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Très malade, Thérèse rêvait de pouvoir aller voir cet arbre centenaire…

12 octobre 2020
Thérèse, malade, est sortie pour voir un arbre centenaire grâce aux Petits Frères des Pauvres

Grâce aux Petits Frères des Pauvres, Thérèse, malade, a pu sortir pour réaliser l'un de ses souhaits. © Petits Frères des Pauvres de Cambrai

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Thérèse, 85 ans, n’était pas sortie de chez elle depuis près d’un an à cause de sa maladie. Suivie par l’équipe d’accompagnement des personnes malades et/ou en fin de vie de Cambrai (59), elle a pu réaliser l’un de ses jolis souhaits : aller voir un arbre centenaire dans le jardin public de Cambrai. Une sortie qui lui a permis de se remonter le moral et donné l’envie de continuer…

Isolée chez elle, très malade, Thérèse ne peut plus se déplacer sans sa canne et ne sort plus de chez elle depuis près d’un an. Comme pour chaque personne accompagnée, l’équipe d’accompagnement des personnes malades et/ou en fin de vie de Cambrai (59) souhaitait réaliser l’un de ses projets.

Son rêve de retourner à la montagne en Savoie étant devenu inaccessible du fait de la maladie et de la fatigue, l’équipe lui a proposé de réaliser un autre souhait. « C’est Thérèse qui nous a aiguillés. Elle nous a dit : « j’aimerais bien aller revoir le ginkgo au jardin public de Cambrai », se rappelle Laurence, l’une de ses bénévoles.
« On soigne avec cet arbre. Moi j’étais suivie par un homéopathe qui m’en faisait prendre pour la circulation cérébrale, pour empêcher le vieillissement. Mais sinon on l’utilise aussi dans le traitement de la leucémie, c’est pour cela que je me suis intéressée à cet arbre. En plus, j’ai lu qu’il était le seul à avoir repoussé après Hiroshima. Tout était détruit et le ginkgo a repoussé. C’est incroyable le nombre d’années qu’il vit aussi ! », témoigne Thérèse, 85 ans.

Une sortie au jardin de Cambrai riche en émotions

Thérèse rêvait donc de revoir cet arbre qu’elle avait vu il y a fort longtemps au jardin public de Cambrai, et qui devait avoir bien changé… Au cœur du parc, se trouve en effet cet arbre remarquable. Originaire d’Asie, le ginkgo biloba tire son nom de l’aspect de ses feuilles qui deviennent jaunes dorées à l’automne et forment un tapis d’or à ses pieds. Il vit plus de mille ans et est connu pour sa résistance. Implanté par le célèbre jardinier Barillet-Deschamps lors de la conception du jardin de Cambrai entre 1860 à 1910, il aurait aujourd’hui plus d’une centaine d’années.

Un moment de communion avec l’arbre

Thérèse, malade, est sortie pour voir un arbre centenaire grâce aux Petits Frères des Pauvres

Thérèse a pu profiter d'une sortie pour voir un arbre centenaire. © Petits Frères des Pauvres de Cambrai

En juin 2020, 3 bénévoles et une salariée des Petits Frères des Frères se préparaient donc à une sortie aussi bucolique que poétique pour Thérèse, qui est très proche de la nature et des animaux.
« Thérèse en fauteuil roulant, nous nous sommes rendues dans le jardin public à la recherche de ce ginkgo biloba. Nous ne l’avons pas trouvé tout de suite mais qu’importe, il faisait beau et c’était une belle balade. Quand nous l’avons vu, Thérèse s’est levée de son fauteuil. Elle était contente, émue, elle a embrassé puis enlacé l’arbre quelques minutes. Enfin, elle a ramassé des feuilles pour les tenir dans ses mains. », raconte Laurence.
 
Dans ce contact avec l’arbre, il y a vraiment quelque chose qui s’est passé 
 
« Cela m’a procuré de la joie de la voir contente et apprécier ce moment. Dans ce contact avec l’arbre, il y a vraiment quelque chose qui s’est passé », décrit Chantal, son autre bénévole.
 
Pour les bénévoles comme pour Thérèse, le temps se suspend et s’emplit alors d’une grande douceur… « J’étais super contente de le voir. Savez-vous qu’on peut se ressourcer auprès des arbres en les touchant ? C’est ce que j’ai fait : avec une main sur l’arbre et l’autre sur la carotide, là où le cœur bat. Au bout d’un certain temps, on ne sent plus le battement parce qu’on s’est ressourcé, on a pris l’énergie, des forces. Ça, c’est la magie des arbres. Bien sûr, il faut y croire, certains peuvent être sceptiques mais on peut toujours essayer ! J’ai pris des feuilles aussi, elles sont chez moi maintenant. C’est un souvenir de la sortie et… de l’avoir retrouvé. », révèle Thérèse.
 
Les 5 complices sont ensuite restées discuter sous la protection de l’arbre centenaire puis sont allées prendre un verre en centre-ville. « Sur le chemin du retour, Thérèse avait envie d’une glace. Nous la lui avons offerte et elle l’a mangée avec plaisir », sourit Laurence.

L’envie de continuer à faire des projets

Pour ses bénévoles, au-delà du plaisir qu’a pu prendre Thérèse à sortir de chez elle puis à contempler cet arbre, cette sortie symbolise aussi le fait qu’on peut continuer à faire des petits projets : « Thérèse a exprimé plusieurs fois lors de nos rencontres le fait qu’elle se sentait oubliée de la société et de sa famille. Le fait qu’on accède à ce vœu, c’est une preuve qu’elle existe et qu’elle a encore une place dans la société. Cette sortie lui a aussi remonté le moral, on lui a donné l’envie de continuer, le goût de faire des petits projets même si c’est à court-terme », explique Laurence.
 
Quand on est tout seul, il faut bien vivre avec des choses comme ça.
 
« Même si elle nous dit toujours que la solitude est difficile, on lui ouvre un nouvel horizon. Les choses agréables qu’on fait, qu’elle a vues, nourrissent ses pensées comme un nouveau livre qu’on découvre. Cela lui donne de nouveaux souvenirs auxquels se raccrocher », avance de son côté Chantal.
 
Pour Thérèse, qui n’avait pas mis le pied dehors depuis longtemps, cette sortie a été riche en émotions : « Ce sont des souvenirs, et on peut faire revivre ce temps. Ça laisse des traces. Quand on est tout seul, il faut bien vivre avec des choses comme ça. », confie-t-elle.
 
Depuis cette journée au parc de Cambrai, Thérèse a pu profiter d’une autre sortie pour son anniversaire : un pique-nique au bord de l’eau en compagnie de son chien et de ses bénévoles. De quoi illuminer ses pensées…
 
 
 

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