Ce témoignage fait partie du dossier consacré au rapport « Mobilités et isolement des personnes âgées » 2026 des Petits Frères des Pauvres.
Après la disparition de son conjoint, Mauricette s’est retrouvée seule et a dû chercher un logement plus adapté à sa situation. Quitter sa maison et son jardin pour un appartement en ville l’a profondément marquée : il a fallu s’habituer à un nouvel environnement, retrouver des repères, apprendre à vivre autrement.
Qu’est-ce qui a changé dans votre quotidien depuis que vous vivez seule ?
Depuis la disparition de son compagnon, Mauricette a le sentiment que « tout a changé ». Elle n’a jamais conduit, « il avait son permis, il m’emmenait partout, mais là comme je me suis retrouvée toute seule…». Ses possibilités de sortir se sont considérablement réduites.
Ce n’est pas seulement la mobilité qui lui manque. Certains gestes du quotidien, qu’elle faisait auparavant à deux, sont devenus plus difficiles avec parfois la peur de ne pas savoir faire, ou de ne pouvoir compter sur personne en cas de problème. Le temps passé seule pèse aussi, entre l’ennui et le manque de compagnie.
Est-ce que le fait de moins sortir joue sur votre isolement ?
Quand quelqu’un l’accompagne, tout change : elle retrouve une forme de liberté, et surtout le plaisir d’être avec les autres.
Pour s’occuper, ses journées sont rythmées par des activités manuelles de types mots mêlés, broderie, canevas. « Je suis plus manuelle qu’intellectuelle », explique-t-elle. Mais ces activités ne remplacent pas les rencontres. Ce qui lui manque avant tout, c’est le contact humain.
Qu’est-ce que les visites des Petits Frères des Pauvres changent pour vous ?
Mauricette a rencontré les Petits Frères des Pauvres peu après son arrivée dans son nouveau logement. Des bénévoles sont venus à sa rencontre et lui ont proposé des sorties. Elle a accepté, et depuis, ces visites sont devenues un véritable point d’appui.
Avec Sylvie, sa bénévole, elle partage des moments simples : elles discutent, jouent, participent à des sorties. « On s’entend bien », dit-elle simplement.
Ces rendez-vous lui permettent de quitter son appartement, d’être accompagnée, de retrouver le plaisir d’être avec d’autres. Ils apportent une présence régulière qui rompt les journées passées seule.
« Je suis contente parce que bon, ça me passe le temps, et comme ça je ne suis pas toute seule. »
Dans un quotidien où la peur et le manque de confiance limitent les déplacements, ces moments prennent une place particulière. Aujourd’hui, ce que Mauricette souhaite avant tout, c’est vivre dans un environnement calme et se sentir en sécurité. Et quand quelqu’un vient la voir, l’accompagne, ou partage simplement un instant avec elle, la solitude pèse un peu moins.
Mobilités et isolement : comprendre le cercle vicieux
Plus de 3 millions de personnes âgées en France se sentent isolées faute de pouvoir se déplacer correctement. Problèmes de santé, peur de bouger, difficultés financières : les personnes âgées peuvent très vite tomber dans un cercle vicieux.
Le témoignage de Mauricette l’illustre très bien. Le manque de mobilité et l’isolement se renforcent mutuellement. Dans leur dernier rapport, les Petits Frères des pauvres ont analysé ce problème crucial.
Ce témoignage fait partie du dossier consacré au rapport « Mobilités et isolement des personnes âgées » 2026 des Petits Frères des Pauvres.