Anne-Marie B., 81 ans, n’était pas partie en vacances depuis sept ans

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«Ça m'a fait du bien, j'ai pu souffler, me reposer» confie-t-elle à la journaliste de Libération qui consacre aujourd'hui un papier aux exclus des vacances.

Assise confortablement dans son fauteuil, elle observe Emilio déambuler dans son modeste appartement. «Je l’ai rencontrée il y a cinq ou six ans, alors que je rendais visite à d’autres personnes dans l’immeuble, raconte le bénévole.Nous avons commencé à la suivre seulement depuis février.» Avec une retraite qui avoisine les 1 100 euros net, cette ancienne dactylo peine à s’offrir des vacances. Même du temps de son activité professionnelle, elle ne s’autorisait qu’un seul voyage par an : le retour en Corse, où vit sa famille. «Mais maintenant, je n’ai plus grand monde là-bas, et puis de toute façon mon état de santé ne me le permet plus», dit-elle. Une fois les 755 euros du loyer de son studio versé, Anne-Marie finance les dépenses nécessaires, sans parvenir à faire de véritables économies. Alors penser à des vacances… Mais le 27 juin, elle est partie. La Parisienne a passé douze jours en compagnie de neuf autres «personnes accompagnées», comme elle, dans une maison qui appartient aux petits frères des Pauvres à Grézieu-la-Varenne, près de Lyon. Au programme du séjour : sorties, visites, «et des restaurants ! Ça m’a fait du bien. J’ai pu souffler, me reposer». Sept ans qu’Anne-Marie Battestini n’avait pas quitté la capitale et sa petite résidence du XIXe arrondissement.«Rassurée».Quand un bénévole de l’association lui a proposé de partir en «grandes vacances», elle n’a pas hésité. «Nous avons beaucoup de personnes qui ont besoin d’être rassurées. Que ce soit pour leur affirmer que nous aurons les bons médicaments, pour les aider à faire leurs valises, ou simplement pour apaiser leur famille», explique Emilio. Anne-Marie est différente. Pas d’appréhension avant le départ. Excepté peut-être une : le mal de cœur en voiture. «J’étais déjà partie un week-end en mai au château de Morainvilliers. Je savais ce qui m’attendait», indique-t-elle, sourire aux lèvres. Abstraction faite du minibus, auquel elle aurait préféré le TGV, l’octogénaire est revenue satisfaite de son séjour d’été. Contrairement à d’autres, «qui ne cessent de ronchonner. Mais bon, comme dans la vie de tous les jours».Juliette Pousson – Libération – 20 août 2014

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Rodin Munganga

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