3 recettes toutes simples d’un gériatre pour bien vieillir

17 février 2021
Recettes pour bien vieillir

Pour bien vieillir, le Dr Antoine Piau donne 3 conseils essentiels. © Marion Dunyach / Petits Frères des Pauvres

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Pour rester en forme et garder le moral toute sa vie, le Dr Antoine Piau, gériatre et auteur de « Quand je serai vieux, tout ira bien » (éditions Hachette), a quelques astuces applicables de 7 à 77 ans. Il souligne notamment l’importance des relations sociales sur la qualité de vie. Allez, on suit le programme !

Un ingrédient magique à glisser dans son thé ? Un nouveau sport tendance à tester ? Pour le Dr Antoine Piau, il n’y a pas de recette miracle pour bien vieillir. Il suffit de suivre 3 conseils tout au long de sa vie ou à défaut, dès que possible. 

1- Faites de l’exercice

Pourquoi c’est important : « Vous avez tous entendu parler (c’est probablement ressorti par l’autre oreille, voire la même) de l’absolue nécessité de faire de l’activité physique pour bien vivre avant même de bien vieillir. Le nombre de travaux scientifiques qui ont démontré l’effet positif de l’activité physique sur la mortalité, sur le risque de handicap, sur le risque d’entrer en maison de retraite, l’anxiété, la dépression, la douleur, la plupart des maladies chroniques, le cancer, etc. est absolument étourdissant. ».
 
Comment agir ? « Levez vos fesses pour aller là où vous n’êtes pas, quitte à revenir rapidement là où vous étiez ! Tout le monde a le temps de faire de l’activité physique, avec les enfants dans la poussette, en allant promener le chien, avec les courses sous les bras, à 6 heures du matin, à midi ou à minuit… »

2- Ayez une alimentation saine

Pourquoi c’est important : « Oui, ce que l’on a mangé toute sa vie a un impact majeur sur sa santé et son autonomie, mais non, ce n’est plus une considération d’arrière-garde sur laquelle on peut s’asseoir pour regarder le train passer sur les vaches. »
 
Comment agir ? « Entretenir nos muscles et nos os par de l’activité physique et leur apporter assez de protéines (les protéines végétales des légumes secs et des céréales complètes, le poulet et le poisson restent préférables au saucisson et à la viande rouge pour l’alimentation quotidienne !) et de sucres (non-raffinés). »

3- Socialiser et se cultiver

Recettes pour bien vieillir

Les Petits Frères des Pauvres organisent régulièrement des sorties, activités collectives, vacances… pour recréer du lien social. © Marion Dunyach / Petits Frères des Pauvres

Pourquoi c’est important : « Nous sommes actuellement soumis à un véritable flot de travaux scientifiques qui vont dans ce sens : lien entre esprit « combatif » et survie en cas de cancer, entre socialisation (nombre de connaissances proches, quantité et surtout qualité des interactions) et espérance de vie sans incapacité, entre le fait de lire régulièrement et des indicateurs de santé. Il semblerait que le cerveau soit un organe finalement assez commun sur ce point : si l’on ne s’en sert pas, il décrépit ! »

Comment agir ? « La lecture, le débat, le théâtre, la gestion d’une association avec ses problèmes à résoudre et ses petits conflits, l’organisation d’évènements, les jeux de société, le travail, toutes ces activités font réellement appel à nos capacités intellectuelles. »

L’isolement, l’ennemi à abattre

Au même titre que l’alimentation et l’exercice physique, « la lutte contre l’isolement est l’une des priorités de la gériatrie », affirme le Dr Piau dans son ouvrage « Quand je serai vieux tout ira bien » (éditions Hachette). En effet, « Il est démontré par la science que d’avoir des réseaux sociaux riches et de qualité est déterminant pour la santé. », explique le Dr Piau aux PetitsFreresdesPauvres.fr.

Toute sa vie, il est donc essentiel d’entretenir des relations avec sa famille, ses amis, ses voisins, ses collègues… et si possible, avec des gens différents de nous qui ne nous donnent pas toujours raison ! « Le fait de se challenger, de se remettre en question, d’apprendre à interagir, c’est bon à prendre, c’est une bonne stimulation pour le cerveau ! », poursuit-il.

Lorsqu’on vieillit, on doit être particulièrement vigilant à maintenir ses relations sociales. « À l’école, puis au travail, il y a une socialisation « forcée ». Mais lorsqu’on vieillit, on va être de moins en moins stimulé, le cerveau va s’appauvrir petit à petit. Ce n’est pas tant que c’est plus important avec l’avancée en âge, c’est qu’il va falloir faire plus d’efforts pour le maintenir. On sous-estime l’importance des relations sociales et lorsqu’on le réalise, c’est tardif et cela demande plus de travail… Plus on est désociabilisé, plus c’est dur de reprendre. », précise le gériatre.

Un conseil aux personnes âgées isolées

Si on est déjà âgé et dans une situation d’isolement, les conseils d’alimentation saine, d’activité physique et de socialisation peuvent sembler tardifs et irréalisables. Mais le Dr Piau reste positif : « La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est jamais trop tard ! Même à 85 ans, avec de nombreuses maladies, on arrive à améliorer la qualité de vie de certaines personnes en les faisant marcher, en adaptant leur alimentation, en diminuant les toxiques… », déclare-t-il.

Comment se lancer ? Pour le gériatre, la personne âgée doit tenter de se fixer des objectifs atteignables, comme essayer d’aller manger une fois par semaine dans une association avec d’autres gens. Les Petits Frères des Pauvres, qui luttent contre l’isolement des personnes âgées, organisent d’ailleurs régulièrement des sorties, activités collectives, vacances… pour recréer du lien social. 

« Il faut se faire violence mais il faut que ce soit tenable. Cela ne sert à rien de se fixer des objectifs trop difficiles pour soi-même et de tout laisser tomber ensuite. Vaut mieux y aller à tout petits pas et que ces petits pas soient pérennes. C’est comme lorsqu’on remet quelqu’un à l’activité physique : inutile de lui demander de courir un marathon et de le dégoûter du sport pendant 3 ans. On va juste lui dire de marcher 50 mètres une fois par jour, ça sera déjà très bien. Il faut vraiment essayer d’éviter les échecs chez des gens qui n’ont pas la résilience pour encaisser des échecs en plus. », révèle-t-il.

Alors, prêts à vous lancer ?

 

Livre Quand je serai vieux tout ira bien

© Editions Hachette

Infos pratiques
« Quand je serai vieux tout ira bien »
Antoine Piau
Editions Hachette
Paru le 13/01/2021
17,90 €

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