Depuis 1946, l’association accompagne les personnes âgées pauvres et isolées. En 2026, à l’occasion de ses 80 ans, elle prend position publiquement sur ce choix collectif : les chiffres ne laissent plus de place au doute.
2 millions de personnes âgées isolées, 750 000 en situation de mort sociale
En France, 2 millions de personnes âgées sont aujourd’hui isolées de leurs proches. Parmi elles, 750 000 vivent en situation de « mort sociale », privées de tout lien humain. Ce chiffre a presque triplé en moins de dix ans : elles étaient 300 000 en 2017. Si rien ne change, elles pourraient être 1 million d’ici 2030.
Bien que cette progression intègre une dimension purement individuelle, ce sont surtout des transformations sociétales qui amplifient ce phénomène. Plusieurs réformes ont tenté d’y répondre, de la loi d’adaptation de la société au vieillissement en 2015 à la loi « Bien vieillir » de 2024, sans qu’aucune loi de programmation pluriannuelle vienne, à ce jour, les mettre à la hauteur de cette transition démographique.
Ces chiffres ne décrivent pas des situations isolées les unes des autres. Ils dessinent une tendance de fond, qui touche en premier lieu les personnes âgées les plus précaires et les plus invisibles aux yeux de la société.
Tisser du lien au quotidien : notre conviction mise en pratique
Face à cette trajectoire, les Petits Frères des Pauvres ne se contentent pas d’un constat : ils affirment une conviction, celle que le lien social n’est pas un supplément d’âme mais une condition de la dignité. C’est ce que portent, depuis 80 ans, les bénévoles de l’association. En 2025, ce sont 26 000 personnes âgées qui ont été accueillies et accompagnées, dont 12 500 dans la durée.
Nous refusons qu’une personne âgée soit réduite à un chiffre ou à une situation. Nous choisissons, à chaque visite, à chaque appel, à chaque séjour de vacances partagé, de recréer une présence là où elle a disparu. Nous refusons que l’isolement social devienne une donnée acceptée du vieillissement. Nous choisissons d’aller vers les personnes les plus invisibles, par les permanences solidaires, les maraudes rurales ou les lignes d’écoute, plutôt que d’attendre qu’elles viennent à nous.
Cette conviction se traduit par l’action collective : près de 2 millions d’heures de bénévolat consacrées en 2025. Elle se traduit aussi par la parole publique, pour que ces situations soient reconnues comme des atteintes à la dignité, non comme des destins individuels.
La société du lien commence avec vous
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Crédits photo : Cyril Marcilhacy