Frédérik, 57 ans, ancien SDF, « Les Petits Frères des Pauvres m’ont apporté une stabilité »

Frédérik a retrouvé un toit grâce aux Petits Frères des Pauvres. ©Brian du Halgouet

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Frédérik a vécu dans la rue. Il y a un peu plus de trois ans, il a croisé la route des équipes d’Accompagnement Vers le Logement (AVL) des Petits Frères des Pauvres. Grâce à elles, il a retrouvé le chemin d’une vie plus stable et épanouie.

L’image que l’on retient, c’est d’abord un sourire quasi permanent sous une fine barbe poivre et sel. Frédérik, ancien SDF, lâche un rire presqu’à chaque fin de phrase : « Je suis très heureux d’être aux Petits Frères des Pauvres ».

Après la rue, il a retrouvé il y a un peu plus de trois ans la chaleur d’un toit grâce aux équipes d’Accompagnement Vers le Logement de l’Association.

RETROUVER UN LOGEMENT

« Avant, j’étais dans la rue, donc je vivais sur les cartons. Là, j’ai un lit, j’ai de quoi me faire à manger. Ce que m’ont apporté vraiment les Petits Frères des pauvres, c’est une stabilité que je n’avais pas quand j’étais dans la rue, ce qui est logique. »

Frédérik, 57 ans,
accompagné par les équipes AVL

L’accompagnement vers le logement proposé par les Petits Frères des Pauvres soutient 1900 personnes de plus de 50 ans en grande précarité. Elle les aide à trouver en urgence ou de manière pérenne des solutions d’habitat adaptées à la situation des personnes accompagnées.

Frédérik lui s’est installé temporairement dans un hôtel de Noisy-le-Sec. « On se retrouve à sept des Petits Frères des Pauvres dans le même immeuble. Donc il n’y a aucun souci parce qu’on se connait tous », s’amuse l’ancien militaire.

BÂTIR UNE RELATION DE CONFIANCE

La mission des bénévoles et salariés s’articule bien évidemment autour du logement mais l’accompagnement est beaucoup plus complet.

Frédérik le résume bien : « On a pu remettre à jour mon dossier administratif parce qu’après avoir été SDF, il faut se remettre dans le mouvement. On est très bien aidé par nos référents. C’est eux-mêmes qui nous relancent en nous disant : « Attention, tu vas arriver à la fin de ton truc de logement. » »

Un appui bienvenu d’autant plus lorsque l’on s’est tenu longtemps éloigné des démarches informatiques.

« Ils prennent la main sur l’ordi (sic). Ils ont tous les codes, on leur fait confiance complètement. Et ça rassure de savoir qu’on peut téléphoner à son référent, lui poser une question, qu’il prenne la main sur un de tes comptes pour voir exactement ce qui se passe. »

ROMPRE AVEC L’ISOLEMENT

Depuis qu’il est accompagné par les Petits Frères des pauvres, Frédérik s’est fait un ami et des connaissances. « Je sais que j’ai du monde autour. Et ça rassure. »

Il profite aussi des activités proposées par les équipes d’AVL. Fin septembre, 14 personnes accompagnées des équipes de Lille, Lyon, Paris et Marseille se sont retrouvées dans la capitale du Rhône pour le concours annuel de pétanque.

« C’est un vrai support à la relation, résume Amycie Dudouit, coordinatrice AVL à Lyon. Là on crée d’autres échanges, des discussions sur des souvenirs qu’ils ont avec la pétanque par exemple. »

Frédérik, 57 ans, ancien SDF, « Les Petits Frères des Pauvres m’ont apporté une stabilité »

Frédérik approuve. Il parle d’un « changement, un dépaysement par rapport, on va dire, aux immeubles [de] Paris. Ça apporte un enrichissement personnel par rapport aux échanges, aussi bien autour de la pétanque que d’autres sujets de conversation. »

Des échanges et des sorties qui permettent de rompre avec la solitude et l’apathie qu’installe la rue. « J’ai repris le goût à la vie avec [les Petits Frères des Pauvres], en fait. Parce que quand on sort de la rue, on n’a pas nécessairement envie de faire quelque chose. On a juste envie de se poser, que le temps passe. »

LES PETITS FRÈRES DES PAUVRES présents sur la durée

En 2025, l’Association a renforcé son accompagnement avec l’arrivée de médiatrices en santé. En lien avec des partenaires médico-sociaux, les personnes sont accompagnées pour trouver des professionnels de santé notamment.

C’est une chance pour Frédérik pour qui sortir de la rue est une bataille parmi d’autres.

« Je suis tombé dans l’alcoolisme. Je suis sorti de cure. Maintenant, je bois moins mais ça ne m’a pas arrêté la consommation d’alcool. Mais les Petits Frères des Pauvres avec l’infirmière m’ont beaucoup aidé, ne serait-ce qu’à me trouver une place dans un centre de cure. »

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Willy Moreau

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