Une plaque pour Retrouver Alain
Alain est mort le 1er janvier 2024, à 75 ans. On le disait « indigent » : il n’avait pas d’argent pour payer ses obsèques. Son inhumation a eu lieu plus d’un mois plus tard, grâce aux démarches de Chantal, bénévole des Petits Frères des Pauvres à Bordeaux.
Francis et une autre bénévole sont allés à l’enterrement. Aucune plaque ne figurait sur la tombe. En sortant du cimetière, ils en ont commandé une, que Chantal a apportée quelques jours plus tard « pour savoir où il était ».
« Ce mot, indigent, je ne peux pas le supporter. »
Francis,
Bénévole à Bordeaux
Une plaque, c’est ce qui permet de retrouver quelqu’un et, un 1er novembre, de lui déposer une fleur. Un autre bénévole se souvient d’Alain autrement : c’était le roi des puzzles, à qui il fallait toujours en rapporter de nouveaux.
Ce geste s’inscrit dans une présence qui commence bien avant. Les bénévoles rendent visite à des personnes âgées à domicile, en hébergement collectif, et à l’hôpital quand elles sont gravement malades ou en fin de vie. Sophie a ainsi accompagné Léontine pendant 17 ans. Elle lui a tenu la main jusqu’à son dernier souffle et était la seule à ses obsèques.
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Nommer ceux qu'on a accompagnés
En février 2025, les bénévoles de l’équipe de Bordeaux se sont réunis pour une cérémonie baptisée « Faire mémoire ». 29 personnes accompagnées, décédées au cours des mois précédents, ont été nommées une à une, avec leur âge et leur date de décès. Pour certaines, un bénévole a présenté une photo et un souvenir. Parmi elles, Maryse, morte quelques jours avant la soirée. Une bénévole a rappelé ce qu’elle avait dit à Noël devant les caméras de France 3 :
Moi, je suis bien là parce que je n’ai pas de famille. Si, ma famille, elle est là. »
Maryse,
Accompagnée par l’équipe de Bordeaux
Ce rituel n’est pas propre à Bordeaux. Chantal, bénévole, décrit le temps de mémoire organisé par l’équipe de Marseille :
« Pour moi, c’est important que chaque année nous soyons réunis pour évoquer toutes ces personnes décédées accompagnées.
Chantal,
Bénévole dans l’équipe de Marseille
Se souvenir peut aussi commencer du vivant de la personne. Dans le projet « Je me fais la belle », soutenu par la Fondation des Petits Frères des Pauvres, la chanteuse Marie Tout Court se rend chez des personnes en fin de vie, recueille leurs mots et en fait une chanson. Elle est chantée à leur enterrement, puis offerte à leur entourage.
Un nom lu à voix haute, une plaque, une fleur, une chanson : autant de façons de dire qu’une vie a compté.
Depuis 1946, les Petits Frères des Pauvres accompagnent des milliers de personnes âgées. En cette année de nos 80 ans, la Toussaint nous invite à penser à toutes celles qui sont décédées.
Commémorer, chacun à sa façon
Il n’y a pas une seule manière de se souvenir. Certains allument une bougie ou écrivent quelques lignes à celui ou celle qui n’est plus là. D’autres plantent un arbre, gardent un objet près d’eux ou réunissent leurs proches autour d’un repas.
Un don à la place des fleurs
Le don in memoriam permet d’honorer un proche disparu en soutenant l’action de l’Association, à la place de fleurs ou de couronnes.
Il peut aussi être une façon de penser à celles et ceux que personne ne vient fleurir : chaque don soutient l’accompagnement de personnes âgées isolées.
- 50 € apportent par exemple sept repas à des personnes âgées en situation de précarité,
- 100 € paient une facture d’électricité pour l’un de nos aînés en difficulté
- 150 € offrent cinq nuits d’hébergement d’urgence à un aîné isolé.
Chaque don in memoriam contribue à rompre l’isolement de personnes âgées et à faire vivre la mémoire de votre proche.
Les propos de Francis, d’Eddy Loza et de Maryse sont extraits du podcast « À la vie, à la mort », hors-série « 29 morts ».