81 ans, Marcela vit seule dans un immeuble presque vide, au cœur de Limoux (11). Son récit dit la solitude, les fragilités qui s’installent, mais aussi le moment où demander de l’aide devient possible. Sans détour, elle raconte ce que signifie vieillir chez soi quand les liens se sont peu à peu distendus.

Une vie construite loin de son pays natal

« Je m’appelle Marcela, je suis née au Chili. Je suis arrivée en France quand j’avais 30 ans. »

Depuis plus de cinquante ans, la France est devenue son pays. Elle y a travaillé, vécu, traversé des ruptures.

« Entre ces deux âges, 30 et 81 ans, la plus grande partie de ma vie s’est écoulée ici, en France ; alors je suis devenue française par naturalisation et je suis contente de l’être ! J’ai été adoptée ! »

Marcela a été mariée, puis séparée. Elle n’a pas pu avoir d’enfants. Aujourd’hui veuve, elle n’a pas de famille en France. Une situation qui, avec l’âge, prend une dimension nouvelle.

Vivre seule, dans un immeuble vide

Depuis vingt ans, Marcela habite le centre-ville de Limoux. Elle est locataire d’un appartement situé au premier étage d’une grande maison ancienne.

« Cette maison est divisée en 7 appartements dont le mien. Les 6 autres sont tous vides, en mauvais état, détériorés. »

Peu à peu, les voisins sont partis.

L’immeuble a été vendu, mais elle est restée. Vivre seule n’était déjà pas simple auparavant.

À l’époque, Marcela s’est adaptée.

« On s’habitue, on s’adapte, on continue à s’arranger du mieux que l’on peut. »

Quand la fragilité devient visible

L’été 2024 marque un tournant. Les fortes chaleurs la contraignent à rester chez elle. À l’issue de cette période, elle se sent différente.

« J’ai constaté […] que j’étais plus fragile, plus sensible et plus craintive. »

Alors, la solitude devient tangible.

« Douloureusement, j’ai pris conscience de la réalité de ma vie et de ma solitude et ce fut difficile à admettre parce que cela provoquait une grande souffrance. »

Les difficultés s’accumulent : gérer une petite retraite, la peur d’un malaise sans voisin pour venir en aide, la fatigue physique. Monter les 24 marches de l’escalier devient une épreuve quotidienne.

Demander de l’aide, pas à pas

Après ce moment de bascule, Marcela décide d’agir.

« Après avoir pleuré, avec et sans larme, et accepté cette nouvelle réalité sans peur, j’ai réagi et demandé de l’aide. »

Elle met en place plusieurs soutiens : des séances chez un psychologue, la téléassistance, la reprise progressive d’une activité physique. Puis, elle contacte les Petits Frères des Pauvres.

À Limoux, l’équipe locale l’accueille. Les bénévoles lui rendent visite à son domicile. Les invitations aux temps conviviaux, aux sorties et aux promenades s’enchaînent. 

« Une inscription aux prochaines vacances d’automne, les promenades, les sorties culturelles, tout s’en est suivi. »

Un accompagnement qui change le quotidien

Depuis, Marcela décrit un accompagnement attentif et respectueux.

« Je me sens gentiment accompagnée, avec une attitude qui me met en confiance et un suivi qui prend en compte l’aide dont j’ai besoin. […] Tout est bien organisé et bien préparé avec sérieux pour notre sécurité. »

L’aide est aussi concrète.

« J’ai également reçu des tickets “achats de nourriture” qui a été le bienvenu pour arriver à la fin du mois. […]  Tout ce programme d’aides m’a fait sentir bien et personnellement et ne plus me sentir seule. »

Marcela formule un souhait simple :

J’aimerais rester à la maison le plus longtemps possible. […] Je sens et je pense que toutes et tous ont bien compris ce que signifie le mot “humanité”. »

Une présence discrète mais constante, qui permet à Marcela de continuer à vivre chez elle sans se sentir aussi seule face aux difficultés du quotidien.

Agir pour que vieillir chez soi ne rime pas avec solitude

Le parcours de Marcela montre combien le fait de rester chez soi peut devenir difficile lorsque la solitude et la fragilité s’installent. Il rappelle aussi qu’un accompagnement humain, régulier et respectueux peut transformer le quotidien : recréer des repères, redonner confiance, rompre l’isolement.

Chaque jour, les Petits Frères des Pauvres accompagnent des personnes âgées pour qu’elles puissent continuer à vivre chez elles, entourées et en sécurité, aussi longtemps qu’elles le souhaitent.

Parce que lutter contre la solitude est l’affaire de tous, chacun peut aussi agir à son niveau, en donnant de son temps, de ses compétences ou de son soutien.

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