Que faire quand une personne âgée ne veut pas d'aide ?

27 mars 2024
Que faire en cas de refus d'aide d'une personne âgée ?

Quelle attitude adopter lorsqu'une personne âgée refuse votre aide ? Nos conseils... © Gladskikh Tatiana / Shutterstock.com

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Que l’on soit aidant, simple voisin, bénévole ou proche d’une personne âgée, on peut parfois se heurter à des incompréhensions ou des résistances face à nos propositions de soutien. Alors, comment réagir au refus d’aide ?

« Depuis quelque temps, on a décidé qu’on me ferait ma toilette. J’ai dit non, tant que je peux, je ferai ma toilette toute seule. », s’exclamait Édmonde, 98 ans, dans notre Baromètre Solitude et Isolement en 2022 tandis que Marc, 60 ans, affirmait : « J’ai dit à mes enfants de ne plus venir me voir. Je ne veux pas qu’ils se dérangent pour moi. Ils habitent loin, c’est compliqué pour eux et je leur dis souvent qu’ils n’ont pas à supporter mes conneries. Je ne veux pas leur imposer des choses. ».

La relation tissée avec une personne âgée peut amener chacun d’entre nous à être témoin de l’évolution de sa situation et, naturellement, proposer des aides, des solutions pour améliorer un état qui nous inquiète voire nous alarme. 

Lorsqu’on vieillit et que l’on perd la capacité à gérer par soi-même son quotidien (faire ses courses, repas, tâches ménagères et administratives ou encore se déplacer, prendre soin de soi…) , qu’on risque les chutes… poursuivre son quotidien sans aide peut sembler difficile. Pour autant accepter de l’aide est loin d’être une évidence.  Les proches, familles, bénévoles ou voisins se retrouvent alors souvent pris dans « une tension insoluble » : constater des besoins, être sollicités pour y remédier et se heurter à un refus d’aide

Pour quelles raisons une personne âgée peut-elle refuser toute aide ?

Avant d’entrer en « conflit/bras de fer » ou de prendre des décisions hâtives, il est nécessaire de s’interroger sur les causes du refus d’aide formulé par une personne âgée, à un moment donné. Est-ce la relation d’aide qu’elle remet en cause ? À quoi précisément s’oppose-t-elle ? À la forme de l’aide ou à celui qui vient la lui apporter ? Est-ce que la mise en œuvre de l’aide est trop précipitée ? Est-ce que la personne a pu s’exprimer sur les modalités de mise en place ?

La dépendance, l’annonce d’une maladie ou tout autres changements qui modifient son « quotidien, sa routine ou ses habitudes » sont des moments difficiles et les personnes concernées peuvent se sentir découragées, fatiguées voire coupables (ont l’impression d’être un poids) ou désarçonnées face à l’ampleur des démarches et des bouleversements à venir.  

Attention aussi à ne pas confondre refus d’aide avec refus des solutions proposées. En d’autres termes, une personne âgée peut repousser les options présentées (parce qu’elles ne conviennent pas, sont trop abruptes…) mais ne se ferme pas à toute forme d’aide et pour toujours. 

Que faire quand une personne âgée ne veut pas d'aide : que dit la législation ?

Que faire en cas de refus d'aide d'une personne âgée ?

Certains refus d’aide comme le refus de soins sont encadrés par la loi. © Ground Picture / Shutterstock.com

Lorsque la situation de vie d’une personne semble se dégrader, il est possible de s’appuyer sur les obligations légales de porter secours (non-assistance de personne en danger) et l’obligation de signaler les mauvais traitements dont sont victimes des personnes en situation de vulnérabilité (Article 434-3 du code pénal)
 
« Le fait, pour quiconque ayant connaissance de privations, de mauvais traitements ou d'agressions ou atteintes sexuelles infligés à un mineur ou à une personne qui n'est pas en mesure de se protéger en raison de son âge, d'une maladie, d'une infirmité, d'une déficience physique ou psychique ou d'un état de grossesse, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives ou de continuer à ne pas informer ces autorités tant que ces infractions n'ont pas cessé est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. »
 
Sachez que certains refus d’aide comme le refus de soins sont encadrés par la loi. En effet, les personnes malades peuvent refuser les traitements qui leur sont prescrits. L’Art L1111-4 du code de la santé publique notifie notamment que : « Toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu'il lui fournit, les décisions concernant sa santé. Toute personne a le droit de refuser ou de ne pas recevoir un traitement. Le suivi du malade reste cependant assuré par le médecin, notamment son accompagnement palliatif. Le médecin a l'obligation de respecter la volonté de la personne après l'avoir informée des conséquences de ses choix et de leur gravité. (…) »

Refus d'aide d'une personne âgée : comment réagir ?

En cas de refus d’aide d’une personne âgée, il faut d’abord essayer de faire objectivement le point sur sa situation. 

  • Si l’aîné estime rencontrer une difficulté, pense-t-il avoir besoin de l’autre pour la surmonter ? On peut avoir une difficulté mais ne pas vouloir mobiliser l’aide d’autrui ou celle des pouvoirs publics.
  • Son mode de vie présente-t-il un risque pour la personne âgée et lequel ? La personne est-elle en capacité de discerner ce risque, de vivre avec ? 
À l’issue de ce premier questionnement, vous pourrez partager vos impressions et vos constats avec l’entourage et le médecin traitant afin d’établir un dialogue le plus constructif possible.

Refus d’aide : ce qu'il ne faut surtout pas faire

Même si c’est difficile et que vous avez l’impression que la personne âgée vous met « des bâtons dans les roues », ne vous éloignez pas pour la « punir » ou la « faire réfléchir ». Évitez d’adopter une posture trop directive du type : « il faut mettre de l’ordre dans tout ça », « ce n’est pas comme ça qu’on devrait faire »…
 
Si la situation vous inquiète, vous fait peur ou vous met en colère, osez parler de vos sentiments (calmement). La clé étant que vous puissiez respecter le rythme de la personne à laquelle vous tenez tout en exprimant ce qui vous génère de l’inquiétude.  

Refus d’aide : ce que vous pouvez faire

Face à une personne qui oppose fermement son refus d’être aidée, inutile d’insister au risque de la braquer. Plutôt que d’y aller frontalement, mieux vaut rechercher une sorte d’alliance. Pour cela, soyez attentif à son vécu et tentez de comprendre sa logique.
 
Tant qu’il n’y a pas mise en danger, le rôle de l’entourage n’est pas d’être directif mais dans la proposition, l’accompagnement. La patience est de mise, car la temporalité de ceux qui veulent le changement n’est pas celle de ceux qui le subissent ! Nous avons tous des résistances aux changements mais l’avancée en âge peut accentuer ces craintes de bouleversements de repères et d’habitudes. Ces moments de transition sont à accompagner avec patience et douceur. 
 
Dans cet échange, il est question de tisser à plusieurs (avec les proches, le personnel médical…) et avec la personne concernée, les issues possibles, acceptables pour chaque partie concernée. Sachant que ces décisions seront valables pour un temps déterminé car tout évolue en permanence (en fonction de l’état de la personne, de ses besoins, de ses envies…). 
 
Être confronté à la dégradation de la situation de vie d’une personne et être empêché d’agir par la personne à laquelle on tient peut être déconcertant. Retenez que la personne n’agit pas contre vous mais pour préserver ce qui compte pour elle.
 

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