Tous les deux jours, une personne meurt en détention dans la plus grande indifférence

Les Petits Frères des Pauvres, qui interviennent en milieu carcéral auprès des détenus âgés ou malades, participent à l'hommage aux morts de la prison. © Pixabay.com
Les Petits Frères des Pauvres, qui interviennent en milieu carcéral auprès des détenus âgés ou malades, participent à l'hommage aux morts de la prison. © Pixabay.com

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Suicides, assassinats… tous les deux jours, une personne meurt en détention. Les Petits Frères des Pauvres, qui accompagnent des détenus âgés ou malades isolés, font partie du collectif « Les mort.e.s de la prison » et organisent le 28 mars 2019 un hommage à ces femmes et à ces hommes décédé.e.s en prison dans le plus grand des silences.

En l’honneur de Denis et tous les autres. Les Petits Frères des Pauvres, aux côtés du collectif « Les mort.e.s de la prison », rendront hommage aux morts de la prison organisé ce 28 mars 2019, pour la 11ème année consécutive. Un rassemblement se tiendra place Stalingrad à Paris à 17h au cours duquel une lecture de leur prénom, âge, et cause de décès sera faite. À cette occasion, un bénévole de l’action carcérale des Petits Frères des Pauvres prendra la parole. Il témoignera sur le décès d’un détenu accompagné par l’association : Denis, âgé de 56 ans, est mort d’une crise cardiaque en décembre 2018 à l’hôpital pénitentiaire de Fresnes. 

Pour le collectif « Les mort.e.s de la prison », il est regrettable que « la mort de personnes incarcérées fasse si peu l’objet de débats sociétaux et qu’à la dépersonnalisation réponde l’oubli ». Cet évènement permettra donc de mettre en lumière cette réalité méconnue et sous-estimée. 

86 suicides en prison en 2018

86 suicides, 48 décès de cause naturelle et 17 morts suspectes en 2018. Plusieurs raisons sont à l’origine de ce terrible bilan : beaucoup de détenus âgés arrivent en prison avec une santé dégradée voire une maladie grave. De plus, il n’est pas possible de choisir son médecin et il faut passer par un intermédiaire qui est le surveillant avec l’appréciation du degré d’urgence, le secret médical… pour toute consultation. Quant au suivi et soins plus importants à l’extérieur (spécialiste, examens radio ou IRM…), c’est également plus complexe à mettre en place. La gestion des grèves de la faim, des tentatives de suicide et des suicides (pendaison, médicamenteux …) – 7 fois plus élevés par rapport à la population française – sont aussi difficiles dans ce contexte d’enfermement.

 

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Une situation inacceptable pour le collectif « Les mort.e.s de la prison » qui désapprouve qu’une réforme pénale de grande ampleur ait été entreprise sans que la question des suicides et des morts en détention n’ait été traitée sérieusement. Par ailleurs, plutôt que de chercher à lutter contre le mal-être en détention, l’administration se contente souvent de renforcer la surveillance des détenu.e.s suicidaires. Nous déplorons enfin qu’à un besoin de soin et de soutien psychologique ne soient opposées que des politiques utilitaristes, chiffrées, dématérialisées. 

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Rodin Munganga

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