« Personne ne me sort et toute seule j’ai peur de tomber. C’est pour ça que je n’ose pas trop. »
Pierrette, 92 ans
1 million de personnes âgées "assignées à résidence"
Selon notre rapport, plus de 3 millions de personnes âgées se sentent isolées en raison de leurs possibilités de déplacement, et près d’un million sont aujourd’hui « assignées à résidence » : elles ne marchent pas ou très peu, ne conduisent plus et n’utilisent pas les transports en commun.
Les chiffres clés
1 personne âgée sur 2
déclare avoir des douleurs qui gênent ses déplacements, sans recourir à une aide à la mobilité.
1 personne âgée sur 3
redoute de perdre l’équilibre ou de faire une chute lors de ses déplacements.
Une peur qui touche 45 % des plus de 80 ans.
1 personne âgée sur 10
rencontre des difficultés à se déplacer au sein même de son logement.
Une proportion qui atteint 28 % après 90 ans.
Ces difficultés s’installent souvent progressivement, jusqu’à ce que sortir devienne une épreuve, puis un choix auquel on renonce, souvent par peur.
« On a envie de faire des choses, mais on ne peut pas. Il y a toujours la peur. »
Nicole, 69 ans
Quatre axes de préconisations pour agir
Face à ces constats, les Petits Frères des Pauvres formulent 16 préconisations concrètes, organisées en quatre grands axes. Elles s’adressent aux pouvoirs publics, aux collectivités et aux acteurs de la mobilité :
- Adapter les logements, pour repérer tôt les besoins d’adaptation et prévenir la perte d’autonomie à domicile.
- Adapter l’espace public, afin de sécuriser les déplacements du quotidien et préserver les commerces et services de proximité.
- Faciliter les déplacements, en développant des alternatives à la voiture individuelle : transports en commun, mobilité solidaire, vélo.
- Préserver l’autonomie, enfin, en renforçant la prévention, l’activité physique et l’accès à la santé de proximité.
« La mobilité n’est pas seulement une question de déplacement : elle est une condition de la citoyenneté, de la dignité et de la participation à la vie sociale. »
Aller jusqu'aux aînés qui ne peuvent plus se déplacer
Quand la mobilité s’efface, l’accompagnement des Petits Frères des Pauvres évolue avec elle. Aller à la rencontre des personnes isolées dans les villages les plus reculés ou les quartiers HLM , faciliter les déplacements de proximité avec plus de 600 bénévoles chauffeurs, adapter le logement au quotidien : la mobilité traverse de nombreuses formes d’accompagnement de l’Association.
« Dans la voiture, on discute, on rigole. Pour certaines personnes, les Petits Frères des Pauvres, c’est leur seule sortie de la semaine. »
André,
Bénévole chauffeur à Toulouse