« Les personnes qui vivent à la rue, qui ont plus de 50 ans, qui sont isolées et totalement démunies, ont besoin de parler et surtout d’être écoutées. Elles savent que les bénévoles et les salariés vont leur prêter une oreille attentive.
Un accompagnement personnalisé peut alors débuter. Une personne qui a connu la rue pendant plusieurs années, doit pouvoir notamment remettre à jour le volet administratif, les demandes de logement social, les questions de santé…
Nos équipes pourront aussi parfois la soutenir financièrement avec des chèques-services ou des aides matérielles. Les bénévoles et les salariés s’organisent aussi pour trouver des solutions de mise à l’abri ou de logement plus pérennes : une fois que la personne est prête, avec cet accompagnement préalable qui dure au moins six mois, on peut déposer un dossier pour envisager un relogement et continuer à accompagner la personne au sein de son nouveau logement. C’est un travail de longue haleine qui peut se faire sur plusieurs années. »
Mustapha Djellouli,
responsable de l’équipe d’Accompagnement vers le Logement de Paris Saint-Maur (11e)
L’accompagnement vers le logement (AVL) ne suit pas un modèle unique. Selon le profil et le parcours de chaque personne, les équipes peuvent proposer une mise à l’abri immédiate (centre d’hébergement d’urgence, nuit d’hôtel) avant d’envisager des solutions plus stables : sous-location, résidence sociale, appartement en diffus, en interne ou dans le droit commun.
Pour les personnes dont la situation le permet, une orientation plus directe vers un logement temporaire ou pérenne est possible. Cette démarche s’inscrit dans l’approche du Logement d’abord, politique publique portée par le nouveau service public « de la rue au logement ».
C‘est la relation de confiance, construite patiemment, qui rend possible chaque étape suivante. L’association n’oriente pas, elle accompagne et continue d’être présente une fois la personne relogée.
Les Petits Frères des Pauvres proposent également des structures d’habitat adaptées : pensions de famille, résidences sociales, petites unités de vie, ou colocation partagée pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Ces solutions sont pensées pour combiner autonomie et présence humaine, et éviter qu’un relogement ne devienne un nouvel isolement.
Des hébergements temporaires complètent ce dispositif. Ils permettent à des personnes âgées isolées en situation d’urgence, de convalescence ou de soutien aux aidants, de trouver un lieu de repos accompagné.
« Pour une durée d’une semaine à plusieurs mois, ces séjours favorisent le soutien à domicile, en répondant aux personnes en situation d’isolement qui ont besoin de repos, d’une convalescence, d’un soutien aux aidants ou de répondre à des situations d’urgence en matière d’hébergement (logement précaire, travaux de réaménagement, logement isolé…). Un séjour au sein de la maison assure aux personnes accueillies un accompagnement de tous les jours et adapté à chaque résident. »
Sylvie Chanson,
directrice de la maison Ker Péheff à Damgan (56)
Les équipes d’Accompagnement vers le logement (AVL) présentes à Lyon, Marseille, Lille, Paris et en banlieue parisienne (Seine-Saint-Denis) accueillent régulièrement de nouveaux bénévoles. Il est aussi possible de s’engager au sein des établissements (pensions de famille, résidences autonomie) pour accompagner les résidents dans leur vie quotidienne et leur permettre de recréer du lien.
« Je suis bénévole depuis peu et j’appréhendais au départ car je suis trop empathique, je peux facilement pleurer avec la personne. Pourtant dès ma première permanence d’accueil, j’ai certes eu envie de pleurer en entendant les différents témoignages de vie des personnes reçues, mais ça a surtout été une vraie révélation. Ainsi, je participe à rendre l’humanité « normale » à des personnes à qui on l’a enlevé par ignorance, manque de considération et qui ont été mises au ban de la société. Pour moi, l’action des Petits Frères des Pauvres est magnifique »
Charlène,
bénévole à Lyon.
« J’assure une permanence sociale le lundi matin mais je me rends parfois également disponible les autres jours de la semaine en cas de besoin. J’ai appris beaucoup de choses sur le logement même si je suis bénévole depuis peu, j’ai pu approfondir mes connaissances sur des sujets comme l’insalubrité, les expulsions ou les logements d’urgence. Parfois cela arrive, nous sommes amenés à travailler dans l’urgence, il ne faut pas oublier que nous accompagnons des personnes en situation de grande précarité. Je trouve que c’est une association où on se sent tout de suite intégré, bénévoles comme salariés, on est bien à sa place et je n’ai pas l’impression d’être mise à l’écart. »
Amel,
bénévole à Lille.
Nos maisons sont des lieux conçus pour s’adapter aux résidents. Elles proposent des alternatives d’habitats pour nos aînés, dans des maisons à taille humaine, intégrées dans la cité et favorisant la participation des résidents.
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