Prévention du suicide : l’écoute sauve des vies

08 septembre 2022
Solitud'écoute : écouter sauve des vies

Les bénévoles Solitud'écoute présents pour écouter le mal-être des appelants. © William Jézéquel / Petits Frères des Pauvres

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À l’occasion de la Journée Mondiale de prévention du suicide ce 10 septembre, les Petits Frères des Pauvres rappellent l’importance de l’écoute dans la prévention des idées suicidaires. Grâce à la ligne Solitud’écoute et nos bénévoles écoutants, de nombreuses personnes âgées peuvent ainsi se confier librement sur leur isolement, leurs difficultés et parfois, leur désir d’en finir.

« Sans ma femme, je ne suis plus rien et je ne sais pas comment continuer », souffle au téléphone de Solitud’écoute Monsieur F, 80 ans, veuf depuis 1 an. Sur la ligne d’écoute gratuite et anonyme des Petits Frères des Pauvres, les propos relatant des idées suicidaires ont doublé en un an et concernent désormais 10 % des appels.

Les personnes âgées sont la population la plus à risque de décès par suicide car elles cumulent les facteurs de risques : maladie chronique, perte d’un proche, précarité, isolement.

Solitud’écoute, une ligne pour écouter tous les maux

Sur Solitud’écoute, les personnes âgées peuvent s’ouvrir et se confier aux bénévoles. Et parler, leur permet de mettre des mots sur leurs maux…

« J’ai la conviction profonde et viscérale que donner du temps à quelqu'un et l'écouter, c’est lui permettre de vivre », confie Marie, bénévole Solitud’écoute à Paris depuis 12 ans.

Car prêter une oreille vraiment attentive à l’autre, c’est en soi un acte de prévention. Avec l’aide de l’écoutant, l’appelant entrevoit des solutions, trouve lui-même des ressources pour continuer… et puise des forces dans les paroles du bénévole. « Si je n’ai pas d’échanges, moi je meurs » avouait ainsi une appelante à Hugo, bénévole à Solitud’écoute.

Apprendre à écouter la souffrance 

« J’attends de mourir dans mon sommeil sans souffrance. Tous les soirs, j’attends » révèle une appelante de notre ligne d’écoute. Mais comment répond-t-on à un tel désespoir ? 

Pour Mélanie Rossi, cheffe de projet Téléphonie sociale chez les Petits Frères des Pauvres, il s’agit avant tout d’un apprentissage constant qui relève d’une remise en question perpétuelle. « Les bénévoles sont formés à l’écoute et au repérage du risque suicidaire. Ils ont des groupes de paroles avec une psychologue pour reprendre les appels les plus difficiles. Ils font véritablement partie d’une équipe. Intégrer Solitud’écoute, c’est intégrer une équipe. Il est aussi important de souligner que si l’écoute est parfois solitaire (On est seul face au combiné), il y a un collectif derrière ainsi que des salariés en soutien ».

Offrir une écoute attentive, jouer des silences, ne pas donner de conseils… c’est ainsi que résumerait Agnès son bénévolat pour Solitud’écoute : « Nous avons tous deux oreilles pour une bouche… Ce qui doit primer, c’est donc l’écoute attentive et l'accueil de la personne dans ce qu'elle est et veut nous partager ; il ne faut donc pas forcément chercher à combler les silences ».

« Ce qu’on fait, c’est accueillir l’autre avec fraternité. L’écouter. Échanger. C’est à la fois tout petit et à la fois c’est énorme », conclut Hugo, bénévole. 

Si vous aussi, vous avez envie de devenir bénévole Solitud’écoute à Paris, Lyon ou Nantes, envoyez votre demande !

 

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