En 2025 en France, le 3e Baromètre sur l’isolement et la solitude des personnes âgées publié par les Petits Frères des Pauvres estime que 2 millions de personnes âgées de 60 ans et plus sont isolées de leurs familles et de leurs amis. Parmi elles, 750 000 sont dans un isolement extrême et ne rencontrent quasiment jamais ou très rarement d’autres personnes. Elles sont en situation de « mort sociale ».
La différence entre le sentiment de solitude et l’isolement
Pour bien comprendre le phénomène de l’isolement, il est important de bien faire la différence entre le sentiment de solitude et l’isolement social.
La solitude désigne « l’état de quelqu’un qui est seul momentanément ou habituellement » (Larousse) et elle est parfois choisie. Elle n’est pas forcément non plus génératrice de malheur et de souffrance… Pour certains, elle permet de se recentrer sur soi, de réfléchir, méditer… Ainsi, le sentiment de solitude se caractérise par le ressenti subjectif des personnes. On peut se sentir seul et abandonné alors qu’on a de la famille et inversement, ne pas avoir de proches et pourtant, ne pas souffrir de solitude.
En revanche, « l’isolement social est la situation dans laquelle se trouve la personne qui, du fait de relations durablement insuffisantes dans leur nombre ou leur qualité, est en situation de souffrance et de danger », selon le Conseil Economique, Social et Environnemental. C’est-à-dire que les personnes isolées n’ont pas ou peu de relations au sein des principaux réseaux sociaux (familial, professionnel, amical, voisinage, associatif…) et souffrent de cette situation imposée.
« Inévitable solitude, elle est constitutive de la condition humaine et peut même devenir enviable, elle est même nécessaire parfois pour que l’intime puisse exister… Redoutable isolement, il est en effet fragilisation ou rupture du lien social, des relations sociales, affectives, amicales, etc… « , résume Michel Billé, sociologue spécialiste du grand âge et du vieillissement.
« Je connais la solitude. La solitude, elle est très dure. C’est une sensation de mourir. Parfois, on perd espoir et on ne pense plus à rien. »
Pierre, 69 ans.