Habitat : quel modèle pour nos aînés à l’horizon 2030-2050 ?

24 août 2023
Habitat alternatif : quel modèle pour 2050 ?

Comment s'adapter au vieillissement de la population en matière d'habitat ? Plusieurs solutions sont évoquées... © Adeline Poulet

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Le nombre de personnes âgées de 85 ans et plus va augmenter d’ici 2050 pour atteindre 4,8 millions de personnes contre 2 millions actuellement. Pour faire face à cette transition démographique, les structures d’hébergement vont devoir s’adapter. Zoom sur les solutions existantes et à envisager.

Les Petits Frères des Pauvres l’évoquent régulièrement : la transition démographique est l’un des grands enjeux des prochaines années. D’ici 2050, rien qu’en France, le nombre des 85 ans et plus va exploser pour atteindre 4,8 millions de personnes (VS 2 millions aujourd’hui). De plus, les 75-84 ans vont augmenter de 47 % entre 2020 et 2030 passant de 4 à 6 millions de personnes.
 
L’une des thématiques qui doit donc être envisagée très vite, c’est l’habitat des personnes âgées. Si on sait aujourd’hui qu’une large majorité des Français souhaite rester à domicile (87 % des personnes âgées veulent vieillir à domicile, source Baromètre Solitude et isolement Petits Frères des Pauvres, 2021), cela n’est pas toujours possible pour tous. 
 
Les structures d’hébergement seront-elles donc en nombre suffisant et adaptées aux envies et besoins des personnes âgées de demain ? Dans une note du 8 février 2023, le Haut-Commissariat au Plan publie des projections pour une offre d'habitats adaptés en 2030-2050. Le rapport y distingue deux catégories de personnes âgées qui induisent des habitats différents :
  • les 75-84 ans qui vont probablement connaitre les premières fragilités physiques, psychiques ou sociales et restent autonomes, auront simplement besoin d’un logement classique mais adapté.
  • les 85 ans et plus qui peuvent perdre plus fréquemment leur autonomie, ce qui rend souvent nécessaire l'hébergement en habitat alternatif ou en Ehpad.

Vieillir à domicile à l’horizon 2030-2050

On l’a dit, le souhait de rester à domicile reste majoritaire. Et si cette volonté est louable, le maintien à domicile suppose tout de même quelques conditions… 
 
Tout d’abord, il faut s’assurer que le logement est bien adapté au vieillissement de la personne : aménagement intérieur mais aussi équipement maison. Sans compter, l’accessibilité des services de proximité (commerces, médecins, pharmacies…) qui concourt au maintien au domicile. Enfin, si la personne âgée perd peu à peu en autonomie, c’est toute la chaîne des services d’aide et d’accompagnement à domicile (soins, portage de repas, entretien de la maison…) qui doit être soutenue et revalorisée. N’oublions pas le rôle crucial des aidants qui est peu reconnu.
 
Pour notre Association, qui lutte contre l’isolement des aînés, il est également essentiel de renforcer les solidarités de voisinage afin de prévenir l’isolement qui risque de croître dans les prochaines années. Alors qu’on dénombre actuellement 530 000 personnes âgées en situation de mort sociale (Baromètre « Solitude et Isolement quand on a plus de 60 ans en France en 2021 » Petits Frères des Pauvres / Institut CSA Research), elles pourraient être plus d’un million dans quelques années si nous n'agissons pas tous. 
Habitat alternatif : quel modèle pour 2050 ?

Dans les hébergements partagés, l'avantage est de bénéficier de salles communes pour se retrouver. © Raphaëlle Trecco

Les solutions d’habitat alternatif de demain

Plutôt résidence autonomie, pension de famille, accueil familial ou colocation intergénérationnelle ? Autant de solutions qui se présentent déjà aujourd’hui aux aînés mais qu’il va falloir développer rapidement pour faire face à l’afflux de personnes âgées…
Selon le rapport du Plan, ce sont 215 000 places en habitat alternatif qu’il convient de prévoir à l’horizon 2050…

Les Petits Frères des Pauvres, qui sont promoteurs de solutions alternatives d’habitat pour les personnes âgées depuis de nombreuses années, rappellent que ces hébergements doivent être intégrés dans la cité et à taille humaine.

L’Ehpad, à développer et réinventer dans les années à venir

Si aujourd’hui l’Ehpad reste la solution privilégiée lorsque l’état d’une personne âgée s’aggrave, il est aussi un recours pour des aînés modérément dépendants, faute de place ailleurs…

Dans leur note, les auteurs du Plan recommandent la création de places en Ehpad dès 2030 pour les aînés « sévèrement dépendants ». En 2020, on dénombrait 601 304 places pour personnes âgées dépendantes, y compris en accueil temporaire, dans 7 502 Ehpad. Il faudrait donc créer 60 000 places supplémentaires.

Le rapport précise toutefois qu’il faut réinventer l’Ehpad afin qu’il soit plus ouvert sur l'extérieur. Ils évoquent par exemple l’ouverture de leur cantine ou des consultations gériatriques aux non-résidents.

Notre Association estime aussi que l’Ehpad doit évoluer. « La solution c'est de recréer des structures à taille humaine, avec un taux d'encadrement correct », des solutions qui soient « au plus près des personnes, dans leur quartier, dans la ville qui est la leur » explique Yann Lasnier, délégué général des Petits Frères des Pauvres (Franceinfo, 07/02/2022).

Alors que ces projets sont d’extrême urgence face à la transition démographique, de nombreuses questions restent encore en suspens. La loi « bien vieillir » par exemple qui devrait instaurer la mise en place d’une carte professionnelle pour les aides à domicile, un guichet unique de l’autonomie, ou encore la création d’une instance de recueil d’alertes de maltraitance en Ehpad n’est toujours pas votée.

 

 

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