8 raisons de devenir bénévole pour visiter des malades en soins palliatifs

10 octobre 2019

Les bénévoles des Petits Frères des Pauvres visitent chaque semaine de nombreuses personnes malades en unité de soins palliatifs. © Pixabay.com

articles les plus récents
  • 14 octobre 2019
    6 formes de générosité que vous ne soupçonnez (peut-être) pas
    Lire l'actualité
  • 08 octobre 2019
    Palmarès des régions où l’on se sent le plus seul en France
    Lire l'actualité
  • 03 octobre 2019
    Les personnes âgées nous décrivent leur lieu de vie idéal
    Lire l'actualité
Voir tout

Rendre visite à des personnes malades, proches de la mort ? Pas très tentant… pourtant, les bénévoles des Petits Frères des Pauvres spécialisés dans l’accompagnement des personnes malades, se sentent métamorphosés par cette expérience. Pour la Journée mondiale des soins palliatifs le 11 octobre 2019, 4 d’entre eux racontent ce que ce bénévolat leur apporte.

1- Vous faites du bien aux autres

« La maladie peut rendre les personnes angoissées, tristes ou vulnérables et à ce moment-là, elles peuvent se sentir seules, même si elles ont de la famille. En tant que bénévole, je ne fais pas des choses extraordinaires, j’apporte du soutien et ma présence à ces gens-là », admet humblement Emilie, bénévole depuis mai 2019 au sein de l’équipe Accompagnement des personnes malades de Paris (75).
 
« On est une part du monde extérieur qui vient à eux. On les relie à la vie de tous les jours », remarque Philippe, bénévole depuis 9 ans pour l’équipe Accompagnement des personnes malades de Lyon (69).
 
« Comme nous ne sommes ni de la famille, ni des soignants, les personnes sont libres d’évoquer tous les sujets qu’elles veulent. Je suis à la fois essentiel et inexistant pour elles. Essentiel, parce que je suis une présence, une oreille attentive, bienveillante et ignorante… et inexistant parce que je ne pèse pas, je n’ai rien à voir avec leur vie », estime Etienne, bénévole pour l’équipe Accompagnement des personnes malades de la banlieue Ile-de-France.

2- Vous vous faites du bien

« Ce qui me motive, c’est de donner un petit peu et de recevoir beaucoup », résume Philippe. 
 
« Je repars toujours de l’hôpital avec des pensées positives. J’ai le sentiment d’avoir fait quelque chose de bien et la sérénité d’avoir été utile dans ma journée. Cela m’apporte tellement… », observe Emilie.
 
« Durant ces visites, on est présent et nous sommes un présent. J’apporte un cadeau : la vie. Et moi je reçois la personne, ses souvenirs, son histoire… et elle me couvre de cadeaux. Et tout le monde sait que les cadeaux, ça rend heureux ! » sourit Etienne.

3- Vous faites de belles rencontres

« On rencontre des personnes très singulières aux parcours différents et de milieux divers qu’on n’aurait jamais connu sans cela », fait remarquer Philippe. 
 
« Il y a vraiment quelque chose qui m’a étonné dès le début dans ce bénévolat en soins palliatifs et pour moi c’est l’une des plus grandes richesses : ce sont les histoires de vie très longues et très riches de celles et ceux que je rencontre. Des personnes qui ont vécu la seconde guerre mondiale, qui ont souvent eu un type de vie que l’on ne connait plus aujourd’hui… » reconnaît Marguerite, jeune bénévole au sein de l’équipe Accompagnement des personnes malades de Paris (75).
 
« Je ne pense pas qu’on puisse se lasser de ce bénévolat. Ce n’est jamais ennuyeux et toujours nouveau ! » se réjouit Etienne.

4- Vous liez des relations sincères

« Vous êtes dans une relation de vérité, les cœurs sont connectés. Nous sommes dans des moments de vie, dans le vrai. Les masques tombent. » révèle Emilie.
 
« Il y a une intimité qui se crée aussitôt. J’éprouve un sentiment de gratitude pour la confiance que peuvent m’accorder ces personnes et je m’étonne de la facilité avec laquelle elles parviennent à se confier à un inconnu », s’émeut Philippe.
 

De belles rencontres entre les personnes malades et les bénévoles des Petits Frères des Pauvres. © Catherine Rechard

5- Vous vous révélez à vous-même

« De nature plutôt introvertie d’habitude, je me perçois totalement différemment quand je suis bénévole. Je deviens plus extraverti, ma parole se libère, je fais des traits d’humour, j’apprends à me taire quand c’est nécessaire… », confie Philippe.

6- Vous dépassez vos peurs et idées reçues

« Contrairement à ce que certains pensent, ces visites en soins palliatifs ne sont pas "glauques". Bien sûr, on peut voir des gens qui souffrent et des corps décharnés, mais ce qu’on voit surtout c’est l’étincelle de vie qui demeure. Même si la personne est malade, il y a cette étincelle qui reste et nous, bénévoles, on rentre dans cette brèche de vie », révèle Emilie.
 
« Il est vrai que les a priori sur cet accompagnement sont prégnants. On se dit qu’il faut être maso pour aller voir des malades ! Mais la vérité, c’est que je reçois énormément. C’est toujours un bonheur, jamais une contrainte ! », clame Philippe.

7- Vous appartenez à une équipe

« Je ne fais pas partie de l’équipe soignante mais je leur fais confiance et eux aussi », explique Etienne, bénévole. « On fait de belles rencontres auprès de milieux socio-professionnels variés : médecins, infirmières, aides-soignants… », énumère Philippe. « Je sens que l’on est un relai. Les infirmières nous disent le besoin des personnes de parler et le temps qu’elles n’ont pas pour les écouter », poursuit Marguerite.
 
Mais surtout, vous faites partie de l’équipe des Petits Frères des Pauvres… « Je suis dans une équipe qui valorise ses bénévoles. Je suis très bien suivi : nous avons des groupes de parole, des formations… Je suis soutenu mais pas contraint », remercie Philippe. 
 
>> Partagez cet article sur Facebook ou Twitter

8- Vous êtes acceptés comme vous êtes

« Ce bénévolat ne nécessite aucune qualification, ni scientifique, ni technique. Il faut juste avoir 2h de libre par semaine et du goût pour les rencontres ! Il suffit d’être présent, bienveillant, attentif, se montrer intéressé et de l’être vraiment ! », détaille Etienne.
 
« Venez comme vous êtes ! Avec votre personnalité, votre sensibilité, vos peurs… », ajoute de son côté Philippe.
 
« Il faut essayer, c’est à la portée de tout le monde si on a du cœur ! », conclut Emilie.

Dans la même catégorie