Depuis plus de 80 ans, les Petits Frères des Pauvres accompagnent les personnes âgées isolées. Face à la maladie d’Alzheimer, cet accompagnement prend une forme particulière : quand les mots manquent, il faut inventer d’autres langages. À Paris, l’équipe d’action spécifique dédiée à l’accompagnement des personnes malades rend visite chaque semaine à des personnes atteintes d’Alzheimer ou de maladies apparentées. Margaux, Isabelle et Christiane, bénévoles de cette équipe, ont chacune trouvé leur propre façon de rester en lien.
Par les sens et la musique, quand les mots s'effacent
Auprès de Claude, 90 ans, malvoyant et déjà à un stade avancé de la maladie, Margaux a d’abord misé sur les sensations plutôt que sur la conversation.
Ces balades sensorielles apaisent visiblement Claude, qui s’affaisse légèrement en arrière sur son fauteuil au retour. Quand les sorties se sont raréfiées pendant la crise sanitaire, Margaux a cherché une autre voie : la musique. Elle commence toujours par la même chanson, « Les Copains d’abord » de Georges Brassens, pour reconnecter Claude au moment de la visite.
Par l'échange, les sorties et le toucher, entretenir le contact
Depuis 3-4 mois, Margaux accompagne aussi Evelyne, 83 ans, qui n’a pas de passion particulière mais adore sortir et discuter. Le petit café en bas de chez elle devient un moment attendu.
C’est aussi pour préserver ce cadre de vie et ce lien de proximité que les Petits Frères des Pauvres ont développé un habitat alternatif à Beauvais : la Maison du Thil, une colocation à responsabilité partagée dédiée aux personnes atteintes d’Alzheimer ou de troubles apparentés.
Par le dessin et les objets, retrouver un langage commun
Quand Danièle s’est arrêtée de chanter, Isabelle a cherché une autre porte d’entrée : le dessin, puis l’écriture, un choix cohérent puisque Danièle a été autrice de plusieurs livres. Coloriages, mandalas, feutres à l’eau : les deux dessinent « à quatre mains », chacune son tour.
Christiane, elle, accompagnait Georgette, 99 ans, qui ne voyait et n’entendait presque plus. Un jour, une simple serviette de table roulée dans les mains de Georgette a pris la forme d’une poupée qu’elle s’est mise à cajoler. Christiane lui en a alors fabriqué une, en tissu, avec un tutoriel trouvé en ligne.
A LIRE AUSSI :